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Jean-Pierre Bekolo : « Cabral Libi est dans le singularisme et Maurice Kamto dans le solidarisme »

KAMTO LIBII

Dans une tribune publiée sur Facebook le vendredi 19 février 2021, le cinéaste camerounais parle du singularisme qui caractérise les camerounais. Il profite pour faire un glissement sur le terrain politique pour faire une comparaison entre le président national du PCRN et le président national du MRC.


KAMTO LIBII
Maurice Kamto et Cabral Libii – capture photo

Pour lui Cabral Libii est dans le singularisme. « Cabral Libi est dans le singularisme et c’est ce qui le rend séduisant pour les camerounais adeptes de cette relation individuelle, son ascension est fulgurante et force l’admiration », dixit Jean-Pierre Bekolo dans son post.

Et Maurice Kamto est dans le solidarisme. « Les Ambazoniens sont dans le solidarisme, Kamto et le MRC sont aussi dans le solidarisme, ils sont dangereux car ils nous empêchent de poursuivre “nos dossiers”. Ils sèment le désordre. » ajoute Jean-Pierre Bekolo.

Lebledparle.com vous propose l’intégralité du texte.

Au Cameroun chacun pense qu’il est en mesure tout seul dans son coin d’avoir une connaissance de son passé et de se projeter vers un avenir glorieux, lui et sa famille. Doit-on appeler vie, cette existence qui trace une ligne partant d’un passé dont on ne veut rien savoir et allant vers un futur qui se réduit à subir présent?

Les camerounais qui trainent donc dans les ministères y trainent pour “suivre leurs dossiers” très très personnels. Ça s’appelle le singularisme. Dans ce singularisme il accepte tout: les brimades, la petite corruption, le clientélisme,  le tribalisme… pourvu que “mon” dossier avance.  Si quelqu’un arrive dans le même bureau pour un service avec une perspective plus collective et revendique ses droits, c’est à dire les droits de tous qui ne sont plus les siens à lui tout seul, il devient le trouble-fête car il remet sur la table le projet collectif qui exige que nous devons créer et appliquer des règles qui marchent pour tous.  Celui-là qui renonce à ses petits intérêts particuliers et qui dit “l’Etat c’est nous!” pose un sérieux problème au Camerounais qui gère sa relation avec l’Etat “une place” comme la majorité. Si le premier est dans le singularisme, le second est dans le solidarisme. Voilà les deux idéologies qui s’affrontent au Cameroun. Notre route est cassée et a des trous, celui qui essaye de mobiliser tout le quartier pour arranger la route est dans le solidarisme et celui qui préfère acheter un 4×4 est dans le singularisme. Cabral Libi est dans le singularisme et c’est ce qui le rend séduisant pour les camerounais adeptes de cette relation individuelle, son ascension est fulgurante et force l’admiration. Les Ambazoniens sont dans le solidarisme, Kamto et le MRC sont aussi dans le solidarisme, ils sont dangereux car ils nous empêchent de poursuivre “nos dossiers”. Ils sèment le desordre. Comment je peux encore retrouver mon dossier s’il y a le désordre?  En conclusion, Kamto veut arranger la route, Cabral achète le 4×4.

Parce que le projet collectif n’est plus que source de problèmes et de perturbation de nos desseins individuels au Cameroun, je me demande comment ce pays avec qui nous n’avons plus qu’une relation individuelle semblable à celle que développons avons avec notre avocat qui nous aide a régler nos problèmes individuels, comment un tel pays ne va pas imploser? Comment envisageons nous notre propre existence dans un espace que nous n’imaginons que pour nous seuls? En d’autres termes nous ne nous imaginons pas le pays avec les autres. Nous avons uniquement besoin d’eux pour que faire “corps”, je veux dire pour faire “pays”. Si les autres ne sont plus là, le pays n’existe plus, ce qui ne nous dérangerait pas tant que ça si ce que nous tirons du pays  dans “nos dossiers” ne disparaissait pas avec. Je parle des privilèges individuels qui se cachent derrière le “un et indivisible”.

Jean-Pierre Bekolo

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