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I Am Cameroon propose à Paul Biya, un gouvernement de transition pour une fin pacifique et durable de la Crise Anglophone

Mancho Bibixy

Le Mouvement que dirige Mungai NFI vient de publier un communiqué dans lequel il dresse une feuille de route qui pourrait aider le Cameroun à sortir de cette crise qui bat son plein depuis bientôt 02 ans.


Mancho Bibixy
Début des soulevements populaires à Bamenda dans le Nord Ouest en 2016 – DR

Mouvement d’engagement civique local qui travaille pour inspirer, éduquer et engager les Camerounais dans l’amélioration de leur pays, I Am Cameroon propose entre autres une conférence Anglophone comme le veut depuis quelques jours le Cardinal Tumi. « Pour créer un véritable dialogue, le gouvernement devrait lancer un appel et financer une conférence anglophone semblable à celle des conférences anglophones qui ont eu lieu dans les années 90. Cette conférence, qui doit avoir lieu dans une région anglophone du Cameroun, devrait être un forum pour les Camerounais anglophones afin de poser le cadre de leurs revendications pour une réforme constitutionnelle. » Estime Arrey Obenson pour le compte de I Am Cameroon dans son communiqué. Une proposition que le gouvernement critique.

Comme autre grande proposition, le mouvement suggère à Paul Biya de mettre en place un gouvernement de transition. « Créer un gouvernement de transition qui inclura l’opposition et des militants indépendants pour piloter les réformes et assurer le bon fonctionnement du pays à travers les réformes qui devraient aboutir à des élections libres et équitables. » déclare t-il.

Lebledparle.com vous propose dans son intégralité le communiqué de I Am Cameroon qui contient plusieurs propositions.

Crise anglophone au Cameroun: Proposition de feuille de route pour une solution pacifique et durable

Identifier la cause profonde d’un conflit et aborder les problèmes sous-jacents est le moyen le plus efficace de résoudre une crise. Quand un patient visite un dentiste avec un mal de dents, il ne suffit pas de lui donner des analgésiques. Le dentiste identifie la cause du mal de dents et fournit un plan de traitement pour s’assurer que la douleur dans la dent ne revienne pas.

 Après deux années de guerre civile depuis l’émergence de ce qu’on appelle désormais la crise anglophone, le gouvernement du Cameroun a tenté d’arrêter la crise plutôt que de s’attaquer à la cause profonde. Les efforts du gouvernement n’ont fait que perpétuer la crise, entraînant une radicalisation accrue des modérés, des pertes en vies humaines, des membres et des biens. Pour tenter d’écraser une révolution pacifique, le gouvernement a peut-être involontairement créé une résistance armée. Le gouvernement, contrairement au dentiste, a essayé de tuer la douleur plutôt que d’identifier la cause de la douleur et d’élaborer un plan de traitement. En d’autres termes, le gouvernement du Cameroun a incontestablement échoué à trouver une solution à la crise qui prévaut.

Au risque d’être réprimandés par le gouvernement et par ceux qui réclament la séparation, nous avons la responsabilité de trouver une solution pacifique à la crise au Cameroun. Une responsabilité qui m’a hanté et beaucoup depuis le début de la crise. Comme beaucoup, nous avons partagé des idées et exhorté le gouvernement, en privé et en public, à trouver une solution à la crise. À mon grand chagrin et à celui de bien d’autres, le gouvernement n’a pas tenu compte de ces appels et les mesures qu’il a mises en œuvre jusqu’ici n’ont été que des demi-mesures, c’est le moins que l’on puisse dire.

Maintenant, nous devons apporter nos solutions aux gens et nous exhortons le peuple du Cameroun à exiger l’action du gouvernement; pas des demi-mesures, mais un plan clair pour résoudre la crise.

S’il y a un manque d’idées, ce qui est douteux, voici un plan proposé que le gouvernement du Cameroun peut adopter aujourd’hui et mettre ce pays sur la voie de la résolution de la crise, restaurer la dignité de nos frères et sœurs et instaurer la paix et la prospérité que nous souhaitons tous.

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Un plan de coexistence pacifique

1. Relief immédiat:

Le président de la République doit s’adresser à la nation en reconnaissant spécifiquement la crise anglophone non pas comme une menace pour la nation, mais comme une opportunité de redresser les torts de notre passé. Il doit reconnaître qu’il y a des défis dans la construction de la nation et que l’identification et la résolution de la crise anglophone est l’un de ces défis. Il doit faire preuve de bonne foi en s’attaquant à ce problème en accordant l’amnistie et en ordonnant la libération inconditionnelle de toutes les personnes arrêtées, détenues et / ou condamnées. Il devrait également créer une commission indépendante à l’instar du comité Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud pour établir un registre des vies perdues, des biens endommagés et des incidents de torture non pas dans le but de punir les coupables, mais de tenir la nation pour responsable. Cela ne doit jamais se répéter. L’indépendance de ce comité doit être primordiale. Enfin, le Président devrait, au nom du peuple camerounais, appeler à un dialogue inclusif exprimant sa volonté d’être impliqué dans ce dialogue et désireux d’engager toutes les parties intéressées – ces partis ne doivent pas être l’élite dirigeante mais doivent inclure la société civile anglophone.

2. La ALL anglophone conference:

Pour créer un véritable dialogue, le gouvernement devrait lancer un appel et financer une conférence anglophone semblable à celle des conférences anglophones qui ont eu lieu dans les années 90. Cette conférence, qui doit avoir lieu dans une région anglophone du Cameroun, devrait être un forum pour les Camerounais anglophones afin de poser le cadre de leurs revendications pour une réforme constitutionnelle. Les participants à cette conférence devraient inclure la société civile anglophone – représentants des associations professionnelles, syndicats, organisations non gouvernementales, dirigeants de partis politiques, associations de jeunes, groupes de femmes, leaders communautaires, chefs / Fons, influenceurs de la diaspora, activistes anglophones, anciens étudiants. Associations, détenus libérés et dirigeants de réfugiés de retour. Les représentants des gouvernements devraient être invités en tant qu’observateurs à la Conférence et d’autres parties indépendantes comme l’Union africaine devraient être invitées en tant qu’observateurs. Les résultats de cette conférence devraient conduire à un référendum dans les régions anglophones du Cameroun pour déterminer quelle forme de gouvernement ils préféreront dans l’union.

3. Conférence sur la réforme constitutionnelle

Le président devrait convoquer une conférence sur la réforme constitutionnelle dans les 60 jours suivant le référendum qui doit porter sur les résultats du référendum et mettre en place des garanties qui préviendront une telle crise à l’avenir ou déclencheront un moyen spécifique de résoudre une telle crise à l’avenir. Si l’événement  refait surface. Suite à l’élaboration de la constitution, le peuple camerounais doit avoir la possibilité, par référendum, d’adopter la nouvelle constitution. Il y aura un Conseil indépendant de réforme constitutionnelle qui sera nommé par le Président, chargé de l’élaboration et de la mise en œuvre des réformes constitutionnelles avec un mandat de cinq ans, qui n’est pas renouvelable. Ce comité doit avoir une représentation égale des anglophones et des francophones.

Les réformes constitutionnelles doivent porter sur les éléments suivants: la structure de partage du pouvoir entre anglophones et francophones, la forme de l’État (une fédération ou une confédération) et doit refléter la volonté du peuple, notamment anglophone, d’être plus autonome. Il doit aborder la gestion des ressources entre les États, la séparation des États et la dignité du peuple.

4. Un gouvernement de transition:

Pour démontrer sa bonne foi, le président devrait prendre des mesures pour créer un environnement qui inspire confiance et améliorer la transparence en prenant les mesures suivantes:

a. Travailler avec les assemblées (Sénat et chambre des députés) pour suspendre toutes les élections jusqu’à l’adoption de la nouvelle constitution.

b. Créer un gouvernement de transition qui inclura l’opposition et des militants indépendants pour piloter les réformes et assurer le bon fonctionnement du pays à travers les réformes qui devraient aboutir à des élections libres et équitables.

c. Créer une commission électorale indépendante qui remplacera l’actuelle ELECAM par un mandat clair pour gérer toutes les élections dans le pays.

c. Éviter de briguer un nouveau mandat à la fin des réformes constitutionnelles qui ne doivent pas dépasser août 2019.

5. Campagne nationale d’éducation et d’engagement de la société civile:

Le gouvernement, avec l’aide d’experts, devrait lancer une campagne nationale pour accomplir ce qui suit:

a.) Réintégration et réadaptation des citoyens déplacés.

b.) Engagement avec les groupes armés et rachat des armes en circulation.

c.) Création d’une vision pour un Cameroun uni, diversifié et pourtant respectueux du patrimoine culturel du peuple.

d.) L’éducation et l’engagement dans le processus électoral pour inclure les inscriptions pour voter, l’établissement de documents pour l’éligibilité à voter et un recensement. Cette campagne qui devrait également chercher à susciter et à accroître l’engagement de la base dans le processus politique doit être indépendante et ne servir à rien d’autre qu’à l’intérêt du peuple.

Ce sont cinq propositions qui pourraient aider à sauver le syndicat. Ces mesures sont nécessaires pour rétablir la confiance des anglophones dans l’union. La cause profonde de la crise anglophone est celle de la marginalisation perçue et seulement la démonstration d’un engagement ferme à embrasser les anglophones à égalité, que ce conflit sera résolu.

Alors que la crise anglophone s’installe et que nous cherchons des solutions, nous devons comprendre que l’action du gouvernement ne suffira pas à elle seule à résoudre la crise. Il faudra de l’engagement et du courage de la part de tous les intervenants pour que ces initiatives ou d’autres initiatives fonctionnent. Prendre les armes pour exprimer des griefs, peu importe leur légitimité, est toujours contre-productif. En jetant un coup d’œil sur la situation qui prévaut, la résistance armée n’a fait qu’augmenter la dévastation et les répercussions irréparables telles que le coût de la vie humaine et de la propriété, les conséquences économiques et sociales. J’exhorte toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue et à œuvrer en faveur d’une solution pacifique de la crise.

Chaque jour qui passe sans une solution claire à cette crise ne fait que radicaliser les anglophones et rendre la paix inatteignable.

Avec cette proposition qui représente des grandes lignes de vision pour l’avenir du Cameroun, je suis conscient du travail important qui doit être fait pour sa mise en œuvre. Je suis également conscient qu’il faut de la magnanimité et du leadership altruiste pour mettre en œuvre, mais je suis cependant conscient que là où il y a une volonté il y a un moyen.

C’est un dicton africain qui dit que « peu importe combien de temps dure la nuit, le soleil se lèvera ». Faisons de ce défi une opportunité pour le Cameroun.

© Arrey Obenson

Pour le compte de I Am Cameroon (Foundateur)

Juillet 2018


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