La légende de bikutsi Nkodo Sitony est morte !

L’auteur des chansons cultes « Métil wa » et « Mba Mvoe » est passé de vie à trépas ce 21 décembre 2021 au Cury de Yaoundé des suites d’une longue maladie, a appris la rédaction de Lebledparle.com. Il était âgé de 62 ans.

Nkodo Si Tony (c) Droits réservés

Plus qu’une légende, c’est un monument de la culture camerounaise qui a rendu l’âme en cette triste journée du mardi 21 décembre 2021 au Centre des urgences et de réanimation de Yaoundé. L’artiste Nkodo Sitony a rangé sa guitare et son micro à 62 ans, après plus de 40 ans de carrière. Installé en France pendant plus de 15 ans, il était de retour au pays depuis quelques années et confiait à Cameroon Tribune ses déboires sur le vieux continent dans une interview datant de 2019. « Il aurait pourtant tout lâché. Une fracture du pied droit, alors qu’il allait en studio (en Angleterre), l’aura éloigné de la scène durant 03 ans. Il a échappé à l’amputation, il ne marchait pas. Son épouse Jacqueline était fort heureusement là », relayait le quotidien national. Deux ans plus tard, Nkodo Sitony n’est définitivement plus. L’artiste prolifique laisse derrière lui une immense œuvre. 25 albums parmi eux, le célèbre « 90° de Bikutsi à l’ombre » (sorti en 1986), qui lui aura valu en 1988 les distinctions de Chanson et artiste de l’année.  

La biographie d'une icône 

Nkodo Si-Tony (Si Tony, Sitony), de son vrai nom Nkodo Si Tobi François, né le 25 août 1959 à New Bell, un quartier de Douala, est un chanteur camerounais qui modernisa le bikutsi dans les années 1980 .Il est l’aîné d’une fratrie de sept enfants. Son père est alors employé à l’Ex ONCPB, chargé de l’exportation du cacao, du café et de quelques produits bruts au port de Douala. Le paternel « papa Si » qui est aussi arbitre de football dirige avec beaucoup de rigueur sa petite famille. Et son premier-né est son cobaye idéal. Pourtant, le garçon virera très tôt, dans le domaine de la musique.

Sur le chemin de l’école, il prend des tangentes pour gagner des coins où quelques amis lui offrent de l’hospitalité et l’encouragent à la fabrication de guitares artisanales qu’il taquine à longueur de journée. Parti des percussions traditionnelles de son village, il a ressenti une fois en ville, l’appel des elfes et décide d’y répondre. Les colères et coups de fouets de son père ne parviendront pas à lui faire changer d’avis.

Il fuguera même à plusieurs reprises pour retrouver des compagnons tels que Manuel N’Guisso et Eboa Lotin, avec qui il fera ses premières véritables classes musicales. Il s’édifie d’abord au chant et à la guitare avant d’explorer les autres instruments de l’orchestre. Une particularité qui sera un avantage pour lui pendant son aventure hors de son pays d’origine. Il peut alors auprès de plusieurs grands acteurs de différentes scènes, vivre diverses expériences à partir de plusieurs postes de travail. Une énorme richesse qu’il a su mettre en valeur pour tisser tous ces tubes en tant qu’auteur-compositeur-arrangeur puis interprète..