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Daniel Claude Abaté : « Nous devons avoir la lucidité de reconnaître l’échec de l’option de l’autochtonie pour les élections de super maires de villes »

Abate Daniel Claude

L’élection des Maires de ville de Yaoundé et de Douala, émaillés de beaucoup d’irrégularité n’a pas laissé indifférent Daniel Claude Abaté, Militant et communicant du RDPC. Dans une tribune publié la semaine dernière sur les réseaux sociaux, le président du Mouvement des entrepreneurs du Cameroun (MECAM) tire les leçons de ces élections.


Abate Daniel Claude
Daniel Claude Abaté – DR

L’échec de l’autochtonie

L’homme politique reconnait dans son analyse l’échec du choix des Maires autochtones pour les deux grandes villes du Cameroun. Il propose qu’on fasse des réformes pour abroger l’exigence d’un autochtone pour ces deux villes. « Nous devons avoir la lucidité de reconnaître que ce qui s’est passé à Yaoundé hier et qui se passe à Douala aujourd’hui est en quelque sorte l’échec de l’option de l’autochtonie pour les élections de super maires de villes. Elle risque même provoquer de graves déchirures ou divisions au sein des communautés autochtones concernées alors que cette option de “discrimination positive” était plutôt censée renforcer leur cohésion et protection. Nous devons en tirer les conséquences qui s’imposent, et je suis d’ores et déjà à titre personnel pour une réforme de la loi qui abroge l’exigence de l’autochtonie comme critère de candidatures au poste de Maire de ville dans ces 2 grandes métropoles », reconnait le membre suppléant du comité central du RDPC.

Lebledparle.com vous propose l’intégralité de la tribune.

ÉLECTIONS DE MAIRES DE VILLE : L’AUTOCHTONIE EN FAUTE ?

Les “autochtones” de Yaoundé et de Douala ayant fait la démonstration de leur incapacité à proposer ou trouver de vrais candidats par le consensus ou le vote aux élections des maires de villes, il faudra ouvrir les prochaines élections des super maires de nos 2 grandes cités cosmopolites aux “allogènes” dans 5 ans.

Nous devons avoir la lucidité de reconnaître que ce qui s’est passé à Yaoundé hier et qui se passe à Douala aujourd’hui est en quelque sorte l’échec de l’option de l’autochtonie pour les élections de super maires de villes. Elle risque même provoquer de graves déchirures ou divisions au sein des communautés autochtones concernées alors que cette option de “discrimination positive” était plutôt censée renforcer leur cohésion et protection. Nous devons en tirer les conséquences qui s’imposent, et je suis d’ores et déjà à titre personnel pour une réforme de la loi qui abroge l’exigence de l’autochtonie comme critère de candidatures au poste de Maire de ville dans ces 2 grandes métropoles.

Tout comme je suis favorable à une réforme qui limite le jeu ou poids des états-majors des partis politiques et renforce la voix ou le choix démocratique des populations locales dans l’élection des élus et exécutifs locaux. En effet, l’essence même de la décentralisation c’est que les populations locales se choisissent elles-mêmes, au suffrage direct ou indirect, leurs élus ou dirigeants afin qu’elles se reconnaissent pleinement en ces derniers. Les populations de Yaoundé ou de Douala (et même d’ailleurs) ne doivent pas découvrir leur super maire à la télé ou sur les réseaux sociaux. Si les partis politique veulent et doivent conserver le privilège d’investir leurs candidats conformément à la loi et à leurs règlements internes, cela doit se faire BIEN AVANT la session de plein droit du conseil de communauté chargé d’élire le Maire de la ville et ses adjoints. Et les candidats aux postes de maire de ville doivent être connus et investis avant l’ouverture de la campagne électorale des municipales afin que les populations ou électeurs desdites villes les connaissent et intègrent déjà dans leur décision de vote la perspective que les conseillers municipaux qu’ils vont voter seront aussi leur porte-voix après dans l’élection du super maire qu’ils souhaiteraient avoir demain. C’est du reste ce que nous voyons comme bonne pratique ailleurs y compris dans certains pays africains bien engagés dans la décentralisation.

Avoir des super maires sortis des “enveloppes” venus d’en haut quelques minutes avant ou en pleine session de plein droit ne nous éloigne pas beaucoup de l’ancienne pratique de nomination des délégués du gouvernement. Le réflexe du sommet qui continue de décider ou d’imposer ses choix en lieu et place des populations locales ou de leurs représentants directs est en contradiction flagrante avec l’esprit de la décentralisation. La décentralisation ne doit pas être un leurre où on fait croire aux populations que se sont-elles qui décident pour leurs localités alors qu’au fond c’est toujours Yaoundé qui décide. Décentralisons les mentalités et la culture managériale de la gestion de la cité !

Cela dit, il faut se féliciter de la marche en avant effective de notre processus décentralisation avec ces élections des nouveaux “super maires” et la disparition concomitante des “délégués du gouvernement” qu’elle entraîne. C’est une avancée majeure et appréciable. Et même qu’il faille relativiser certains petits manquements ou couacs enregistrés çà et là en les considérant comme les nécessaires manifestations d’une courbe d’apprentissage qui est encore ascendante pour la plupart d’entre nous et même pour les partis politiques engagés.

Bon vent aux nouveaux Maires de ville, ne nous décevez pas !

Daniel Claude ABATE

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