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Climat des affaires au Cameroun : décorations scandaleuses, bal masque des magistrats, le mal vient du cœur du pouvoir

Dans son billet de la semaine publié le 10 octobre, l’ancien député Evariste Fopoussi Fotso exprime des inquiétudes concernant le climat des affaires au Cameroun et la manière dont la justice est perçue dans le pays. La tribune exprime des préoccupations concernant l’impartialité de la justice au Cameroun et souligne que cela peut avoir un impact négatif sur le climat des affaires et le développement économique du pays. Lebledparle.com vous propose le texte intégral.

Evariste Fopoussi Fotso

Un évènement à consonance économique a pris de court l’opinion publique nationale la semaine dernière. Il s’agit de la décoration dans une cérémonie solennelle au Palais des Congres à Yaoundé,  la semaine dernière, de quarante-quatre membres des fameuses Talk Forces qui ont été cites dans les malversations qui ont entaché la gestion des infrastructures de la Can et son déroulement, ainsi que  les fonds alloues à sa gestion, ainsi que les fonds alloués à la  lutte contre le covid-19. Cet événement a refroidi tous les adeptes de l’État, car depuis des mois, les medias nationaux, les réseaux sociaux et particulièrement la Chambre des Comptes, accusent ces Talk Forces d’être impliquées dans de vastes mouvements de détournements de deniers publics qui ont entouré la gestion des évènements ci-dessus cites. Il s’agit là d’un dédain manifeste, particulièrement a l’endroit du système judiciaire dont la Cour Suprêmes est la plus grande instance tout comme il traduit le  peu de souci que le gouvernement accorde à l’image que l’opinion se fait du système judiciaire national, un élément fondamental dans la perception que les investisseurs se font du climat des affaires en général.  Comme par hasard nous avons sonné l’alarme là-dessus la semaine dernière dans notre précèdent billet qui faisait échos de nombreux signaux d’alarmes qui venaient de certains de nos pays amis.

Comme si cela ne suffisait pas, on a encore  pris connaissance cette semaine  de l’éruption  sur la scène judiciaire d’une nouvelle affaire dans laquelle la justice renoue avec les pérégrinations qui la caractérise jusqu’ici dans les contentieux concernant le monde des affaires. On n’en a pas encore fini avec ses tripatouillages dans les affaires du Port Autonome de Douala contre le groupe Bolloré, l’homme d’affaires Baba Danpullo aussi bien contre ses partenaires vietnamiens dans la société Nexttel, que contre la société de te communication sud-africaine Mtn. A ces vieilles affaires vient de s’ajouter une nouvelle qui oppose la banque Citibank à l’homme d’affaires Emmanuel Peughouia, le patron de la société Quiffeurou, à qui Citibank réclamerait le remboursement d’une créance de 2,95 milliards de FCFA. Et comme dans les affaires précédemment citées, comme si au lieu de rechercher la justice, elle se comporte comme  si elle est manipulée par des réseaux occultes au service des intérêts politico-mafieux.

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Sur un plan plus général, de même qu’elle se met au service du pouvoir pour malmener les droits des citoyens, de même elle refuse systématiquement de se saisir des cas flagrant de maltraitance de l’intérêt général, particulièrement en matière de corruption et de détournements de deniers publics. Ainsi persiste-t-elle à fermer les yeux sur les nombreux scandales en la matière depuis des années, a l’exemple  des malversations opérées pour la construction des infrastructures de la Can et son organisation et dans la gestion des fonds provisionnes dans les article 65 et 04 du budget, sans oublier l’incendie de la Sonara qui a fait perdre plus de 400 milliards à l’État ou le récent scandale de corruption a la Snh et a Sonara par la multinationale suisse Glencore.

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Pourtant, il est de notoriété publique qu’en plus d’être l’un des piliers d’de la démocratie, l’existence d’une justice indépendante, promouvant le respect des droits humains, la justice sociale, la protection des personnes et des biens, qui assure l’application cohérente et uniforme de ses décisions, est non seulement l’une des caractéristiques d’un état de droit, mais aussi l’un des prérequis d’un bon climat des affaires de nature à encourager et à protéger les investissements et leurs promoteurs qui sont les principaux  leviers du développement.  Un idéal dont notre pays semble de plus en plus s’éloigner.

Evariste FOPOUSSI FOTSO

 


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