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[Tribune] Amedée Touko : « Le MRC doit cesser d’être cette belle fille adulée par un amant qui lui reproche paradoxalement tout et n’importe quoi »

Amedee Touko Kom

L’analyste politique, Me Amedée Touko Kom a publié un texte le 29 juillet 2021, dans lequel il dénonce l’indiscipline au sein du MRC. Il pense qu’un parti politique est un outil de conquête du pouvoir  et qu’on ne va pas au ciel sans passer par la terre. En effet, la notion du respect de la ligne du Parti est sacrée. « Ce n’est pas parce qu’on n’arrive pas à se faire entendre qu’il faut casser le micro. Il faut effectivement beaucoup de résilience en politique, beaucoup de formation », pense-t-il.

Amedee Touko Kom
Me Amedee Dimitri Touko Tom – capture photo

Lebledparle.com vous propose le texte intégral.

L’INDISPENSABLE OPERATION – DISCIPLINE DU MRC

Un parti politique, est avant tout un dispositif pour le pouvoir. Ainsi, un instrument bâti pour la conquête du pouvoir et qui n’a pas de pouvoir n’existe pas. En réalité, pour parvenir à ses fins, un parti politique doit avoir un certain pouvoir, mieux, il doit être un pouvoir certain. Or un pouvoir qui ne peut pas n’en est pas un.

Et pour exister en tant que tel, ce pouvoir doit être accepté, reconnu, respecté et promu par ses membres. C’est le gage de sa reconnaissance et de sa respectabilité par ceux qui ne font pas partie de son organisation. Ce respect de l’Ordre Partisan comme le respect de l’Ordre Républicain est garanti par des statuts et règlement intérieur dont se dote tout parti politique.

Le MRC qui affiche une exceptionnelle vitalité politique, vit paradoxalement de manière quasi-endémique, des agitations dans l’opinion dont les auteurs se recrutent parmi certains de ses membres les plus gradés…

Dans cet ordre d’idées, sous le prétexte de divergences idéologiques ou stratégiques, Célestin DJAMEN hier, Michèle NDOCKI aujourd’hui et certainement d’autres demain, agissant en tant que militant du MRC, ont régulièrement pris ou prendront à rebrousse-poil leur parti, en affichant des positions ouvertement dissidentes quant à la ligne indiquée par ses instances et relayée par la voix de son Président Maurice KAMTO.

Si un parti politique n’est pas une église, il n’est pas non plus une foire

La capacité pour toute organisation humaine, à fortiori politique, à se construire et à conduire dans la durée son action dans le sens de la réalisation de ses objectifs, tient en un mot : DISCIPLINE !

La Discipline dans un parti politique signifie que toute action militante doit s’inspirer de l’idéologie, de la ligne de conduite adoptées et prescrites par ses organes compétents.

Dès lors, les divergences d’idées ou d’approches idéologiques, les différends naissant au sein d’un parti politique sont débattus, réglés à l’amiable, par la médiation ou l’arbitrage, ou par le jeu démocratique interne.

Les valeurs défendues par un parti comme le MRC obligent ses membres à observer un code d’honneur dont la violation peut être sanctionnée suivant les qualifications et la procédure disciplinaire prévues par ses textes.

Militer pour un parti politique n’est pas l’art du contre-pied permanent

Militer pour un parti politique, c’est Combattre, lutter (sans employer de moyens violents), donner appui, venir en aide, en parlant des raisons, des arguments, des faits, pour faire prévaloir l’idée politique, la thèse, la doctrine dudit parti.

Dès lors, tout membre, quel que soit son niveau de responsabilité, qui, suivant des faits avérés, agissant en tant que militant d’un parti politique, utilise celui-ci ou ses organes à des fins de propagande personnelle, aux antipodes des orientations démocratiquement adoptées, encourt une sanction.

Contredire son parti politique en dehors des instances dédiées est une faute

Les principales orientations d’un parti politique sont décidées démocratiquement au sein des organes compétents. Les militants ou organes du parti dont les idées n’ont pas reçu le vote majoritaire doivent défendre et promouvoir la position majoritaire du parti.

Sont donc à considérer comme des actes anti-parti, toutes ces attitudes ou propos de nature à provoquer, insulter, humilier ou ridiculiser un membre du parti quelle que soit sa responsabilité ; de même que des activités personnelles menées par un membre du parti de nature à créer la confusion sur sa ligne politique, à entacher l’image, la crédibilité et la réputation du parti.

La situation du sympathisant n’est donc pas celle d’un militant. Comme à l’armée, ce dernier est astreint à une obligation de réserve et de confidentialité dont une bonne formation politique aide à en apprécier les contours.

L’intérêt et la finalité de cette note

Un parti politique se veut au service de l’ensemble de la communauté et non à celui de ses seuls adhérents, ni encore moins de ses seuls dirigeants. Un parti politique c’est une organisation politique implantée sur le territoire et dont le but est d’accéder au pouvoir grâce à un soutien populaire.

À ce titre, ceux qui travaillent à faire changer l’ordre politique existant ont tout intérêt à ce que les entités politiques réunissent tous les moyens leur permettant d’atteindre leurs objectifs politiques.

Mon expertise juridique et managériale en ce qui concerne les associations m’ordonne au regard du contexte politique qui est celui du parti majeur de l’opposition camerounaise, le MRC, de me livrer à cet exercice d’éveil et de vigilance.

Le MRC doit cesser d’être cette belle fille adulée par un amant qui lui reproche paradoxalement tout et n’importe quoi

L’engagement politique est une démarche aussi exaltante que grave. Elle s’accompagne de discipline, de compromis et parfois de renonciations.

Le MRC au regard de ce qui précède, ne peut continuer à envisager un destin politique à la dimension de son incroyable popularité en faisant l’économie d’un « rappel à la loi » du parti.

Un parti politique n’est ni un amphithéâtre, ni un comptoir commercial. Le MRC ne saurait se réduire à être une rampe de lancement politique ou une machine à bonifier des profils en quête d’un destin strictement personnel, dont les frasques politiques faussement maquillées comme des idées, parasitent le débat, brouillent sa communication politique et réduit sa portée.

Le MRC est un parti fort de son implantation, fort du nombre ses adhérents, fort de la qualité de ses hommes. Il se doit aussi d’être fort de son administration, et surtout de sa capacité à imposer en son sein une certaine discipline.

Quand un militant de parti politique n’est plus d’accord avec la majorité, ou la ligne de son parti, à défaut de se taire, il démissionne pour exprimer son désaccord et promouvoir son irréconciliable différence.

Me Amedee Dimitri Touko Tom

-Membre fondateur de la Ligue des Droits et Libertés (LDL),

-Ancien représentant Ouest Cameroun de Human Wrights Watch (Albert MUKON),

-Ancien Conseiller Juridique SDF

-Ancien Secrétaire Provincial SDF-OUEST,

-Conseiller juridique Fondation MOUMIE

-Membre fondateur et Secrétaire Général de la société des Amis AFROCAST

-Membre fondateur et Secrétaire général du RESEAU RESPONDERE ADVOCATUS

-Analyste Politique

 

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