De vives tensions entre la douane camerounaise et les transporteurs tchadiens

Le point de contrôle de la Dibamba et la station de pesage de Yassa ont été le théâtre des échauffourées entre les deux parties le 22 mai 2020. À l’origine, la rareté et le coût élevé de la balise GPS, précieux gadget de géolocalisation institué par la douane camerounaise depuis 2010.

Image d'illustration (c) Droits réservés

Selon les informations de notre confrère EcoMatin paru en kiosque, la tension est montée d’un cran entre la douane camerounaise et les transporteurs tchadiens du corridor Douala-N’djamena. « Une cinquantaine de conducteurs de camions de transport de marchandises du Cameroun vers ce pays de l’hinterland dépourvu de façade maritime ont observé un mouvement d’humeur à l’Est de Douala, principale entrée des cargaisons en provenance du Tchad et de la Centrafrique », relate le journal d’Émile Fidieck.

D’après Abdelaziz Asma, chauffeur d’un camion Cbh 3340 Actros, approché par notre confrère, « le manque de balise GPS devient récurrent ». Ce dernier accuse la douane camerounaise de «ne pas en disposer suffisamment » ou de « mal gérer la rotation » desdites balises.

Pourtant indispensables dans le processus de sécurisation des camions et des marchandises dans les corridors. La poussée de fièvre du 22 mai 2020 a succédé à une longue liste de tensions entre les transporteurs camerounais, tchadiens, centrafricains, et la douane camerounaise.

Lebledparle.com apprend de la même source que certains camions sont en stationnement depuis 3 semaines au point de contrôle de la Dibamba, ainsi qu’à la station de pesage de Yassa dans l’attente de la pose des balises GPS.

Hugues Kouetcheu, le Chef de poste douane de Yassa reconnaît, reconnait «la rareté des balises », et rejette le tort attribue aux transporteurs soutenant que « Les camions sont à l’arrêt. Les chauffeurs ne sont pas à bord. Preuve qu’ils n’ont pas l’intention de partir. C’est une situation déplorable. La faible rotation des balises est liée aux stationnements prolongés et excessifs ».

Autre point d’obstruction, c’est le coût de la balise GPS fixé à 35.000 fcfa. Prix que S.E Abdel Salam, le consul du Tchad à Douala juge « exorbitante », puisque dans une période difficile imposée par le vilain virus : « il faut ôter toute tarification par rapport au GPS ».  Le manque à gagner relevant du stationnement des camions tchadiens se chiffre en de dizaines de millions de fcfa.

Les transporteurs tchadiens avouent effectuer entre 5 à 8 rotations mensuelles entre le corridor Douala-Ndjamena, à raison de 4.000.000 de Fcfa pour un affrètement à destination de ce pays voisin.

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