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Tout ce qu’il faut savoir sur Achille Mbembe, l’intellectuel camerounais sur le toit du monde des sciences sociales et humaines

L’historien est politologue a été désigné cette année, prix Holberg. Un titre considéré comme le prix Nobel pour ce qui est du domaine des sciences sociales et humaines.

Achille Mbembe
Achille Mbembe (c) Droits réservés

Achille Mbembe a été désigné lauréat du prestigieux prix Holberg 2024 en récompense à ses contributions scientifiques dans les domaines des arts, des sciences humaines, du droit et de la théologie. La cérémonie de remise du prix se tiendra le 6 juin prochain à l’Université de Bergen, en Norvège. Professeur à l’Université du Witwatersrand à Johannesburg, en Afrique du Sud, Achille Mbembe est un intellectuel prolifique et mondialement reconnu. Ses recherches ont mis en exergue les liens entre la décolonisation et des questions cruciales telles que le racisme, la souveraineté, les frontières, la mobilité, la technologie et l’avenir de la planète. Ses concepts novateurs tels que la postcolonie, l’afropolitanisme et la nécropolitique sont désormais intégrés au discours académique mondial.

Achille Mbembe est l’auteur de plusieurs ouvrages traduits en 16 langues et étudiés dans de nombreuses universités à travers le monde. Ses publications, parmi lesquelles « Critique de la raison nègre » et « Sortir de la grande nuit : Essai sur l’Afrique décolonisée », sont largement citées et appréciées dans divers pays, notamment en Allemagne, au Brésil, en Italie et aux États-Unis. Unis. Son dernier livre, « La Communauté terrestre », qui explore les grandes cosmogonies africaines, suscite également un vif intérêt. L’ancien étudiant de l’Université de Yaoundé a par ailleurs à son actif, des centaines d’articles, d’interviews, de conférences internationales et d’interventions médiatiques.

Le parcours d’un intellectuel prodigieux

Achille Mbembe, né le 27 juillet 1957 au Cameroun, est un intellectuel camerounais reconnu dans les domaines de l’histoire, de la politique et de l’enseignement universitaire. Sa passion pour la politique, les sciences sociales, l’anthropologie et l’histoire, en particulier l’histoire de l’Afrique, est au cœur de ses recherches. Il se positionne comme un fervent défenseur de la pensée critique et explore dans ses écrits l’évolution de l’humanité.

Achille Mbembe a grandi dans la région de Malandè, près d’Otélé, un important carrefour sur la ligne du chemin de fer reliant Douala à Yaoundé. Il a été éduqué dans un internat tenu par les pères dominicains, où il s’est rapidement engagé dans la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), assumant la responsabilité du journal du mouvement, Au large. Ses premiers écrits critiquent l’Église catholique camerounaise et son alliance avec le pouvoir.

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Son intérêt pour l’histoire remonte à son enfance, marquée par les récits nationalistes de sa région natale, notamment l’assassinat de Ruben Um Nyobè, figure du mouvement nationaliste camerounais, en compagnie de son oncle. Après avoir rejoint la JEC, il explore le Nord-Cameroun et participe à des cours d’alphabétisation pour les paysans. Sa maîtrise d’histoire porte sur les violences liées à la décolonisation du Cameroun. Malgré l’intérêt du sujet, il ne peut pas défendre sa thèse publiquement, les autorités académiques étant réticentes.

L’exil

Début de carrière Contraint de quitter le Cameroun, Achille Mbembe s’installe d’abord à Harare, où il côtoie des exilés sud-africains de l’ANC. En 1982, il arrive à Paris pour poursuivre ses études d’histoire à l’université Panthéon-Sorbonne. Il rédige également des articles pour la presse de gauche, dont Le Monde diplomatique. Sous la direction de Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne de l’Afrique, il entame une thèse de doctorat qui explore le mouvement nationaliste camerounais. Parallèlement, il fréquente l’Institut d’études politiques de Paris, où il travaille avec Jean Leca et Jean-François Bayart, qui devient son mentor. Il publie également des écrits de Ruben Um Nyobè.

En 1989, il obtient son doctorat en histoire et un DEA en science politique. Par la suite, il obtient un poste de professeur assistant à l’université Columbia aux États-Unis, bénéficiant d’une bourse de la fondation Ford.

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Le début d’une carrière internationale

Aux États-Unis, Achille Mbembe enseigne à l’université Columbia de New York, au Brookings Institute de Washington, et à l’université de Pennsylvanie. Il est également professeur invité dans plusieurs institutions prestigieuses, notamment à Berkeley, Yale, et Harvard. Après son retour en Afrique, il occupe le poste de Secrétariat Exécutif du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) à Dakar, puis s’installe au Cap en Afrique du Sud. Depuis 2001, il est directeur de recherche à l’université du Witwatersrand à Johannesbourg. Achille Mbembe est un intellectuel engagé dont les travaux ont influencé les débats académiques internationaux.

Participation au sommet Afrique-France

Achille Mbembe avait été choisi pour orienter les échanges entre Emmanuel Macron et la société civile africaine lors du sommet Afrique-France de 2021. Dans un rapport remis au président français, et portant sur les nouvelles relations entre l’Afrique et la France, il avait notamment préconisé la création, à Paris, d’une Maison des mondes africains.

Le prix Holberg est une consécration du long et brillant parcours d’Achille Mbembe. Le Camerounais empochera le montant de 6 millions de couronnes norvégiennes (environ 630 000 euros). Cette distinction est considéré comme l’équivalent du Nobel pour les arts et lettres, les sciences humaines, le droit et la théologie. Il tient son nom de Ludvig Holberg, universitaire et dramaturge dano-norvégien, né en 1684 à Bergen (Norvège). Professeur en métaphysique, logique, rhétorique latine et histoire, il révolutionna ces disciplines.

Achille Mbembe recevra le prix Holberg le 6 juin 2024 lors d’une cérémonie organisée à l’Université de Bergen.


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