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Ekodo Mveng : « dans le contexte camerounais, le bon opposant est celui qui se tient à bonne distance des institutions »

L’analyste politique a commis une réflexion pour donner son point de vue par rapport à l’actualité au tour de Maurice Kamto concernant son déplacement à la présidence de la République et qui a fait polémique sur la toile.

Ekodo Mveng SR

Ailleurs on peut même entrevoir des rencontres, des échanges et discussions entre les leaders politiques du sérail et de l’opposition autour des règles électorales et sur d’autres questions nationales telles que la forme de l’État, les conditions d’entrer au gouvernement…sans que cela ne fasse jaser.

Mais dans le contexte camerounais, le bon opposant est celui qui se tient à bonne distance des institutions et qui n’a aucune tractation occulte avec les pontes du régime.

Maurice Kamto et Garga Haman Adji ont ainsi construit une bonne part de leur légitimité populaire à partir de leur acte de démission d’un gouvernement associé à l’échec, à la corruption et à la mangeoire.

Cette hypothèse est vérifiable parce que, le charisme du Chairman Ni John Fru Ndi qui aux années de braise et des villes mortes en 90 avait refusé de prendre un portefeuille ministériel et de rencontrer Paul Biya au départ s’est érodé progressivement avec sa présence répétée à Etoudi lors des Cérémonies. Donnant lieu à penser dans l’opinion, et entretenant le soupçon qu’il s’était gravement compromis.

On pourrait rallonger cette liste en soulignant que Joshua Osih qui était fortement attendu à la tête du SDF et même dans le champ politique camerounais connaît un rejet populaire aujourd’hui que parce que les militants radicaux de l’opposition, et singulièrement ceux du MRC entretiennent dans l’opinion l’idée qu’il gagne des marchés à la présidence.

Les mêmes militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun ont également obtenu la stigmatisation du leader du PCRN en le présentant régulièrement comme un traitre de l’opposition à la solde du cabinet civil et à la recherche d’un strapontin que le professeur Kamto lui a refusé en choisissant contre ses intérêts de mener la résistance aux côtés du petit peuple martyrisé.

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Ainsi la participation électorale de Cabral a fortement été associée à la pression des mallettes, à un primat vicieux, égoïste et cynique du moi sur les intérêts collectifs autour du code électoral.

Dans la même logique, si un ministre comme Bello Bouba ne fait plus foule y compris dans ses anciens bastions de Ngaoundéré et Garoua, ou si l’UPC d’Augustin Frédéric Kodock s’est essoufflée, c’est bien parce que ces leaders étaient restés longtemps proches du pouvoir.

Conclusion, le service de communication du MRC et leurs militants fanatiques peuvent se défendre autant qu’ils pourront, mais cette nouvelle si elle est fondée, desservira leur leader dont la séduction politique s’est construite sur la figure immaculée d’un dernier saint politique dans une forêt de cupides et de corrompus.

Aussi, c’est bien cette distance  sécuritaire de MK avec un  Étoudi souvent considéré comme lieu non recommandable ou infecté par la gabegie qui polarisait la lutte entre les radicaux de la diaspora, des milieux intellectuels et de la société civile.

Donc franchir ce pont salin laisse à penser que ceux des militants de base, anonymes qui résistent encore en dehors des sphères institutionnelles ou qui refusent d’aller s’abreuver à la source du pouvoir sont stratégiquement idiots ou naïfs.

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Personnellement, des amis sympathiques au régime ont souvent voulu me faire croire que Maurice Kamto  dînait silencieusement avec ses anciens collègues du pouvoir pendant que nous on se sacrifie pour rien, que les militants  de la BAS sont poussés à l’exil et que d’autres jeunes militants du MRC ont payé le lourd tribut des incarcérations; mais je n’ai jamais crû en me disant que ce sont des relents ethnorégionaux conservateurs qui veulent montrer que tout le monde est pourri  et que Kamto ne peut être l’alternative ou le messie tant attendu au Cameroun.

C’est pourquoi, en considérant les exploitations médiatiques de cette visite privée à la présidence si elle est fondée et indépendamment des explications, Maurice Kamto, après la poussière de l’affaire Survie cameroon qui a refroidi plusieurs de ses sympathisants devrait faire extrêmement attention à ses démarches. Sauf si dans son évaluation du rapport de force il sent qu’il est épuisé par le pouvoir et qu’il vaut mieux de voir ses enfants grandir…

 


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