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Maurice Kamto réaffirme son appel à l’insurrection : « Toutes les forces progressistes doivent s’unir pour délivrer notre peuple de 40 ans de dictature »

KTO

«L’heure est grave ! La Société civile, les Intellectuels et les Universitaires camerounais, le MRC et toutes les forces progressistes doivent s’unir pour délivrer notre peuple de près de quarante ans d’un régime dictatorial», dixit le leader du MRC dans une nouvelle sortie effectuée hier, 30 août 2020 sur Facebook.


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Maurice Kamto (c) Droits réservés

Dans cette lettre Aux membres de la société civile, intellectuels et universitaires camerounais ayant pour objet : « Situation politique de notre pays et appel à un front commun républicain pour sauver le peuple camerounais du désastre », Maurice Kamto est dans la continuité de la conférence de presse qu’il a donnée lundi 24 août 2020. Votre journal vous dévoile ci-dessous, l’intégralité de son texte.

Mesdames, Messieurs les membres de la Société civile, les Intellectuels et Universitaires camerounais,

Je me suis adressé au peuple camerounais, le lundi 24 août 2020, sur la base de la situation sécuritaire catastrophique de notre pays, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et des vives tensions politiques qui persistent depuis le scrutin présidentiel d’octobre 2018.

Le message principal de mon adresse était la mise en garde ferme de M. Paul BIYA et de son régime sur l’organisation de toute nouvelle élection dans notre pays sans satisfaire aux deux exigences suivantes :

– Négociation et mise en place d’un cessez-le feu dans le cadre du conflit armé dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ouvrant la voie à un véritable Dialogue Nationale Inclusif ;

– Réforme consensuelle du système électoral.

Certains parmi vous ont voulu donner une chance à la paix en participant ou en soutenant le « Grand Dialogue National », organisé du 30 septembre au 4 octobre 2019. Cependant, près d’un an après sa tenue, près d’un an après, chacun peut constater que le régime a, une fois de plus, abusé de la confiance de tous ceux qui, de bonne foi, ont cru qu’il entendait mettre un terme aux tueries dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest de notre pays. 

Depuis la fin de ce Grand Dialogue National, la situation sécuritaire n’a cessé de se dégrader. Lors du double scrutin municipal et législatif du 9 février 2020 que M. Biya a tenu, contre toute logique politique et donc simplement par bravade, les Camerounais et plus spécifiquement les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ne se sont pas senties concernées. C’était déjà le cas dans ces deux régions lors du scrutin présidentiel du 7 octobre 2018. Les « élus » des deux régions et leurs familles sont aujourd’hui, pour la plupart, des déplacés internes voire réfugiés au Nigeria, car ils ne se sentent pas en sécurité sur leurs régions, même avec la protection de l’armée.

Nous avons amorcé des discussions en vue d’une perspective de collaboration entre nos deux formations politiques à l’occasion de l’élection présidentielle. Ces contacts doivent se poursuivre.

Comme je l’ai toujours dit, nul ne peut rassembler à lui seul toute l’intelligence et toutes les forces nécessaires pour faire changer la donne dans un pays. Aussi, quels que soient les éventuels désaccords qui pourraient exister entre nous, j’ai besoin de vous, le peuple a besoin de nous.   

Mesdames, Messieurs,

Le régime essaie d’afficher un semblant de normalité pour leurrer la communauté internationale, mais chacun peut voir que notre pays tombe en ruine. Le régime de M. BIYA a volé le rêve de plusieurs générations de Camerounais. Nos compatriotes des régions anglophones et ceux victimes de la lutte contre Boko Haram vivent l’enfer dans une sorte d’indifférence du régime et de la communauté internationale. Les finances publiques sont en difficulté. La situation sociale est catastrophique, l’extrême pauvreté cesse de gagner du  terrain. La gestion du Covid-19 a confirmé la médiocrité du leadership du régime. La situation est bloquée et le pays est au bord de l’implosion.

Devant cette situation d’urgence d’une exceptionnelle gravité, nous devons dépasser toutes nos divergences pour sauver notre peuple du désastre. 

Aussi, je viens très humblement vous exprimer mon souhait de voir nos deux formations politiques, qui ont en commun de mettre l’homme au centre de toute action, travailler ensemble à changer le régime en place en faisant partir M. Biya du pouvoir, s’il engageait de nouvelles élections sans satisfaire au préalable aux deux rappelées ci-dessus. Nos militants et sympathisants respectifs, et même le peuple camerounais épuisé par la gouvernance irresponsable de son régime depuis près de quarante ans, sont en demande de cette union d’action. Ils ne comprennent pas l’intérêt de multiplier les participations aux élections dans un pays fragilisé au plan sécuritaire, en ruine économique et sociale et où les résultats des scrutins sont connus d’avance. 

Mesdames, Messieurs,

L’heure est grave ! La Société civile, les Intellectuels et les Universitaires camerounais, le MRC et toutes les forces progressistes doivent s’unir pour délivrer notre peuple de près de quarante ans d’un régime dictatorial, incompétent et irresponsable.

Je me tiens à votre disposition pour toute réflexion et action allant dans le sens de la mutualisation de nos efforts pour amener le régime en place à satisfaire les deux exigences ci-dessus indiquées. Il y va de l’avenir de notre pays.

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