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Marché Congo. Après l’incendie… Les commerçants entre la peste et le choléra

Pendant que certains cherchent où emprunter de l’argent pour rebondir, d’autres sont préoccupés par le nouveau site à trouver.

Marche Congo

Reconstruction, le mot est bien lourd à prononcer pour le millier de commerçants du marché Congo. Sous les rayons dardant du soleil de l’après-midi de vendredi 6 juillet 2012, des enfants ramassent les débris de fer qui jonchent le sol. «Le kilogramme se vend à trois cent Fcfa», lance tout

souriant un jeune homme. Et de préciser aussi que quelques fois, ils trouvent des pièces d’argent. Si la situation est réjouissante pour ces derniers, c’est tout le contraire pour les commerçants sinistrés. Malgré l’incendie  qui a dévasté leurs comptoirs dans la nuit de mardi à mercredi 4 juillet, ils font le déplacement de ce qui était encore leurs lieux de travail, tous les jours.

D’aucuns ont de la peine à regarder vers le futur, la nostalgie prenant le dessus. Yvan, vendeur d’accessoires de téléphones portables se souvient encore que  «ma boutique était située à cet endroit (en montrant du doigt à un proche venu le consoler). A cette heure j’avais déjà vendu une bonne quantité de marchandises». Hélas, aujourd’hui, il est bien loin de ces jours heureux. 

A quelques pas de là, des commerçants, du vague à l’âme, répondent à l’opération d’enregistrement auprès du commissariat du 3ème arrondissement pour d’éventuelles mesures d’accompagnement des pouvoirs publics. Puisque le marché est interdit d’activités, d’aucuns se ruent vers le trottoir, à l’entrée principale pour assurer le moment venu, l’espace vital au cas où les activités reprennent leur cours habituel.  Pour les besoins de la cause, les planches calcinées, les morceaux de pierre, des bouts de tissus sont disposés à l’endroit de son choix.
Guerre de comptoirs

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Pour les vendeurs, la guerre des comptoirs est bel et bien lancée. Des propos quelque peu désobligeants sont au rendez-vous. «Enlève tes planches de là. Tu ne vois pas que c’est ma boutique qui est placée à ce niveau?», demande un sinistré à l’endroit d’une dame. Elle ne tarde pas à réagir : «De quelle boutique parles-tu? Tu es aveugle ou quoi ? Il n’y a plus de boutiques, donc plus d’espace pour qui que ce soit. Chacun se débrouille». Abdou quant à lui n’est pas de cet avis. «Tous les commerçants qui travaillaient à l’intérieur du marché doivent négocier avec nous, les autochtones du trottoir pour avoir un espace». Ces querelles témoignent du besoin d’un recasement qui avait d’ailleurs été annoncé par le gouverneur de la région du Littoral lors de sa descente sur les lieux mercredi dernier. 

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A côté du problème de recasement, il existe celui plus crucial du nerf de la guerre. Il faut repartir à zéro, c’est ce qu’ils veulent tous, mais ils savent que ce n’est pas facile. Il faut avoir un capital que beaucoup n’ont pas pour acheter les marchandises. «Ce que nous n’avons pas», confesse Alexander Younwouo. Lui qui tenait une mercerie n’a pu rien retirer des flammes. Il ne compte pas pour autant croiser les bras, car dit-il, «j’ai demandé de l’aide aux proches. C’est tout ce que je peux faire pour l’instant, parce que les tontines ne peuvent plus financer mes affaires. Il me faut relancer les activités pour nourrir ma famille.» Pour Alain, son compagnon d’infortune qui prenait du crédit dans une micro-finance, il doit d’abord éponger la somme d’un million Fcfa avant de penser à un autre emprunt. Le redressement sera un véritable parcours du combattant. Mais nécessaire pour ces personnes qui pour la plupart, désirent plus que tout, assurer la rentrée scolaire de leur progéniture. 

Valgadine TONGA


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