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[Tribune] Siméon Roland Ekodo Mveng : Au Cameroun, « personne n’est à l’abri de la violence structurelle»

SREM SREM

Au pays de Paul Biya, certains pense que leur proximité avec le pouvoir est un voile pour échapper aux affres de la gouvernance actuelle. Ils font plus la critique de l’opposition et encense le pouvoir. Dans une tribune parvenue à notre rédaction, le politologue Siméon Roland Ekodo Mveng rappelle que nul n’est épargné des conséquences de la gouvernance du régime de Yaoundé.

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Siméon Roland Ekodo Mveng – DR

Lebledparle.com vous propose l’intégralité du texte.

Certains citoyens rétribués et notamment les parents Béti, jusqu’à ce qu’ils fassent l’expérience nauséabonde de l’injustice croient souvent, et ce naïvement, que leur engagement au RDPC ou leur extraction sociologique commune avec l’homme du 06 Novembre est un bouclier contre la discrimination systémique. Fort de cette variable primordialiste, nombre réussissent même souvent l’exploit de banaliser les cris et les pleurs des personnes vulnérables, ainsi que les dénonciations des opposants et des compatriotes économiquement mal intégrés ou politiquement ostracisés par les réseaux mafieux et les machines de répression institutionnelle. Cette catégorie de militants en mal d’immunité contre le monstre froid, et préférant stratégiquement se mettre sous sa protection, veut souvent niveler par le bas tous les standards internationaux de bonne gouvernance, juste pour s’acheter la sympathie de l’administration tortionnaire et trouver ainsi une excuse facile au régime de clientèle patrimoniale. Une démarche intellectuelle qui a souvent produit des discours conservateurs du genre, le paradis n’existe nulle part sur terre. N’est-ce pas la police brutalise aussi les gens en France ? Les noirs ne meurent pas aux États-Unis pays des droits de l’homme ? Le Cameroun c’est le Cameroun…Il ne faut pas salir l’image du pays…. Malgré parfois la dégradation continue de leurs conditions de vie, cette posture mentale justifie d’ailleurs à satiété leur indifférence curieuse aux appels au changement de l’équipe dirigeante, ou finalement leur secours partisan à un régime perçu comme une propriété privée ethnopartisane.

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Or, Pour avoir moi même été victime de certains réseaux ( culturellement mixtes) en charge de la présidence universitaire et facultaire à l’époque, et pour avoir rencontré dans les souffrances et la misère la plus insoutenable certains frères et sœurs Ékangs et camerounais de partout, j’en rigole souvent devant de minables conservatismes idéologiques du discours cynique , frisant parfois l’exclusion d’autres citoyens subissant de plein fouet les mêmes exactions d’un régime néocolonial spirituellement daltonien.

Voilà donc Mballa Vanessa la championne d’Afrique en judo qui est lésée malgré son talent évident et sa reconnaissance internationale. Je puis même dire ironiquement malgré son visa ethnique, pour ceux qui pensaient encore en faire de l’identité un passe-droit au régime de privilèges et de facilités.

Or combien le sont, mais préfèrent avaler la salive par peur et par solidarité tribale au parti au pouvoir suivant l’adage Fang Beti qui dit que « , l’enfant doit toujours s’allaiter au sein de sa mère même si ce dernier démange ». Si vous faites les enquêtes, on vous dira qu’elle ne veut pas entrer dans les sectes du ministère, qu’elle n’a pas « tchoko » sa dernière prime du trophée continental au Staff technique; Qu’elle refuse d’aller au lit avec tel membre de la fédération, ou alors qu’elle aurait dû dédier sa dernière ceinture au chef de l’État ou en appeler à sa réélection comme le sage 9 en 2018. Si on lui avait même suggéré en tant que sportive de haut niveau de dédier sa dernière médaille aux orphelins du NOSO et d’en appeler à la fin des hostilités militaires, peut-être répondrait-elle qu’elle ne fait pas la politique parce qu’elle veut voir ses enfants grandir. Voilà donc les faits empiriques qui me confortent dans mon positionnement contre le système du renouveau et, surtout à l’idée que les choses doivent radicalement changer; quand bien même certains proches pensent que je suis trop dur avec Paul Biya. Que je prends des risques pour des camerounais ayant le même format mental que les gouvernants. Que je suis un traître de la communauté ou un idéaliste qui ne comprend pas bien le fonctionnement du Cameroun. Que je suis un naïf qui aurait même dû ou pu jouer aussi au couloir gauche du parti de la flamme pour avoir aussi « ma part ».

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Que non. Et pour mes convictions religieuses et ma perspective républicaine, je veux rester en rupture avec la flagornerie de ces analystes dominicaux qui préfèrent examiner avec rigueur l’opposition et les autres agences gouvernementales sans jamais esquisser la moindre évaluation du pouvoir exécutif qui est pourtant le lieu d’impulsion de l’action publique et de diffusion des valeurs de mérite et de justice sociale.

Tous les camerounais doivent donc comprendre in fine, que personne n’est à l’abri de la violence structurelle. Y compris ceux qui sont aux affaires, qui sont célébrés aujourd’hui, qui ont la coupe pleine et la bedaine remplie.

Allez souvent vous entretenir avec les anciens ministres écroués ou déchus de la mangeoire, vous m’en direz des nouvelles.

 


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