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Benoît Ndong Soumhet : « le MRC est un parti anti-républicain, voire fasciste »

Benoît Ndong Soumhet : « le MRC est un parti anti-républicain, voire fasciste »

Après Jacques Fame Ndongo, Ministre d’Etat, Ministre de l’enseignement supérieure, militant membre titulaire du Comité Central du RDPC et par ailleurs Secrétaire national à la communication du parti au pouvoir, c’est au tour de son camarade politique, Benoît Ndong Soumhet de faire une sortie médiatique pour tacler le MRC et son leader Maurice Kamto. Le ministre chargé de missions à la présidence de la République estime dans un premier temps qu’il y a eu tentative de soulèvement populaire de la part du MRC qui a échoué. Dans un second temps, l’ancien DG de l’ENAM estime que le parti de Maurice Kamto fait recours aux voies illégales et illégitimes pour s’exprimer dans le landerneau politique camerounais. « Dans tous les pays du monde, l’exercice d’une liberté est toujours assujetti à une réglementation », affirme l’élite de la Lekié.


Benoît Ndong Soumhet : « le MRC est un parti anti-républicain, voire fasciste »
Maurice Kamto – DR

Ci-dessous, l’intégralité de la communication de Benoît NDONG SOUMHET.

DE LA RÉALITÉ D’UNE ENTREPRISE INSURRECTIONNELLE DU MRC CONTRE LES INSTITUTIONS DE LA RÉPUBLIQUE

SOMMAIRE DE L’ARTICLE

I. LA TENTATIVE DE SOULÈVEMENT POPULAIRE AVORTÉE

A. La victoire auto-proclamée du 08 octobre 2018 comme amorce du processu

1. Vu les délais (moins de 24 heures après la clôture du scrutin), la disponibilité de l’ensemble des résultats était impossible au niveau actuel d’intégration technologique de la télécommunication et du numérique au Cameroun

2. Vu certains indicateurs déterminants, une victoire de Monsieur Maurice KAMTO était difficilement envisageable

a) La très faible représentation du MRC dans l’ensemble des organes institutionnels à accès par voie d’élections

b) L’incapacité du MRC à satisfaire à certaines exigences du processus électoral par manque de personnel

B. L’échec de la velléité insurrectionnelle

II. LE RECOURS AUX VOIES ILLÉGALES ET ILLÉGITIMES

A. Les marches et autres appels aux manifestations en violation de la loi

B. L’activation des lobbies et autres réseaux transnationaux

Depuis la fin du mois de janvier 2019, Monsieur Maurice KAMTO, Président du MRC ainsi qu’un certain nombre de membres de son parti se trouvent en détention provisoire à Yaoundé. Il leur est reproché des faits et actes qualifiables d’infractions au sens de la loi pénale camerounaise. Ses partisans rejettent cette qualification, estimant qu’il lui est fait tout simplement une mauvaise querelle à relents politiques des suites de son engagement contre le pouvoir en place à Yaoundé.

L’objet du présent article n’est pas de trancher cette question qui, au demeurant, n’a pas besoin de mon interférence, et saura trouver son issue en temps voulu. Il s’agit ici de démontrer, faits et tous autres éléments de référence à l’appui, que Monsieur KAMTO, bien que prenant part avec une apparente conformité aux élections du 07 octobre 2018, s’inscrivait déjà dans une logique de jusqu’au-boutisme. En d’autres termes, en cas de défaite, il était déjà prêt à activer des mécanismes qui, à tout le moins, déboucheront sur la déstabilisation du pays. Ces mécanismes consistent premièrement, en la tentative de soulèvement populaire, qui a (malheureusement pour lui) avorté ; deuxièmement, en le recours à des voies illégales et illégitimes pour perturber le bon fonctionnement de la société camerounaise.

I. LA TENTATIVE DE SOULÈVEMENT POPULAIRE AVORTÉE

Tout commence par la victoire auto-proclamée du 08 octobre 2018 et s’achève par l’échec de la velléité insurrectionnelle.

A. La victoire auto-proclamée du 08 octobre 2018 comme amorce du processus

L’élection présidentielle du 07 octobre 2018 s’est globalement bien déroulée, nonobstant les préoccupations qu’imposent les revendications irrédentistes de certains compatriotes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. On en était au lendemain de cette échéance quand, contre toute attente, Monsieur Maurice KAMTO, dans un décorum de circonstance, annonce sa victoire à ladite élection, et invite le Président de la République à prendre toutes les dispositions pour la passation de pouvoir en sa faveur.

Or, la prise en compte d’un certain nombre de facteurs et de considérations trahit la duplicité et l’invraisemblance du contenu de ce message.

1. Vu les délais (moins de 24 heures après la clôture du scrutin), la disponibilité de l’ensemble des résultats était impossible au niveau actuel d’intégration technologique de la télécommunication et du numérique au Cameroun

A titre de comparaison, un peu plus de trois mois après l’élection présidentielle au Cameroun, deux élections présidentielles se sont tenues au Nigeria et au Sénégal : dans les deux cas, les résultats n’ont pas été disponibles avant une semaine. Il est, dès lors, particulièrement intéressant que Monsieur KAMTO explique aux Camerounais comment a-t-il procédé pour disposer de la totalité des résultats provenant de toute l’étendue du territoire en moins de 24 heures, toutes choses qui l’auraient donc déterminé dans sa démarche.

Par ailleurs, le MRC et ses partisans parlent beaucoup d’un « hold-up électoral » sans que la moindre preuve de leur présumée victoire soit proposée aux observateurs. Il est assez surprenant qu’aucune démonstration n’ait jamais été conduite de ce côté-là. Allons-y : la meilleure preuve d’une victoire dans un bureau de vote est le procès-verbal, document contradictoire authentique ô combien, parce que signé de tous les membres du bureau de vote. Il me semble assez facile de faire la somme des scores du candidat du MRC dans tous les bureaux de vote dont il détient certainement un exemplaire de procès-verbal, et de brandir aux yeux du monde cette somme de suffrages comme le score le plus élevé par rapport à ceux de tous les autres candidats. Ç’aurait été une bien belle manière de mettre fin à cette polémique qui n’a pas arrêté d’encombrer les supports des médias et d’occuper le temps utile des Camerounais en vains débats. On aurait alors été édifié. Sinon, comme s’est interrogée Anne Féconde BILOA dans un de ses articles, « la victoire de Monsieur KAMTO serait-elle tombée du ciel ? ».

2. Vu certains indicateurs déterminants, une victoire de Maurice KAMTO était difficilement envisageable

a) La très faible représentation du MRC dans l’ensemble des organes institutionnels à accès par voie d’élections

Avant l’élection présidentielle du 07 octobre 2018, la représentation du MRC dans diverses assemblées était la suivante :

– 1 député sur 180 à l’Assemblée Nationale ;

– 0 sénateur sur 100 au Sénat ;

– 19 conseillers municipaux sur plus de 12 000 dans l’ensemble des conseils municipaux de tout le Cameroun.

Quels sont les facteurs qui ont subitement renversé les convictions du corps électoral, au point de faire brusquement de Monsieur KAMTO le dépositaire de la majorité des suffrages alors même que ni la loi électorale (par ailleurs si décriée, mais encore en vigueur pourtant), ni les mesures accompagnant le déroulement du scrutin n’avaient connu la moindre modification ?

b) L’incapacité du MRC à satisfaire à certaines exigences du processus électoral par manque de personnel

L’élection présidentielle s’est déroulée à travers 25 064 bureaux de vote (24 998 à l’intérieur et 66 à l’extérieur). Chaque candidat dispose d’un représentant dans chaque bureau de vote (article 54 de la loi électorale). Sur les 24 998 bureaux de vote de l’intérieur, le MRC n’a pu présenter que 10 228 représentants, soit une présence relative de 40, 91%. Cette incapacité à produire le nombre de représentants requis traduit une faiblesse évidente tant en terme de volume potentiel de votants favorables que d’implantation effective sur toute l’étendue du territoire ; de même qu’elle trahit une pénétration insuffisante du tissu social par le candidat KAMTO.

A la lumière de tout ce qui précède, le candidat du MRC, M. Maurice KAMTO, non seulement n’a pas gagné l’élection du 07 octobre 2018, mais encore il ne peut même pas avoir gagné. La diffusion de son aura à travers le tissu socio-politique national est encore trop faible. Et il ne pourra progresser que s’il assume avec humilité cette position secondaire et continue à travailler avec entrain dans le respect de la légalité ambiante.

B. L’échec de la velléité insurrectionnelle

L’impossibilité de disposer de la totalité des résultats du scrutin en moins de 24 heures ainsi que l’impossibilité de sa victoire étant établies ci-dessus, l’on est alors légitimement fondé à se poser la question de savoir quel était l’objectif poursuivi par Monsieur KAMTO à travers sa saillie théâtrale du 08 octobre 2018. La recherche d’une réponse intelligible ne peut s’orienter que vers le dessein de prendre de vitesse le processus normal de proclamation des résultats tel que fixé par la loi. La volonté de violer la loi est patente ici. Davantage, l’intention coupable d’imposer tout autre résultat que celui auquel pourrait aboutir le mécanisme légal de proclamation des résultats l’est également. Fatalement, nous sommes en pleine velléité insurrectionnelle, à savoir, provoquer le soulèvement de la population, une démarche inspirée des troubles survenus en Côte d’Ivoire en 2002.

Malheureusement pour Monsieur KAMTO, il manquera l’ingrédient déterminant : ce soutien populaire qu’il a vainement recherché. En effet, toute révolution se nourrit du soutien de la majorité du peuple. Or, cette majorité s’était alignée le 07 octobre 2018 derrière le Président Paul BIYA. L’on tient là la réponse aux questionnements de Monsieur Wilfried EKANGA qui, ne comprenant pas ce qu’il considère comme l’apathie du peuple camerounais par rapport à la « tyrannie dont il est victime », a pris le parti de l’agonir d’injures et de tous autres noms d’oiseaux. Non, Monsieur EKANGA, le peuple camerounais n’est ni craintif, ni peureux, ni lâche. Son attitude n’est pas une absence de réaction. Il s’agit d’une position assumée : après avoir choisi dans sa grande majorité le Président Paul BIYA, il ne saurait en même temps, accompagner M. KAMTO dans ses égarements et autres envolées messianiques. Le peuple camerounais est conséquent. Les multiples appels à la révolte du peuple (infraction réprimée par le code pénal : attention !) de M. Wilfried EKANGA et autres ne peuvent pas prospérer pour une raison simple : le peuple ne saurait épouser la cause et prendre la défense d’un individu en qui il ne se reconnaît pas. Y a-t-il donc meilleure preuve de la légitimité, du triomphe de M. Paul BIYA que cette impassibilité du peuple camerounais face aux tribulations dans lesquelles M. KAMTO est englué ? Élémentaire ! Le peuple camerounais s’assume. Le peuple camerounais ne se retrouve pas dans ce que lui propose le leader du MRC ; il ne se retrouve pas dans les actes de défiance vis-à-vis de l’autorité de l’État ; il ne se retrouve pas dans le mépris des gouvernants ; il ne se retrouve pas dans l’instauration de la pensée unique où tous ceux qui ont des convictions différentes sont voués aux gémonies, sont livrés à l’insulte, à la vindicte, à la violence verbale sous toutes les expressions. Le peuple camerounais ne comprend pas que le MRC n’ait jamais formellement dénoncé les saccages des ambassades du Cameroun à Berlin et à Paris, car de pâles et ambigües dénégations auxquelles il s’est livré, de temps en temps, n’équivaudront jamais à une condamnation formelle. Le peuple camerounais ne comprend pas que le MRC n’ait jamais dit sa désapprobation sur les violences physiques et morales que subissent les artistes camerounais, empêchés de réaliser leurs spectacles en Europe par des individus en rupture d’harmonie avec leur destin, sous prétexte que ceux-là soutiennent le Président Paul BIYA. Les organes de presse, les chaînes de radio et de télévision, les leaders et personnalités d’opinion qui soutiennent Monsieur KAMTO au Cameroun ou à l’étranger ont-ils jamais été inquiétés pour autant ? Les éléments qui précèdent, donnent du MRC l’image d’un parti anti-républicain, voire fasciste. Comment ne donc pas suivre ceux qui affirment l’existence des liens entre le MRC et les auteurs des actes de Paris et de Berlin ? En tout cas, il aura bien du mal à se débarrasser de cette étiquette tant qu’il ne se sera pas clairement prononcé, pour le moins.

Il y a certainement des choses à redire sur le climat social actuel et dans le quotidien des Camerounais. Mais les Camerounais vaquent librement à leurs occupations tant qu’ils ne sont pas en porte à faux avec la loi ; ils s’expriment librement dans les médias ; ils critiquent sans gêne le pouvoir en place ; aucun homme politique n’a jamais été interpellé pour avoir exprimé sa différence de vue ou d’opinion ; les journaux et autres chaines de radio ou de télévision qui soutiennent les adversaires politiques du régime n’ont jamais été inquiétés et poursuivent la diffusion de leurs programmes sans désemparer.

Pour ces motifs et tous autres, le peuple camerounais dans sa large majorité (71,28 %) a estimé que le Président Paul BIYA, pour le moment et dans toute la classe politique camerounaise, est celui qui cristallise encore le mieux ses aspirations. Voilà pourquoi le peuple assiste, impassible, imperturbable, aux misères de Monsieur Maurice KAMTO ; voilà pourquoi il l’abandonne, seul face aux rigueurs de la loi. Une loi qu’il a, dans toute son arrogance, transgressé sans la moindre retenue. Et en face de ce peuple, il n’y a que quelques cyber terroristes qui entretiennent l’illusion d’une majorité ; hélas, une majorité fictive, dans l’impuissance de contrebalancer la majorité réelle, regroupée dans tout son patriotisme derrière un Président de la République qu’elle a librement choisi. Et voilà pourquoi la tentative insurrectionnelle a échoué. Voilà pourquoi elle ne pouvait pas réussir.

II. LE RECOURS AUX VOIES ILLÉGALES ET ILLÉGITIMES

Je viens de démontrer dans la première partie que le candidat du MRC était animé dès la fin du scrutin d’intentions insurrectionnelles. Ces velléités ayant échoué, il ne s’est pas arrêté là. Il a entrepris des actions visant à accéder à ce qu’il n’a pas pu obtenir par les urnes, et au besoin, provoquer une instabilité générale du pays.

A. Les marches et autres appels aux manifestations en violation de la loi

La Constitution et la Loi garantissent à tous les Camerounais, entre autres, la liberté de manifester. Mais l’exercice de cette liberté est subordonné à des conditions qui permettent que celle des autres individus ne soit pas perturbée d’une part, et que l’ordre public ou l’intérêt général ne soient pas violés d’autre part.

Les marches du MRC ont été interdites par l’autorité administrative. Et le MRC a violé cette interdiction, acte dont le caractère infractionnel, au demeurant, a été reconnu par Me Claude ASSIRA, tenor du Barreau dans notre pays et qu’on ne risque pas d’accuser d’intelligence avec le pouvoir en place (loin s’en faut). Il reconnaît comme infraction, le fait pour les partisans du MRC «…d’avoir maintenu leur manifestation, malgré l’interdiction opposée par les autorités administratives » (Mutations n° 4846 du 30 avril 2019, P. 10).

Passer outre cette interdiction est l’expression d’une mesquine volonté de montrer aux yeux du monde que « l’on ne craint rien » ou que « l’on n’a peur de personne », même pas de l’Etat et de ceux qui incarnent son autorité. C’est une attitude de défi qu’aucun pays au monde ne peut tolérer sur son territoire, à commencer par toutes ces démocraties libérales occidentales chez qui la notion d’ordre public est sacrée. C’est une bravade qui traduit tout le mépris que Monsieur KAMTO a pour l’Institution, au sens mythique du terme.

La doctrine de l’ordre public célébrée par tous les théoriciens du monde ne fait aucune concession à l’anarchie. Permettre la transgression d’un acte posé par une autorité administrative, c’est-à-dire cet agent public qui incarne la puissance publique, sans conséquence de droit, c’est poser un précédent qui sonne le début de la délitescence étatique, c’est-à-dire la fin d’un ordre qui garantit l’existence d’une société humaine, cohérente, organisée et gouvernée. Aucun traité, aucune convention ne peut défendre une cause du genre. Dans tous les pays du monde, l’exercice d’une liberté est toujours assujetti à une réglementation.

En Occident qui est le repère adoré de ces gens, certains systèmes juridiques vont même plus loin, en prévoyant en leur sein des mesures de maintien de l’ordre préventives : des mesures d’interdiction d’exercice des libertés peuvent être prises parce que l’autorité investie du pouvoir administratif estime qu’il y a tout simplement risque de débordement ou de dégradation. Et c’est elle qui en apprécie l’opportunité. De telles mesures ont été prises récemment en France face aux « gilets jaunes ».

Compte tenu de ce qui précède, tous les prévenus du MRC doivent être jugés conformément à la loi et condamnés, si les faits qui leur sont reprochés sont établis. Il est question ici, entre autres, de faire exemple face à toutes ces velléités anarchisantes observées dans notre pays des suites d’une mauvaise assimilation de l’idée démocratique.

Le cas spécifique de Monsieur KAMTO, au-delà des reproches que l’on peut faire à tout le MRC, est particulièrement édifiant sur les dérives dont l’être humain est capable à partir du moment où il perd la mesure ou le sens des choses. Nous sommes en octobre 2004, juste après l’élection présidentielle. Voici la déclaration de Monsieur KAMTO : « la Cour Suprême statuant comme Conseil Constitutionnel a arrêté et proclamé les résultats de l’élection présidentielle du 11 octobre 2004. On en connaît le vainqueur. Exit donc la bataille des chiffres. Car, pour ceux qui sont attachés à la légalité républicaine, les décisions de cette auguste juridiction sont comme des dogmes. Non pas qu’on n’y puisse déceler parfois quelques acories, mais notre système juridique pose pour principe immuable qu’en disant le droit, la haute juridiction, tel le Pape, est habitée par la grâce d’infaillibilité. C’est pourquoi elle parle no varietur, une fois pour toutes. Et ce qu’elle arrête et proclame est sans recours ».

Comment expliquer alors aux Camerounais que ce même M. KAMTO ait organisé des marches, en violation de l’interdiction décidée par l’autorité administrative, pour contester de manière sauvage, la décision de proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 07 octobre 2018 par le Conseil Constitutionnel, Juge Suprême en la matière au Cameroun et qui, comme lui-même le reconnaît ci-dessus en des termes, du reste, plus dithyrambiques, statue en premier et dernier ressort ? Comment comprendre ce viol de sa propre conscience, s’il n’était pas déjà descendu dans les abysses de la perdition, aveuglé comme il l’était par la soif de pouvoir et sous la pression d’obscures influences ?

La pleine conscience de la gravité de l’acte posé et du risque pris par l’intéressé doit être considérée comme une circonstance aggravante à prendre en compte par la juridiction compétente au moment de l’exercice de son office. Une telle disposition se présente comme un des facteurs favorables au retour de la sagesse dans le fonctionnement de la société camerounaise.

B. L’activation des lobbies et autres réseaux transnationaux

L’hostilité des ONG telles que Human Rights Watch, Amnesty International ou autres International Crisis Group vis-à-vis du pouvoir de Yaoundé est une lapalissade. Point n’est donc besoin de deviser sur leur position, ni sur leurs littératures sur ce qui est convenu d’appeler l’affaire KAMTO. L’intérêt est dans l’expression des « nouveaux venus » tels que l’Institut de Droit International et le Parlement Européen.

Pour le premier, dirigé par le professeur Marcelo G. KOHEN dont les accointances avec Monsieur KAMTO relèvent de la trivialité, l’aventure dans les affaires intérieures du Cameroun n’est pas allée bien loin après qu’il s’est fait courtoisement, mais fermement remonter les bretelles par l’Ambassadeur Anatole Fabien NKOU, Représentant Permanent du Cameroun auprès des Nations Unies à Genève, à travers une mise au point qui soulignait, sans concession, les graves dérives de sa démarche dans la forme comme dans le fond. Le silence assourdissant qui s’est ensuivi, jusqu’à présent, est indicateur du retour de lucidité qui a dû se produire chez l’intéressé.

Quant au Parlement Européen, je ne reviens pas sur l’inobservation des mécanismes qui régissent la coopération entre parlements régionaux et qui a si bien été soulignée par notre compatriote Roger NKODO DANG, Président du Parlement Panafricain. Le Cameroun doit beaucoup à l’Union Européenne dont l’engagement aux côtés des autorités camerounaises dans la réalisation de grands projets de développement dans notre pays est remarquable et incontestable. Il ne peut donc qu’être regrettable que des incompréhensions aient pu se glisser dans ce bel attelage de coopération pour aboutir à cette malheureuse résolution du 18 avril 2019. Malheureuse parce que loin de la vérité des faits tels que nous les vivons au Cameroun.

Je pense sincèrement qu’au lieu de se faire l’écho de ces revendications en asymétrie avec la situation réelle au Cameroun, le Parlement Européen devrait reprendre contact avec les autorités camerounaises dans le cadre de démarches plus orthodoxes susceptibles de déboucher sur des solutions concertées et pertinentes aux problèmes que connaît notre pays.

Les réflexes d’affinité et d’appartenance ayant épuisé leurs effets, le pragmatisme des relations internationales se doit de reprendre sa place : le Président Paul BIYA a été élu par l’écrasante majorité des Camerounais. Cela est incontestable. Ceux qui poussent des cris d’orfraie aujourd’hui, à commencer par Monsieur KAMTO, le savent très bien. Le Président Paul BIYA est l’interlocuteur que la Nation camerounaise a désigné pour résoudre ses problèmes et la conduire sur les voies de la paix et du développement. Il n’est pas sage de feindre de ne pas le savoir ou encore de le perdre de vue. Certains organes de l’ONU et de l’Union Européenne l’ont compris qui ont séjourné récemment au Cameroun dans le cadre des missions d’information. Celle de Madame Michelle BACHELET, Haut-Commissaire en charge des Droits de l’Homme aux Nations Unies, en est la plus récente. Aucun Etat dans le monde n’a encore franchi le rubicon dans le sens de la remise en cause des relations de coopération avec le Cameroun. Les autorités camerounaises demeurent ouvertes au dialogue. Elles ont, au demeurant, déjà invité le Parlement Européen « à venir voir lui-même la situation qui prévaut au Cameroun » (cf. Cameroon Tribune, 30 avril 2019, P. 7).

En définitive, le MRC et son patron, probablement mal conseillés, se sont considérablement mis en difficulté. Et la solution ne me semble pas résider dans les pressions internationales. Le Cameroun est un pays solide, structuré et gouverné qui en a vu d’autres. Les injonctions y ont rarement fonctionné. La solution est dans l’humilité et dans une véritable attitude de contrition, chemin que ne semble pas prendre le vice-président de ce parti, célèbre pour ses déclarations incendiaires et ses « fatwah » sur les gouvernants. En tout cas, « la justice sera rendue sur le territoire de la République au nom du Peuple camerounais » (article 37, alinéa 1 de la Constitution).

*Benoit Ndong Soumhet

*Citoyen camerounais,

Élite de la LEKIE

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