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Franck Essi : le Cameroun se redressera par une transition politique démocratique

Essi Franck CPP

Franck Essi, SG du CPP a commis une tribune dans laquelle il parle du développement et en particulier le développement au Cameroun. Le développement passe par la transition politique. « Il faut que ce soit clair, le Cameroun se redressera par une transition politique démocratique ou ne se lèvera pas », écrit-il.


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Franck Essi, SG CPP – DR

L’intégralité du texte.

VOULONS – NOUS VRAIMENT NOUS DÉVELOPPER ?

D’après François Perroux, « Le développement est la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global ».

Cette définition à laquelle j’adhère sous – entend clairement qu’avant la production suffisante et l’équitable distribution des richesses, il faut d’abord des changements mentaux et sociaux.

Au lieu de regarder les réalisations matérielles des sociétés plus riches et plus puissantes que nos pays pour nous extasier, nous devons apprendre à nous focaliser sur les processus qui leur ont permis d’y arriver.

En effet, la richesse matérielle, l’harmonie sociale et le bien – être général sont des conséquences de modèles mentaux et sociaux adoptés par une majorité de citoyens. Ces modèles mentaux et sociaux appropriés se cristallisant dans des institutions fortes, des lois justes et consensuelles ainsi que des comportements majoritairement alignés sur des principes positifs.

On ne change pas durablement l’extérieur si on ne change pas d’abord, profondément, l’intérieur.

Ceci veut dire que l’état de notre pays ou de notre société est avant tout le reflet de l’état de nos mentalités et de nos constructions sociales.

Quand nous nous regardons droit dans les yeux :

⚫ Est – ce possible d’avoir une société tolérante quand nous sommes en majorité intransigeants ?

⚫Est – ce possible de produire suffisamment de richesses lorsque nous trichons au travail et dans les affaires ?

⚫Est – ce possible d’avoir une création maximale des richesses quand le mérite et la compétence ne sont pas des critères pertinents de promotion aux fonctions clés ?

⚫ Est – ce possible d’avoir des enfants qui se comportent bien quand les leaders, les parents et les enseignants ne sont pas eux – mêmes en quête perpétuelle d’excellence et d’exemplarité ?

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⚫Est – ce possible d’atteindre nos objectifs économiques et sociaux lorsque l’impunité règne, les leçons des échecs ne sont pas tirées et les incompétents malhonnêtes systématiquement promus ?

⚫Est – ce possible d’atteindre notre plein potentiel lorsque les femmes sont privées de leurs droits et les injustices à leur égard sont continuelles ?

⚫Est – ce possible d’avoir une société bien gérée quand les dirigeants ne se sentent nullement inquiétés par les contribuables ?

⚫Est – ce possible d’avoir un Etat qui gère bien nos finances publiques quand nous – mêmes, en grande majorité, dans la sphère privée ou publique, sommes dans les jongleries, les tricheries, les surfacturations et les détournements ?

⚫Est – ce possible d’avoir des dynamiques collectives sur des questions d’intérêt général lorsque nous nous regardons en chien de faïence, soupçonnant systématiquement les autres de mauvaise foi et de volonté de tromper ?

⚫Est – ce possible d’avoir des dirigeants qui nous rendent compte lorsque dans nos lieux de service, nos associations et nos entreprises, nous nous refusons à toute rigueur et transparence ?

⚫ Est – ce possible que nos droits et libertés soient respectés quand nous – mêmes les ignorons et nous refusons à accomplir nos devoirs ?

⚫ Est – ce possible de nous développer si la recherche de la paix réelle, faite de justice, de vérité et de réconciliation, n’est pas notre obsession en ces temps de crise ?

On pourrait indéfiniment aligner les questions qui mettent à jour les paradoxes de nos sociétés en quête de développement.

L’important, c’est de nous focaliser sur les changements mentaux et sociaux sans lesquels la paix durable, la prospérité économique, le bien – être général et l’harmonie sociale ne sont possibles.

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Dans cet ordre, il nous semble évident que :

▶️ Le Cameroun ne peut pas être plus avancé que les Camerounais / es. Pour que le Cameroun avance, il faut que les Camerounais évoluent positivement dans leurs têtes, leurs cœurs et leurs comportements.

▶️ Si nous continuons avec ce même modèle défaillant, nous ne pouvons pas espérer de changement significatif, qualitatif et durable de la situation. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

▶️ Rendus où nous sommes, la tache de la génération actuelle des jeunes leaders politiques, économiques, sociaux et culturels est d’agir pour refonder les bases sur lesquelles fonctionne notre société. Sans une refondation des institutions du pays et un nouveau contrat social, nous ne sortirons pas de sitôt de l’auberge.

Pour que la nouvelle classe de leaders fasse mieux et plus que celle qui l’a précédée, elle doit être sans concessions avec elle – même.

Elle doit comprendre que le fait de constater les échecs et de critiquer les défaillances des dirigeants actuels ne constitue pas une preuve de compétence.

Elle doit s’armer de savoir, de savoir – faire et savoir – être jusqu’aux dents !

Elle doit embrasser les grands défis et les problèmes difficiles de son temps, dans une perspective de transformation positive de la réalité actuelle, en vue de construire quelque chose de plus viable.

Elle doit réaliser cette refondation de l’État qu’est la transition politique démocratique.

Car au fond, il faut que ce soit clair, le Cameroun se redressera par une transition politique démocratique ou ne se lèvera pas.

Franck Essi, 12 Mars 2021

           


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