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Martin Camus Mimb : « Ngwéha Ikouam Fils est un artisan majeur de la Dynamo de Douala »

Après Modeste Mbami, la grande famille du football camerounais vient encore d’être touchée ce matin. En effet, cette nuit, l’ancien entraineur adjoint des Lions Indomptables, Ngwéha Ikouam Fils est mort à Yaoundé dans un accident de circulation. Dans une tribune publiée sur Facebook, le journaliste sportif Martin Camus Mimb lui rend un vibrant hommage.

Ikouam Mbami

Lebledparle.com vous propose le texte intégral

LE GUARDIOLA DES PAUVRES…

Commençons par ce qui parait étrange. Ce 23 janvier au petit matin, on apprenait le décès du Coach Gweha Ikouam. Comme dans la nuit du 23 janvier 2021, on apprenait le décès de Emmanuel Loga. Le même mois de janvier qui a pris aux aurores Modeste Mbami. Quelle tragique destin pour des personnages liés par le succès de la Dynamo de Douala. Gweha était celui qui allait chercher les gamins dont Modeste Mbami pour bâtir la Dynamo de Douala, Emmanuel Loga était le Président qui accompagnait financièrement, Modeste Mbami, l’un de ses joueurs sortis de nulle part par la magie de la vision footbalistique du Guardiola des pauvres, Gweha Ikouam. Ce sont là, les artisans majeurs de l’équipe de rêve de la Dynamo de Douala, que les cieux ont décidé de regrouper pour le tournoi macabre. C’est troublant. La disparition subite de Gweha Ikouam donne juste l’impression d’un puzzle en reconstitution dans l’au-delà. Quelle tragédie !

Pourquoi le Guardiola des pauvres ? Parce que pour ceux qui ont eu la chance de croiser Gweha Ikouam sur leur chemin, ils n’ont pas échappé au cours tactique qu’il donnait de façon systématique, soit pour s’inquiéter de la direction que prend le football, soit pour regretter qu’il ne soit pas écouté malgré son expertise, soit pour vous annoncer un nouveau projet, comme lui seul savait les pondre. C’était un académicien du football, dont le génie s’est parfois dilué dans une incompréhensible instabilité. Il pouvait faire la phase aller avec Dynamo et être champion, l’abandonner pour aller prendre le Racing de Bafoussam à la phase retour. Il avait une logique qui déroutait tout le monde. Parce qu’il aimait être compris, être sûr d’être compris. Il y a très peu d’entraîneurs de sa génération ou celle d’après, qui pouvait l’affronter sur un débat sur la tactique. C’était un monstre. Souvent incompris aussi des joueurs, ils finissaient par leur vendre le langage qu’ils comprenaient plus facilement: l’interaction des forces transcendantes pour vaincre l’adversaire. Ne cherchez pas à comprendre, mais tout le monde aimait bien que Gweha leur raconte tout cela. Ministres comme Présidents de clubs, joueurs comme supporters. Le génie. Et tous y passaient.

Dans son phrasé lent et lourd, son regard dissimulé derrière des grosses lunettes qui vous indiquaient des difficultés d’optique, cet homme était capable de vous vendre le Barca, là où personne ne voyait comment. D’une assurance débordante, il était capable de faire des choses audacieuses là où chacun a peur. Nous sommes à la Coupe des Nations 2008. Il est adjoint de Otto Pfister. Le bus des Lions Indomptables arrive au stade pour un match. Il est le premier à sortir. Balançant le sel ici et là. Nous sommes à la Can.  Je n’en reviens pas. Lorsque après je discute avec lui et je lui fais remarquer que c’est pas correct à ce niveau de la compétition, il sourit et me dit: « Même les joueurs que tu vois, se sentent reboostés quand ils ont l’impression d’être protégés ». Sacré Gweha. Il explorait la psychologie du joueur pour obtenir la performance. Comme ce joueur des Lions qu’il a appelé la veille d’un match au Ghana, pour lui annoncer qu’il marquerait le lendemain. Et ça s’est réalisé. C’était ça Gweha Ikouam. Mystérieux et fin connaisseur du football.

Mais combien savent que son petit nom c’était « JIMMY ». Combien savent que c’est au Collège Liberman qu’il a hérité de ce nom, parceque très bon guitariste, il était la star de l’établissement et reprenait avec maestria tout le répertoire de Bob Marley, tout en étant bon footballeur. Il est resté rasta jusqu’à sa mort. Par son look et ces cheveux qu’il gardait toujours, par son petit côté rebelle qui pensait révolutionner le football. Comme Guardiola. Mais il était parmi les pauvres, et on se contentait de ses théories. Chante avec nous Jimmy : « No woman no cry… ». Que Dieu accueille ton âme et veille sur ta famille.

Martin Camus MIMB

 

 

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