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« Je suis encore en train de digérer. Je me dis que ça va passer » : Brenda Biya brise le silence après son coming out

La fille du président camerounais, Brenda Biya, a déclenché un tourbillon en publiant une photo d’elle en train d’embrasser sa copine. Dans son pays, l’homosexualité est passible de prison.

Genève (Suisse), le 5 juillet. Brenda Biya, la fille de Paul Biya, le président du Cameroun, a révélé son homosexualité en ligne. « Maintenant, je me sens libre. » - (c) Le Parisien
Genève (Suisse), le 5 juillet. Brenda Biya, la fille de Paul Biya, le président du Cameroun, a révélé son homosexualité en ligne. « Maintenant, je me sens libre. » - (c) Le Parisien

Après avoir suscité de vives réactions en publiant une photo d’elle embrassant sa copine brésilienne Layyons Valença, Brenda Biya a pris la parole dans le journal français Le Parisien, dans son édition du 9 juillet 2024.

Dans un pays où l’homosexualité est illégale et passible de cinq ans de prison, la fille du président du Cameroun a reçu à la fois du soutien et des réactions négatives, certaines étant qualifiées de « très violentes ».

Brenda Biya espère que son histoire contribuera à faire évoluer la législation en faveur des personnes LGBTQIA+ qui sont actuellement réprimées pour des « pratiques contre-nature ».

Lebledparle.com vous propose en intégralité, l’entretien exclusif de Brenda BIYA, accordé au journal Le Parisien :

« Que mon histoire fasse changer la loi »

La fille du président camerounais, Brenda Biya, a déclenché un tourbillon en publiant une photo d’elle en train d’embrasser sa copine. Dans son pays, l’homosexualité est passible de prison.

BRENDA BIYA triture ses doigts. L’idée de s’exprimer la rend « anxieuse ». Dimanche 30 juin, la jeune femme de 27 ans a posté sur son compte Instagram (@kingnastyy) une photo d’elle en train d’embrasser sa copine, Layyons, mannequin brésilien de 25 ans. La légende en anglais entérine le coming out : « PS : Je suis folle de toi et je veux que le monde le sache. » Or, Brenda est la fille du président camerounais Paul Biya, 91 ans, le plus vieux dirigeant élu en exercice au monde. Dans le pays qu’il dirige depuis 1982, comme dans vingt-six autres nations d’Afrique, l’homosexualité est illégale, passible de cinq ans de prison. Une vingtaine de personnes sont actuellement incarcérées au Cameroun pour avoir eu des relations avec une personne du même sexe. Brenda Biya est consciente du « message fort » que représente sa prise de parole. Elle a accepté de se confier, chez elle à Genève (Suisse), sur les rives cossues du lac Léman.

Comment allez-vous depuis votre publication sur Instagram ? BRENDA BIYA.

Je me sens mieux. Je suis soulagée. J’ai reçu beaucoup de soutien de la part d’organisations camerounaises et occidentales. Des gens m’ont souhaité du courage. Mais j’ai aussi reçu des réactions négatives, homophobes. Il y en a eu de très violentes, que je suis encore en train de digérer. Je me dis que ça va passer, comme tout.

Pourquoi acceptez-vous de parler aujourd’hui ?

C’était important d’expliquer pourquoi j’ai publié cette photo. Certains disent que j’ai fait ça pour le buzz mais c’est bien plus que ça. Il y a plein de gens dans la même situation que moi, qui souffrent à cause de ce qu’ils sont. Si je peux leur donner de l’espoir, les aider à se sentir moins seuls, si je peux envoyer de l’amour, j’en suis ravie. Parler, c’est l’opportunité d’envoyer un message encore plus fort.

Vous êtes la fille du président du Cameroun. Qu’est-ce que cela implique ?

C’est beaucoup de pression. Parce que les gens ont beaucoup d’attente envers vous. J’ai toujours pensé que je n’étais pas vraiment faite pour ce rôle. Je le vois un peu comme une cage dorée. Je suis un peu le mouton noir de ma famille. Quand j’ai quitté le Cameroun au collège pour la Suisse, ça m’a un peu libérée.

Vous avez grandi dans un pays où l’homosexualité est illégale. Comment avez-vous appréhendé votre sexualité ?

J’ai eu mon premier crush pour une fille quand j’avais 16 ans mais j’ai eu du mal à l’accepter. J’étais dans le déni. Je connais les traditions de mon pays, et pour moi c’était inenvisageable. À l’époque, j’étais persuadée que même si un jour j’arrivais à avoir une relation avec une femme, cela resterait quelque chose de privé. J’ai cru que j’allais devoir le cacher toute ma vie à ma famille et au monde. Je n’avais pas l’impression d’être complètement moi. Puis j’ai eu ma première relation avec une femme en première année d’université et j’ai commencé à m’affirmer un peu plus. Je l’ai dit à mes amis camerounais. Ça les a étonnés mais ils m’ont acceptée telle que j’étais. Ça a été un soulagement pour moi.

Pourquoi avez-vous officialisé votre relation sur les réseaux sociaux ?

Je n’en ai parlé à personne, pas même à ma copine. J’ai surpris tout le monde. Ça fait huit mois qu’on est ensemble. Je l’ai déjà amenée trois fois au Cameroun mais sans jamais vraiment dire qui elle était pour moi. J’avais aussi posté des photos avec elle sur mes réseaux et il y avait des spéculations. Mais ce n’était pas clair. Je pensais l’annoncer depuis un moment. Maintenant, je me sens libre.

Quelle a été la réaction de votre famille ?

Ils n’étaient pas au courant. Mon frère m’a appelée le premier. Il était en colère, surtout à cause de la manière dont je l’avais fait, parce que je l’avais annoncé sur les réseaux avant de lui en parler. Je le comprends, mais je lui ai expliqué que si j’étais venue vers eux, ils auraient ignoré la conversation, tourné autour du pot.

Et votre père ?

Ensuite, ce sont mes parents qui m’ont appelée. Ils voulaient que je supprime la publication. Mais pour moi, c’était comme faire un pas en arrière et j’avais déjà sauté le pas. Ce n’était pas qu’un post : cela signifiait s’accepter soi-même. Depuis, c’est silence radio.

Aimeriez-vous que la loi qui punit les homosexuels au Cameroun change ?

Cette loi existait avant que mon père soit au pouvoir. Je la trouve injuste et j’ai l’espoir que mon histoire la fasse changer. Les mentalités sont en train d’évoluer au Cameroun, notamment chez la jeune génération. Cela prendra certainement du temps mais je pense que les choses peuvent bouger. C’est peut-être trop tôt pour qu’elle disparaisse complètement mais elle pourrait être moins stricte. On pourrait d’abord supprimer la peine de prison.

Comment envisagez-vous l’avenir ?

C’est encore très flou. Je peux perdre beaucoup : froisser les liens avec ma famille, ne plus avoir le droit d’aller dans mon pays, être mise en prison… Mon souhait le plus cher serait d’avoir une conversation directe et ouverte avec mes parents où on mettrait tout à plat. J’ai l’espoir que ça arrive mais d’abord, je les laisse digérer. Moi aussi d’ailleurs, je suis toujours en train de digérer ma propre situation…


16 Comments

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    • Vraiment quelle déception, quelle gâchis,quelle honte pour l’identité camerounaise très déçu et en colère pour cette trahison ne vient plus au Cameroun tu as trahi ton peuple.Malchance.

  1. Cette fille ne se retrouve pas depuis son enfance et cherche par tous les moyens à s’affirmer hors ici nous sommes en face d’un dérapage parental pcq on ne l’a pas assez dompté pour lui inculquer les valeurs essentielles de notre culture ,pour la rattrapper il lui faudra d’abord une bonne grossesse qu’on m’obligerait à assumer elle même et un homme,un vrai qui lui apprendrait ce qu’est la culture africaine. Sinon je plains ses parents car j’imagine le calvaire qu’elle leur fait vivre de quoi regretter d’avoir donné la vie à ce genre d’enfants, heureusement que son frère est beaucoup plus discret et réservé comme son père

  2. Beaucoup de courage ma sœur franchement nous te remercions pour ton courage et espérons vraiment que par ta voix les choses change 💋💋🏳️‍🌈

  3. Chaques pays chaques zones géographiques a ses valeurs et ses traditions… Qu’elle soit Homo ou pas ce n’est vraiment pas le problème des camerounais… Le problème ici c’est le fait que par sa position de première fille du Cameroun elle essaie de balayer les coutumes de nos ancêtres … Nous sommes tous homophobes en Afrique… Ce n’est pas caché tout le monde le sait… Personne ici n’a envie d’avoir son enfant homosexuel… S’accepter c’est bien… Mais essayer de contraindre tout un pays a l’accepter elle et ses choix c’est juste un egocentrisme hyper démesuré…

    Nos valeurs sont menacées , ses parents eux même ne sont pas d’accord… Pourquoi on appellerais ça coming out si c’était normal?

    C’est désolant mais actuellement c’est la hors la loi la plus célèbre du pays…

  4. Elle n’a pas semé avant de récolter donc elle ne sait pas ce que la vie. Si papa est le vieux président du monde, ça ne m’étonne pas que sa fille soit la plus satanique des filles africaines. N’importe quoi. Que Dieu la pardonne

  5. C’est la route de l’enfer Brenda il est encore possible de faire marche arrière pour ne pas brûler dans le feu.
    Donc Dieu a été fou d’unir ton père qui est un homme et ta mère qui est une femme et de t’accoucher?

  6. Vraiment dire que mes enfants te voyais comme model. Ma fille a etait traumatisé lisant and voyant tes publication. Quelle deception pour elles. Pour l’amour de celle qui te voir comme modele resaissir toi stp. Il n’est pas tard. Imagine Des milliers des enfants que tu as deçu avec ces comportement.

  7. Donc tu as manqué ta pas de garçon ici dehors Brenda?qui fondera ta pas de famille ? qu’elle gâchis ?tu es venu au monde inutilement ma chère.tu fais honte à toute une nation.

  8. Vraiment c’est désolant de savoir qu’une première fille de notre beau pays ait choisi son orientation sexuelle l’homosexualité. As tu au moins pensé à l’image de ce pays qui est tient ??? C’est inacceptable. Vraiment petite sœur je te prie de revenir à des meilleurs sentiments. Je sais que ce n’est pas facile et que tu as certainement essayé de combattre ce sentiment mais en vain. Stp ressaisi toi . Malgré la colère nous t’aimons toujours car tu es notre sœur et notre compatriote

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