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Pour le Dr Richard Makon : « la démocratie système repose essentiellement sur la substance et la consistance de la liberté »

Pour le Dr Richard Makon : « la démocratie système repose essentiellement sur la substance et la consistance de la liberté »

Dans une Chronique parue ce mercredi 31 octobre 2018 à ‘‘Mutations’’, le Dr Richard Makon montre que la liberté est le marqueur de la démocratie.


Pour le Dr Richard Makon : « la démocratie système repose essentiellement sur la substance et la consistance de la liberté »
Richard Makon – DR

LA DÉMOCRATIE C’EST LA LIBERTÉ !

« Aucune législation sur la liberté ne sera aussi aboutie que l’idée que les hommes s’en font! ».

C’est connu, LA DÉMOCRATIE, envisagée à la fois comme idée, pratique, régime et système repose essentiellement sur la substance et la consistance de LA LIBERTÉ. Autrement dit, la liberté est le principe cardinal, le fondement même, la raison d’être, le cœur de métier, l’objectif, la finalité et l’idéal de la démocratie. MAIS QU’EST-CE DONC QUE LA LIBERTÉ ?

La liberté ici s’entend de plusieurs sens différents. C’est premièrement LA LIBERTÉ D’ACTION, c’est-à-dire la liberté de faire ou de ne pas faire. Le contraire de la contrainte, de l’empêchement, de l’esclavage. C’est la liberté au sens politique du terme, envisagée dans le sens de HOBBES, LOCKE ou VOLTAIRE. Evidement si cette liberté n’est jamais absolue, elle est rarement nulle. Aucun citoyen dans un Etat quelconque ne saurait faire tout ce qu’il voudrait, les autres citoyens et les lois de cet Etat étant autant de contraintes dont il ne pourrait s’affranchir qu’à ses risques et périls.

C’est deuxièmement LA LIBERTÉ DE VOULOIR, qui s’entend de deux (02) manière au moins : la spontanéité du vouloir et le libre arbitre.

LA SPONTANÉITÉ DU VOULOIR c’est la liberté au sens d’ÉPICURE, d’ÉPICTÈTE, d’ARISTOTE, de LEIBNIZ ou de BERGSON. C’est la liberté de la volonté, ou plutôt la volonté elle-même en tant qu’elle ne dépend que du ‘‘moi’’ (je suis libre de vouloir ce que je veux, c’est pourquoi je le suis en effet). On dira dans ce sens que ‘‘la liberté n’est pas autre chose que le pouvoir déterminé de se déterminer soi-même’’, car dépendre de ce qu’on est constitue la définition même de l’indépendance et de la liberté.

La seconde liberté de la volonté (ou liberté de vouloir) est LE LIBRE ARBITRE, encore appelé liberté d’indifférence, que Marcel CONCHE définit comme ‘‘le pouvoir de se déterminer soi-même sans être déterminé par rien’’. C’est la liberté selon DESCARTES, KANT et SARTRE. Cette liberté suppose que ce que JE FAIS (mon existence) n’est pas déterminé par ce que JE SUIS (mon essence), mais le crée au contraire. Ici liberté et création ne font qu’un, et cette liberté n’est possible que si ‘‘l’existence précède l’essence’’ comme le postule SARTRE, l’homme ne devenant que ‘‘ce qu’il se fait’’.

À la suite de ces apperceptions, on peut inférer un certain nombre de constats. D’abord, la liberté d’action et la liberté de vouloir suggèrent également LA LIBERTÉ DE PENSÉE (un droit de l’homme), essentielle dans les expressions politiques en contexte démocratique. Ensuite, la liberté (d’action comme de volonté) ne se manifeste que par rapport à un certain nombre de contraintes dépendantes ou indépendantes du moi, voulues ou subies par le moi. Les plus importantes contraintes extérieures étant les autres citoyens et les lois de l’Etat. Enfin que la liberté n’est jamais totalement libre ; la liberté n’est jamais absolue, ni infinie, ni définitive. Le comprendre est le chemin de la liberté, l’accepter c’est se libérer.

S’il est donc vrai que la démocratie c’est la liberté, la question que tout citoyen dans un Etat est en droit de se poser est celle de savoir jusqu’où va cette liberté. Au constat, tous les Etats du monde de nos jours, dans ce contexte de mondialisation néolibérale, sont insérés dans une double contrainte au moins : d’un côté garantir l’expression la plus accomplie de la liberté individuelle, de l’autre faire respecter les règles communes sur lesquelles reposent la survie de la société et la permanence du lien social.

Les citoyens eux-mêmes font face à leur propre contrainte : d’un côté devenir ce qu’ils sont (NIETZSCHE), de l’autre obéir aux lois communes comme liberté (ROUSSEAU) et acte de foi en l’Etat, émanation de tous. Contrairement à ce qu’il paraît, le choix est plutôt simple, car si dans les tentatives d’appréhension elle demeure un mystère, la liberté n’est que l’autre nom de la sagesse !

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