Cameroun : Paul Biya célèbre ses 38 ans d’accession au pouvoir le 6 novembre !

Le 6 novembre 2020 marquera le 38ème anniversaire du président Paul Biya depuis son accession à la magistrature suprême du Cameroun.

Paul Biya (c) Droits réservés 

De 1960 jusqu’au 4 novembre 1982 en matinée, le Cameroun avait connu jusque-là un seul président de la République au nom d’Ahmadou Ahidjone sachant pas qu’un coup de théâtre allait bientôt survenir.

Et ce fut fait ! A la radio nationale le CTV, tous les Camerounais étaient à toutes oreilles au discours annoncé du chef de l’Etat.

Surprise générale : « Camerounaises, Camerounais, mes chers jeunes compatriotes, j’ai décidé de démissionner de mes fonctions de président de la République unie du Cameroun », avait affirmé à l’entame de son allocution, le premier président du Cameroun, le 4 novembre 1982.

Selon la constitution de l’époque, c’était le Premier ministre qui était le successeur constitutionnel du président démissionnaire ou décédé

 C’est ainsi que le 6 novembre 1982, Paul Biya qui venait d’être deux jours auparavant, Premier ministre, accédait à la magistrature suprême.

Devant le président de l’Assemblée nationale ce jour, le natif de Mvomeka’a le 13 février 1933 tint son premier discours à la Nation lors de sa prestation de serment.

« Monsieur le président de l'Assemblée Nationale,

Je voudrais tout d'abord vous remercier des propos aimables et réconfortants que vous venez de prononcer pour me souhaiter la bienvenue dans cette auguste enceinte.

Je voudrais également vous remercier, Mesdames et Messieurs les Députés, pour l'accueil chaleureux et patriotique que vous me réservez en ce jour au Palais de l’Assemblée nationale.

Monsieur le président de l'Assemblée nationale, monsieur le président de la Cour suprême, mesdames et messieurs les députés, messieurs les membres de la cour suprême,

Au lendemain du message historique que Son Excellence Ahmadou Ahidjo, président de la   République   unie   du   Cameroun   et   président   national   de   l'Union   nationale camerounaise,  a  adressé  avant-hier  à la  nation,  et  alors  que  le  peuple  camerounais, surpris, attentif et méditatif, cherche encore à comprendre l'événement, je viens, au nom des  exigences  de  la  loi,  du  bon  ordre  des  choses  et  de  la  continuité  de  l'État,  de  prêter serment devant vous et, au-delà, devant la nation tout entière.

Vous le savez bien, à vrai dire, ce serment s'inscrit dans le droit fil de celui que, le 5 mai 1980, le président Ahmadou Ahidjo, après tant d’autres serments, avait prêté devant vous.

En   cette circonstance solennelle et émouvante, circonstance sans précédent dans l'histoire de notre jeune nation, l'heure est à l'hommage, avant d'être à l'engagement et à l'expression de la fidélité. En effet, à mon illustre prédécesseur, mieux, à celui dont j'ai eu l'insigne honneur d'être pendant des années, le collaborateur, je dois un grand et vibrant hommage empreint de déférence et d'admiration.  Digne et prestigieux fils de  ce  pays, père  de  la  nation  camerounaise,  artisan  de  son  unité  et  de  son  développement,  le président  Ahmadou  Ahidjo  se  sera  révélé  à  nos  yeux  comme  un  géant  de  l'histoire camerounaise, de l'histoire africaine, de l'histoire tout court.

À ce titre, sa brillante carrière d'homme d'État demeure, pour tous les Camerounais, un motif de fierté et un exemple d'engagement et de patriotisme. Devant vous et devant la nation, au moment où il quitte sa haute charge dans la dignité et l'honneur, je voudrais lui adresser, en mon nom personnel et au nom de la Nation tout  entière,  les  plus chaleureuses félicitations et l'assurer de notre loyalisme et de notre sympathie.

Mais, il n'y a sûrement pas meilleure manière de lui témoigner notre sympathie et notre loyalisme que de suivre son exemple, de suivre ses pas.  Aussi, dans le cadre de ce serment, j'entends situer l'action des années à venir, sous le double signe de l'engagement et de la fidélité.

L’engagement, d’ordre constitutionnel, est la réaffirmation du serment que je viens de prêter.   J'entends   alors, avec   l'aide   de   toutes   les   Camerounaises   et   de   tous   les Camerounais, et  en  ma  qualité  de  président  de  la  République,  chef  de  l'État  et  chef  du gouvernement,  m'acquitter  de  ce  devoir  sacré  que  m'impose  la  Constitution  :  à  savoir, veiller à son respect, comme à l'indépendance, à la souveraineté, à la sécurité et à l'unité de l'État, assurer la conduite des affaires de la République. Mon illustre prédécesseur n'a jamais failli à ce devoir. Je n'y faillirai point.

Quant à la fidélité, d'ordre politique, elle est celle à un homme, Son Excellence Ahmadou Ahidjo, celle à un peuple, le peuple camerounais, celle à des options.

S'agissant en particulier des options, qui sont celles de l'UNC depuis sa naissance, et dont l’application et les  résultats  font  du  Cameroun  cet  îlot  de  paix,  d'unité,  de  stabilité,  de justice  et  de  progrès  dans  un  monde  aux prises  avec  les  affres  de  l'instabilité,  de  la violence  et  de  la  pénurie,  ces  options,  dis-je,  je  les  rappelle,  parce  que  les  circonstances l'exigent, et pour m'en porter garant.

Ces options sont et demeurent, à l'intérieur, l'indépendance et l'unité nationales, la paix, le développement économique, social et culturel à  travers  nos  choix  de  libéralisme planifié, de développement autocentré, de justice sociale et de maîtrise.

Elles sont, en Afrique, la non-ingérence dans les affaires intérieures des États, le respect de leur souveraineté et de leur  intégrité  territoriale,  l'unité  et  la  solidarité  africaines,  la lutte résolue et irréversible contre les derniers bastions du colonialisme et les méfaits de l'apartheid en Afrique australe, le développement du continent.

Elles sont, sur le plan international,  la  paix  entre  les  nations,  le  non-alignement -j'entends un non-alignement authentique-et la coopération- j'entends une coopération rénovée-, dans la perspective d'un nouvel ordre économique mondial plus juste et plus stable.

Dans le cadre  de  ces  options  de  politique  extérieure,  le  respect  de  nos  engagements  et notre attachement aux organisations internationales - je pense notamment à l'UDEAC, et à l'OUA, au Mouvement des pays non-alignés et à l'ONU -ce respect et cet attachement demeurent constants.

Voilà, Mesdames et Messieurs les Députés, Messieurs les Membres de la Cour suprême, les   orientations   qui   doivent   continuer   à   guider   l'action   du   gouvernement   de   la République tout au long du mandat en cours. La grande et longue œuvre  de  construction  nationale,  si  bien  conçue  et  si  bien  menée par  Son  Excellence  Ahmadou  Ahidjo,  est  une  œuvre  de  tous  et  pour  tous.  Elle doit demeurer telle.  Elle implique, dans  les  temps  durs  quo  nous  vivons,  à  la  fois  la  rigueur dans la gestion, la persévérance dans l'effort vis-à-vis des manouvres et action internes ou externes de démoralisation, de démobilisation ou de déstabilisation.

J'invite donc, de manière solennelle, toutes les Camerounaises et tous les Camerounais à réaffirmer  dans  les  faits  leur  attachement  à  cette  grande  œuvre  d'unité,  de  paix  et  de progrès,  et  à  s'y  maintenir  résolument  avec  la  légitime  ambition  de  demeurer  un  grand peuple, un peuple uni et travailleur, un peuple aspirant à la prospérité et à la justice , un peuple  ayant  foi  en  son  avenir,  un  peuple  enfin  jaloux  d'être  maître  de  son  destin  à l'intérieur comme à l'extérieur de ses frontières. En ce qui me concerne, avec la confiance et la collaboration de tous, je puis assurer que  je  m'y  emploierai  avec  toute  la  force  de mon patriotisme et de mon engagement.

Vive le Cameroun ! », déclarait l’homme d’Etat.

Rendu à ce 6 novembre 2020, l’on est exactement à 38 ans de règne du président Paul Biya a été déclaré vainqueur aux élections de 1987, 1992, 1997, 2004, 2011 et 2018 avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais(RDPC) ; son parti politique crée le 24 mars 1985 à Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest.

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