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Dimitri Touko Kom : « On ne débat pas avec une dictature, on la combat »

Touko Kom

Dans une tribune publiée le 30 septembre 2021, Me Amédée Dimitri Touko Tom mène une réflexion sur le fait de savoir s’il faut combattre ou débattre avec une dictature. Il arrive à la conclusion qu’il faut combattre.

Touko Kom
Me Amedee Dimitri Touko Tom – capture photo

Lebledparle.com vous propose le texte intégral.

DÉBATTRE OU COMBATTRE ?

Un Pacifisme intellectuel traverse depuis quelques temps la Résistance Camerounaise et susurre l’idée selon laquelle, le régime BIYA, n’étant finalement incarné que par des Hommes, il faudrait leur apporter AMOUR et COMPRÉHENSION.

Militer se réduirait-il donc ici à DÉBATTRE avec une dictature qui a refusé tout débat avec son opposition, avec son Peuple, qui a renoncé à toute intelligence politique dans la résolution des problèmes camerounais dont le plus crucial est la Crise Anglophone ?

La Politique de ce point de vue apparaît donc comme un art froid, déshumanisé, détaché, déconnecté de la “gravité” économique et sociale. En clair, un jeu de dupes insipide, un sédatif qui ne servirait qu’à déminer les esprits de cette charge dramatique qui fonde la colère légitime du militant et du Peuple opprimé.

Pour rester une science au service de l’humain, la Politique dans une dictature génocidaire comme le Cameroun, doit pouvoir s’écrire avec la sueur et le sang de ce Peuple, écrasé par la vie, massacré par l’égoïsme des puissants, chosifié par la méchanceté d’un pouvoir ivre qui ne rêve plus que de se reproduire, de se pérenniser avec l’aide d’une partie de ce même Peuple.

Cette tricherie communicationnelle qui dédramatise, banalise les crimes d’une dictature sanguinaire comme celle du Cameroun, anéantit pour le Peuple meurtri, cette adrénaline militante qui l’arme moralement dans sa quête de liberté, de justice et de démocratie.

À la méchanceté, à la barbarie, à la sauvagerie, à l’égoïsme du Régime BIYA, le Peuple Résistant doit pouvoir opposer une colère saine, qui exprime dans toute la violence ressentie, sa douleur.

La communication politique procède donc de cette logique. Le leader qui porte la parole du Peuple épris de liberté n’a pas vocation à lui demander de geler sa colère, de souffrir et gémir sans crier… On ne va pas au ciel comme si on n’était pas passé par la terre.

La politique ne saurait se réduire au règne du tout relatif, ou les frontières entre le bien et le mal n’existeraient plus. Mieux, la Politique est une science au service des Peuples dont elle a vocation à promouvoir l’émancipation et le bonheur. Pour cela, elle doit se montrer respectueuse de ces derniers, humiliés, réduits, affamés, dépouillés, génocidés…

Militer contre un régime despotique, totalitaire et barbare, c’est promouvoir le CHANGEMENT et non la COMPOSITION avec un pouvoir qui tue. On ne débat pas avec une dictature, on la combat. On s’évertue à sauver le Peuple, tout le Peuple y compris cette frange qui soutient la dictature. On le fait malgré elle, sans elle et peut être contre elle. Mais ce sera pour le bonheur de tous, y compris le sien. On doit y parvenir sans devenir le sauvage qu’on combat, sans se laisser contaminer par sa haine, par sa violence. Mais on doit le faire fermement, radicalement…

Dans cet ordre d’idées, ceux qui perçoivent « le changement dans la paix » prônée par Maurice KAMTO comme une forme d’angélisme ou de naïveté, sous-estiment sans doute la compréhension que ce dernier a des contingences politiques camerounaises.

ON NE DÉBAT PAS AVEC UNE DICTATURE, ON LA COMBAT.

Me Amedee Dimitri Touko Tom

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