Eseka Cameroun : Comment se déroule le deuil dans la ville de Yaoundé

Au-delà du drapeau en berne, plusieurs administrations ont aménagé des espaces d’hommages aux victimes d’Eséka

Yaounde en deuil Eseka pour ses enfants d'Eseka
Yaoundé en deuil, la capitale pleure ses enfants d'Eseka (c) Cameroon-tribune

Des signes et des symboles qui parlent. Des drapeaux en berne, même ceux des pays étrangers au sein des organisations internationales, comme au siège la Banque des Etats de l’Afrique centrale. Les Nations unies aussi. Le drapeau bleu ciel de l’UNICEF a flotté à mi mât.  Lundi à Yaoundé, tout le monde a porté le deuil. Au ministère des Relations extérieures, par exemple, un « dress code » du jour non officiel mais spontané, le noir ! Les conversations sont mesurées, le déploiement limité à l’essentiel. Le secrétaire général, Felix Mbayu, confie au reporter de CT que le ministre a, par exemple, reporté la cérémonie de célébration de la journée des Nations unies. « Nous sommes en deuil. On ne pouvait pas imaginer un jour comme celui-ci en pleines festivités », confie le SG du MINREX. A la Communauté urbaine de Yaoundé, même les usagers trainent la lourde charge émotive du jour. « Je suis venue ce matin parce que j’étais obligée de retirer un document. Sinon, je suis très attristée par ce drame. Les victimes pouvaient bien être moi, un parent, un frère ou un ami. Donc, je considère que c’est ma mémoire qu’on salue aussi », explique Marguerite Essame, drapée d’une robe noire.  

Dans des grandes surfaces, les signes du deuil sont également perceptibles. A Casino, par exemple, plusieurs bougies illuminent un coin du magasin. Des clients s’y arrêtent pour quelques instants de recueillement. Certains, d’obédience catholique, accompagnent ces moments d’un signe de croix. Au niveau des employés, tous ont un brassard noir autour du bras. « Je pleure et j’accompagne les familles des victimes par ce signe que j’arbore. C’est choquant, ce qui est arrivé. Que les personnes qui souffrent aujourd’hui sachent que nous sommes de tout cœur avec eux», s’exprime Bernadette M., employée.