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Alphonse Ateba Ndoumou : « Amogou Belinga ne peut être présenté comme le mouton noir du journalisme camerounais »

Ce qui est convenu d’appeler l’affaire du parrainage de Jean Pierre Amougou Belinga de la 53ème promotion de journalisme à l’Esstic continue d’alimenter les polémiques sur la toile. Le journaliste et enseignant à l’Esstic, Alphonse Ateba Ndoumou est revenu sur la polémique du parrainage à l’Esstic, comme l’a noté Lebledparle.com. Selon Alphonse Ateba Ndoumou « Les étudiants de l’Esstic n’ont donc pas tort de vouloir s’allier les privilèges d’un tel magna de la presse ».

Amougou Belinga

Amougou Belinga à l’Esstic

Il faut savoir faire la part des choses

Il faut faire la part des choses, au nom de la vérité. Et la vérité est là, en trois points :

1- Amougou Belinga(AB) est incontestablement un grand patron de presse, peut-être le meilleur de l’heure au Cameroun, et dans la sous-région, toute chose étant égale par ailleurs. Et personne, pour l’instant, ne peut dire mieux, même pas dans le secteur public. Les étudiants de l’ESSTIC n’ont donc pas tort de vouloir s’allier les privilèges d’un tel magna.

2-  Du point de vu des seuls canons d’un métier connu et universellement normé, l’on ne peut citer AB en modèle professionnel pour les journalistes, ni jeunes ni vieux, ni ici ni ailleurs. L’ESSTIC, institution universitaire de référence, n’a donc pas tort de se défier ou de se méfier d’une pratique professionnelle difficilement opposable à la raison.

3- Mais attention ! Non, et en aucun point, AB ne peut être présenté comme le mouton noir du journaliste, ni du journalisme camerounais. Au contraire, il en est le fleuron, l’idéal type, dans un programme d’anéantissement voulu et entretenu par des pouvoirs publics qui, en prenant l’option de précariser la presse pour la soumettre, l’ont abandonnée à l’habitant, au forban, aux puissances les plus illisibles.  Dans la foutaise qui en a résulté, le métier universellement normé est mort depuis longtemps au Cameroun. Bien sûr qu’ici et là subsistent quelques téméraires au dévouement sacrificiel, pour une cause en pointillés ; mais, pour l’essentiel, l’on assiste à l’assomption de la trame vaporeuse autant que hideuse d’une pratique journalistique sur commande, aux ordres, organique, guidée par des puissances, au service des intérêts, par-delà les nuances de style…  Suffisant pour que certains promoteurs en profitent pour mettre les journalistes sous respiration artificielle, ratatinés en d’humanoïdes baveux, morveux, envieux, piteux, sans Convention Collective, sans Contrat de Travail, sans Sécurité Sociale, sans salaire, sans aucune gratification, ni filtre à l’accès… Parlez-moi d’enclos négriers ! Ils y communient pour la très immense majorité.  AB ne fait pas mieux, il fait juste différent, de donner aux journalistes les rudiments de dignité qui leurs permettent d’exercer le métier qu’ils ont choisi. A ce compte, AB est bien un bon journaliste du Cameroun, selon la volonté du Cameroun, suivant les balises posées par les donneurs d’ordre camerounais. Et il arrive de temps en temps qu’ils déteignent sur son milieu ; mais, que l’on ne vienne pas imputer à AB les insuffisances d’un écosystème atypique, où l’on finance tout, la défense, la santé, l’éducation, l’agriculture, la culture et même la nourriture, y compris en appuyant des commerçants privés, des opérateurs douteux, tout, sauf le bien public stratégique qu’est l’information de service public, à ne pas confondre avec le service public de l’information.  Voilà où niche la bête et la bêtise, la méprise teintée de mépris. Voilà où il faut tirer, et non sur AB, coupable seulement d’abuser de son juste droit au journalisme en commandite, comme tous les autres… Et puis, facteur aggravant, en guise d’illustration, est-ce vraiment le hasard ou la faute d’AB si le Conseil National de la Communication, gardien du temple journalistique, est périodiquement humilié devant les tribunaux par des individus ? c’est que le Cameroun a bien fait le choix de son journalisme idéal, n’évoquant la norme universelle du métier que pour déjouer la vigilance des fakirs et des moines, à l’encan, au plus offrant…

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Reste la faute d’AB, celle qui lui vaut cet épisode de lapidation et qui pourrait en appeler d’autres.  C’est de ne pas toujours comprendre, malgré les péripéties qui grondent, qu’en société, les capitaux financiers cohabitent avec d’autres capitaux, parfois plus subtils, et dont il faut user comme de la science, avec conscience. Et la première de toutes les consciences sociales est une éthique des mœurs articulée au milieu. Qui plus est, par-dessus tout, et pour ceux qui en sont d’authentiques dépositaires, l’éthique du zomloa implique beaucoup de pudeur, de la retenue, de la manière, dans la démarche de rapprochement des vivants et des morts. Non, nos morts sont comme l’argent de vos jours ; ils n’aiment pas les bruits, le boucan, le tape à l’œil, la fatuité, le crapaud qui se prend pour le bœuf… hallucination ! L’on peut néanmoins concéder à AB des circonstances atténuantes. En fait, Personne ne peut tout apprendre en un jour ni en une session. Aussi est-ce par générosité chrétienne que je consens à compléter la formation du frère par ce cours inachevé à l’initiation. Alors, quelqu’un peut –il aider AB à répéter après moi, « engong zomlo énë minkol, asu fine, azombo, ebubud nkobo, ebubud nnem…  » engoé totoé !  »

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