in

Calixthe Beyala : « Le pouvoir doit changer de mains et de région »

Depuis quelques jours la femme de littérature donne son point sur son pays d’origine. Ces sorties multipliées ne rencontrent pas forcement l’assentiment de tous ses compatriotes. Certains vont loin en stipulant qu’elle a changé de veste. En guise de réponse, elle dit non, puisqu’elle n’a jamais cette veste en question. Elle continue d’affirmer que le pouvoir doit changer de main.

calixthe Beyala

Je ne peux pas retourner une veste que je n’ai jamais portée !

Il semblerait que j’aurais retourné ma veste : heureusement que la grosse majorité des camerounais savent ce que c’est qu’un écrivain, un esprit ouvert à tous, point !

Et je remercie car plus de 90% de la population est alignée sur ma position.

Mon Dieu, quelquefois, je me demande ce qui a bien pu arriver aux élites du Cameroun, notamment à nos faux journalistes.

Au lieu d’informer les peuples, ils les désinforment.

En tant qu’écrivain, je ne possède la carte d’aucun parti au Cameroun et encore moins celui du RDPC ; je n’en suis même pas sympathisante.

En tant qu’écrivain, je n’ai jamais appelé à voter pour un parti ou même assisté à un meeting d’aucun parti.

Je n’ai même jamais porté leur tenue.

Au Cameroun, les hommes et les femmes appartenant à tous les partis politiques du RDPC au SDF en passant par l’UPC par exemple, me fréquentent.

Nous parlons ensemble par amitié ou avons des échanges politiques.

En 2019, j’avais effectivement soutenu la position selon laquelle Paul Biya avait gagné les élections ; je ne retire en rien mes propos, car,  au regard de la configuration du pays, il ne pouvait que gagner !

D’où vient-il qu’un taré écrive que j’aurais retourné une veste que je n’ai jamais porté ?

En France, je n’appartiens à aucun parti, et je fréquente tout le monde de la gauche à la droite. Même Marine Le Pen m’a fait l’honneur de dîner avec moi ! Tous les hommes politiques français à quelques exceptions près connaissent le chemin qui mène chez moi ! Ce qui n’empêche cela que je dénonce des choses qui me déplaisent depuis des décennies. J’y organise même des manifestations géantes contre certains méfaits des politiques qui sont sensés être des amis !

Personne n’a jamais dit que j’ai retourné ma veste. C’est mon rôle d’écrivain, tout simplement.

Je dis et je répète : Franck Biya ne doit pas succéder à son père, cela ne signifie nullement que je suis contre le RDPC

A moins que ce parti estime qu’ils ne valent rien collectivement et individuellement, alors qu’ils présentent Franck Biya, c’est un droit, mais c’est maladroit.

Ce pays dirigé par ce gang de malfrats est par terre.

Ils ont pillé les caisses de l’état qui sont vides, et l’impunité règne ! Une véritable honte mais compréhensible lorsque l’on voit des images humiliantes concernant le Cameroun qui circulent dans le monde entier.

Qui dirige donc ce pays ?

Le Cameroun n’est pas un Royaume.  Le pouvoir doit changer de mains et de région. En dehors du Sud qui le confisque depuis 40 ans, il y a bien 9 autres régions avec des hommes cultivés, peut-être pouvant relever le défi de changer les mentalités et d’impulser le développement du Cameroun.

Non, je ne peux pas avoir retourné une veste que je n’ai jamais porté.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

capture 4

Cameroun : La revue de presse du mardi 20 décembre 2022

316533910 3222238554753582 7528082610605251633 n 1

Cinéma : Le film “DISAPPEARED” de Romario Tchoupou projeté à paris