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Biographie : Qui était Wally Muna, le grand cardiologue d’Afrique décédé ce week-end à Paris

fils muna decede

Le professeur Wally Muna, l’un des fils de la famille Muna, dont est issue le bâtonnier Akere Muna, candidat à la dernière élection présidentielle au Cameroun, est décédé la nuit de samedi à dimanche à Paris, en France. Qui était donc cet homme d’une discrétion remarquable sorti des entrailles de notre Afrique en miniature, le Cameroun ? LeBledparle.com, vous propose le vibrant hommage que lui a rendu Jean Paul Mbia, universitaire et chef de la cellule de communication du ministère des enseignements supérieurs.


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Wally Muna décédé – capture photo

« La communauté universitaire nationale et internationale est en deuil.

Le plus grand cardiologue d’Afrique vient de mourir à Paris.

Le professeur émérite Walinjom Fombad Tenjericha Muna, 73 ans, médecin, 3e professeur de cardiologie de classe mondiale, conseiller médical de l’ambassade des États-Unis au Cameroun depuis deux décennies et président du comité éthique du centre international de référence Chantal Biya (CIRCB), est décédé hier en début de soirée à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, où il a été évacué sept semaines plus tôt.

Premier cardiologue du CHU en 1981, ce spécialiste de renommée mondiale a été classé en 1988 par tous les hôpitaux français comme étant le plus grand cardiologue du continent africain.

Diplômé en chimie de l’université d’État de Washington, pullman Washington en 1969, ce technicien des causes cliniques désespérées, a été formé comme médecin à la Johns Hopkins hospital de Baltimore (1974-1976), spécialisé en cancérologie à l’hôpital Bethesda dans le Maryland de 1976 à 1977 et à Yale de 1977 à 1979.

Membre fondateur de l’Académie des Sciences du Cameroun, il a été président de la Cameroon Cardiac Society et président du comité éthique du centre international de référence Chantal Biya, sis au quartier melen à Yaoundé, à un jet de pierre du CHU qu’il a fréquenté pendant quatre décennies.

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Son œuvre médicale qu’il laisse à la postérité est remarquable. Néo panafricaniste, ce spécialiste mondialement reconnu, a travaillé en laboratoire pour faire reculer la mortalité des suites de l’hypertension artérielle chez le noir.

Son apport en tobbacologie, en santé publique, en e-health, en éthique médicale est remarquable et remarqué. L’un de ses disciples témoigne qu’en pleine salle de soins aux États-Unis, le clinicien en chef, au milieu d’une douzaine de spécialistes en cardiologie venus du monde, arrêtait parfois la phase d’opération pour demander l’avis de ce grand maître.

Cet homme disert, soutenait le management des hôpitaux et œuvrait au renforcement des plateaux techniques, à la coopération scientifique, et déplorait la rareté des décaissements de fonds pour cause de conjoncture financière difficile.

Le Cameroun perd en lui l’un de ses fils les plus illustres par son savoir médical planétaire et l’université camerounaise, un grand maître accompli qui, comme Prométhée, a su cueillir chez les dieux d’Occident, la science académique et heuristique pour la transmettre à plusieurs générations de disciples d’ici et d’ailleurs.

En s’éteignant hier à Paris, auprès de ses collègues, amis et frères, cet esprit prodigieux va ainsi se coucher pour la première fois. Car, il avait toujours à cœur cette belle recommandation de Georges Pompidou (2e président de la 5e république en France) à son unique fils Alain Pompidou, clinicien sémillant. Que disait Pompidou, le duc de Cantal (son village natal), major au baccalauréat national français de grec et de latin, banquier ?  » un médecin, ça ne se couche que pour mourir « .

Ce métier de cardiologue, qui lui alla comme soulier de Cendrillon, lui a permis de côtoyer plusieurs têtes couronnées de la place médicale mondiale, y compris le landerneau politico administratif qui l’adulait pour sa science prodigieuse. Il appelait et recevait des appels de plus d’une douzaine de membres de gouvernements et une demi douzaines de chefs d’État en Afrique.

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En marge de la politique pragmatique, particulièrement féroce, il était très vigilant sur la vie scientifique des associations médicales africaines et afro-américaines.

Originaire de Nguienbo dans le nord-ouest, fils de Solomon Tandeng Muna, vice-président de la République, président de l’Assemblée Nationale, ce bourgeois de la science médicale et de la cléricature traditionnelle était un personnage sobre, noble et probe.

Esprit alerte, vif et incisif, il a empilé majorats et éméritats dans le champ universitaire médical. Il abhorrait les oligarchies clientélistes, les évacuations sanitaires onéreuses et dispendieuses au détriment du contribuable africain et camerounais.

Chantre de la valorisation de la nouvelle pharmacopée africaine, il a obtenu plusieurs décorations honorifiques de par le monde, y compris les nombreux appuis multiformes, et souvent discrets, de la première dame, Mme Chantal Biya.

Le Cameroun, reconnaissant, lui a attribué les médailles de commandeur et de grand officier de l’Ordre National de la Valeur. La communauté universitaire nationale, sous le magistère institutionnel du professeur Jacques Fame Ndongo, ministre d’État, ministre de l’enseignement supérieur, chancelier des ordres académiques, se pare et se prépare à rendre un hommage de mérite à ce dignitaire émérite.>>


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