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Sida : la circoncision confirme son intérêt sur le terrain

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Un élu politique zimbabwéen se prépare à être circoncis dans le cadre d'une campagne de sensibilisation sur le sida, en juin 2012.

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Une campagne de circoncision gratuite a réduit significativement le nombre d’infections par le VIH dans un bidonville d’Afrique du Sud.

Pour la première fois, les bénéfices de la circoncision dans la lutte contre le sida ont été observés dans la vie réelle. Une campagne menée dans un vaste bidonville d’Afrique du Sud a permis de réduire de 57 à 61% le nombre d’infections chez les hommes s’étant porté volontaires pour l’opération, révèle une étude française Inserm-ANRS publiée mardi dans la revue Plos Medicine.

La circoncision était proposée gratuitement aux quelque 110.000 habitants d’Orange Farm. 15% des hommes étaient déjà circoncis au lancement de la campagne en 2007, une proportion passée à 53% quatre ans plus tard. «C’est un taux d’acceptation intéressant. Nous n’avons pas constaté de réticence particulière ou de crainte vis-à-vis de ce geste chirurgical», rapporte au Figaro Bertran Auvert, professeur en santé publique à l’université de Versailles.

Sur place, un échantillon de 3300 hommes du bidonville ont été interrogés sur leurs pratiques sexuelles, qu’ils soient circoncis ou non. Les chercheurs soulignent que le recours au préservatif lors de rapports avec un partenaire non régulier était similaire dans les deux groupes, ce qui suggère qu’il n’y a pas eu de remplacement d’une méthode de prévention par l’autre. Avant toute opération, les volontaires étaient systématiquement informés sur l’efficacité partielle de la circoncision et sur la nécessité de continuer à se protéger par d’autres moyens, notamment le préservatif.

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On sait depuis 2005 que la circoncision limite la transmission du VIH en éliminant le prépuce, une zone de peau très sensible au virus. La face interne du prépuce est en effet riche en cellules chargées de débarrasser l’organisme d’éléments étrangers, appelées cellules de Langerhans. Or, lors d’un rapport avec une partenaire contaminée, ces cellules de Langerhans entrent en contact avec des cellules infectées par le VIH, et les transmettent aux cellules immunitaires (lymphocytes T) de l’homme. Mais par ce mécanisme, le VIH contenu dans les cellules féminines s’introduit dans les lymphocytes T, dont il se sert ensuite de support pour se reproduire et envahir l’organisme.

Jusqu’à 25% de nouvelles contaminations en moins dans le monde

Ce mécanisme explique les limites de la circoncision comme moyen de réduire le sida. Elle permet seulement de protéger (partiellement) l’homme d’une contamination par une femme infectée ; l’inverse n’est pas vrai. Par ailleurs, cette protection n’est pas vérifiée dans le cadre de rapports homosexuels où un même individu peut être tantôt actif (donc potentiellement protégé), tantôt passif (la circoncision ne protège alors pas).

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Généraliser la circoncision ne présente donc d’intérêt que dans les pays où le niveau de contamination est élevé et où le virus se transmet principalement lors de rapports hétérosexuels, souligne le Pr Auvert. «Il s’agit essentiellement des 14 pays d’Afrique australe et de l’Est. Cette situation ne s’applique pas à l’Europe», détaille-t-il. Le spécialiste estime qu’en généralisant cette pratique dans les pays africains concernés, le nombre de nouvelles contaminations annuelles dans le monde pourrait être réduit de 25%. Cela nécessite néanmoins la multiplication de campagnes de sensibilisation intensives, nécessitant des fonds et du personnel. «La généralisation de la circoncision doit plus que jamais être une priorité de santé publique en Afrique australe et de l’Est», confirme le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS).

Le Pr Auvert espère également confirmer l’intérêt de la circoncision pour limiter la circulation de deux autres virus, le papillomavirus, responsable entre autres du cancer du col de l’utérus chez la femme, et de l’herpès.

 (c) Pauline Fréour

 

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