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Baudelaire Kemajou : « Le problème du Cameroun et de l’Afrique en général est celui de la gouvernance »

La firme canadienne a unilatéralement résilié le contrat qui les liait à l’état du Cameroun pour la réalisation du complexe sportif d’Olembe, comme l’a rapporté Lebledparle.com.

Baudelaire Kemajou

Dans une correspondance à l’endroit du Premier ministre en date du 03 janvier 2023, le ministre camerounais des Sports et de l’Education physique, Narcisse Mouelle Kombi, informe le chef du gouvernement de la résiliation unilatérale du contrat par Magil. Le Ministre Mouelle Kombi a indiqué avoir reçu le 06 décembre 2022 une correspondance de Magil Construction faisant état de leur intention de résilier le contrat qui les lie pour l’achèvement du complexe sportif d’Olembe. Magil a ensuite envoyé un autre avertissement le 21 décembre, précisant qu’il quittait le site et que les deux parties se rencontreraient devant un tribunal international à partir du 05 janvier.

Dans la foulée, les grilles salariales des cadres de l’entreprise circulent sur la toile et Baudelaire Kemajou, analyste des questions économiques pense qu’on doit créer des champions nationaux dans tous les secteurs pour faire face aux difficultés rencontrées avec les expatriés.

URGENCE D’AGIR SERIEUSEMENT POUR BATIR DES CHAMPIONS NATIONAUX DANS TOUS LES SECTEURS.

Il ne faut pas attendre l’échec D’un projet conduit par une firme étrangère pour recourir aux nationaux qu’on a méprisé, humilié et à qui on donne peu pour attendre grand.

Les champions nationaux permettent à l’Etat d’économiser ses devises, de réduire le deficit de la balance commerciale ou de la balance des paiements, de créer des emplois locaux, de payer des impôts et d’éviter des procès a l’étranger. Oui un État gagne sur plusieurs registres à soutenir et accompagner les Entreprises locales à devenir des Championnes. Là où les multinationales refusent de jouer le jeu, les firmes nationales sont conciliantes et collaborent dans l’intérêt de la Nation.

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Lorsque toutes les banques étrangères ont refusé de financer le programme de modernisation de la SONARA, C’est AFRILAND qui est intervenue, lorsque la Compagnie nationale CAMAIRCO ne pouvait voler sans carburant, c’est TRADEX qui est intervenue.

Le problème ce n’est pas une absence de volonté politique puisque l’Etat avait même créé un programme finance sur prêt de la banque mondiale et logé au MINEPAT appelé Programme de Compétitivité des filières de croissance et géré par des Fonctionnaires. Doté de dizaines de Milliards ce programme s’est achevé sans aucun résultat concret. Les sous ont été dilapidés et l’Etat devra rembourser. Un autre exemple de mal gouvernance qui a plombé cette volonté de soutenir les champions nationaux c’est la gestion calamiteuse et criminelle des lignes 65, 94 du MINFI et des lignes correspondantes du MINEPAT. Des dizaines de Milliards ont plutôt servi aux marchés publics fictifs ou surfactures parfois pour des entreprises inconnues de l’administration fiscale. Parfois aussi des réflexes villageois et considérations tribales l’emportent sur l’efficacité et les Résultats. Or on oublie que la richesse créée par u e entreprise camerounaise reste et tourne au Cameroun.

Le problème du Cameroun en particulier et celui de l’Afrique en général est celui de la gouvernance. On peut rapidement ériger comme le Nigeria l’a fait des champions nationaux si on est sérieux et cela nous évitera de courir après des Entreprises comme MAGIL et PICCINI payées en centaines de Milliards pour des résultats problématiques.

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Par exemple certaines multinationales pour réduire considérablement les résultats afin d’échapper à l’impôt sur la société sont obligées de créer des sociétés écrans qui gèrent les compétences expatriées et surfacturent à l’entreprise payée par l’Etat du Cameroun.

On peut le constater avec la grille salariale des employés expatriés de MAGIL sur le Stade de OLEMBE.

Salaire des expatriés : MAGIL payait une secrétaire de direction à 11 millions FCFA par mois. Un juriste consultant 15 millions FCFA par mois. Un ingénieur de conception 24 millions FCFA par mois.

Si nous voulons vraiment travailler et développer notre pays, on doit être sérieux et changer de logiciel. Nous devons prendre conscience que nous sommes en guerre économique, beaucoup d’Etats africains avancent et nous sommes à la traîne. J’ai peur que demain ces avancées se retournent contre nous. Je sais que nous pouvons faire mieux si nous prenons conscience des enjeux globaux d’aujourd’hui et de demain

Baudelaire kemajou

 


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