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Dr François Marc Modzom : « Il m’a été rapporté que certains travailleurs de notre radio mettent trois mois, parfois plus, sans mettre les pieds à la radio »

Dr François Marc Modzom : « Il m’a été rapporté que certains travailleurs de notre radio mettent trois mois, parfois plus, sans mettre les pieds à la radio »

Dans une interview exclusive accordée au microphone de la Crtv, média pour lequel il travaille depuis plus de deux décennies, le Dr François Marc Modzom a touché du doigt les plaies qui gangrènent le pôle radio dont la direction vient de lui être confiée.

Dr François Marc Modzom : « Il m’a été rapporté que certains travailleurs de notre radio mettent trois mois, parfois plus, sans mettre les pieds à la radio »
Dr François Marc Modzom (c) Droits réservés

Au terme des travaux du Conseil d’administration de l’office de radiodiffusion camerounaise tenus le 25 juin 2021, le Dr François Marc Modzom avait été rappelé de l’Ifcpa d’Ekounou pour prendre les commandes du pôle radio au média national.

Le 5 juillet dernier, le journaliste et enseignant de journalisme a été installé dans ses nouvelles fonctions par le directeur général de la Crtv, Charles Ndongo.

Depuis lors, l’éditorialiste est conscient de la tâche qui lui incombe. Pour avoir passé un grand nombre d’années dans le média et fort de ses investigations, il se résume que la discipline a pris un coup au sein de la radio, prêtant ainsi le flanc aux critiques diverses.

C’est la quintessence d’un entretien diffusé ce 8 juillet et le Lebledparle.com vous propose de parcourir.

Depuis lundi vous échangez avec vos collaborateurs des différentes directions. Que comprendre de ces concertations ?

Je parlerais bien volontiers de prise de contact, voir avec qui je vais être appelé à travailler. Je connais à peu près tous les responsables à partir du rang de sous-directeur ou de chef de département, je connais tous les rédacteurs en chef, mais j’avais besoin de rencontrer leurs autres collaborateurs pour me faire une idée de ce qu’ils attendent de mon avènement à la tête de la direction centrale de la radio. Ce n’est pas simplement par civilités, c’est aussi pour partager avec eux mon modeste regard sur ce que j’entrevois comme antenne. Et précisément une antenne disciplinée : respect de la hiérarchie, respect des institutions. Nous sommes une radio de service public et nous devons pouvoir rester une radio au service et à la disposition des institutions étatiques. Cela doit être sans équivoque. Que celui qui ne croit pas en ce que la radio soit l’instrument du pouvoir, – tout comme d’ailleurs toute la CRTV, mais je parle spécifiquement de la radio – celui n’a pas sa place au niveau de nos antennes.  

Vous prônez la discipline, le respect des normes et le respect de l’antenne…

En évoquant ce triptyque, vous évoquez aussi ce que j’attends et entends faire. La discipline, c’est de ramener d’abord les journalistes au travail. J’ai appris qu’à cause du contexte sanitaire, les journalistes se contentent de faire des papiers qu’on leur prescrit par WhatsApp. Je trouve ça scandaleux. La journée d’un journaliste commence par une conférence de rédaction. Le lieu de vie d’un journaliste, c’est la salle de rédaction. C’est là que les aînés transmettent la flamme aux cadets, c’est là que les cadets apprennent à connaître ce que c’est que le travail, les exigences du métier et les réflexes à acquérir. Si vous n’êtes pas au contact de ces aînés, de ceux qui vous enseignent le métier du terrain, le vrai métier, pas celui de l’école. On peut sortir de l’école de l’école de journalisme et ne pas savoir faire un papier de journaliste. Mais sur le terrain, il y a des réalités propres à chacune des institutions…

Je ne peux pas évidement accepter que l’on ait une radio avec des rédactions qui fonctionnent en semaine, en week-end et qu’on ne tienne pas de conférence de rédaction. Ça c’est le premier défi que je me suis donné: ramener la discipline. Que ceux qui doivent prendre part aux instances de préparation des contenus de l’antenne viennent prendre part à ces instances. Que ce ne soit pas facultatif, sinon on ne parle plus du journalisme. J’ai entendu également que dans certaines situations, on fait enregistrer certaines éditions du journal. Cela peut se comprendre du fait de notre contexte sanitaire, mais en même temps dans ce cas, il faut changer de nom. Si un journal est enregistré et diffusé en différé, ce n’est plus un journal. Qu’on lui trouve un autre nom. Je ne peux pas moi être solidaire de ce genre de pratique.

Il m’a été rapporté que certains travailleurs de notre radio mettent parfois deux semaines, un mois, deux mois, trois mois, parfois plus, sans mettre les pieds à la radio. Dans ce cas qu’on leur rappelle que M. le directeur général nous a donné à moi-même et à Ibrahim Chérif, directeur central de la télévision, des consignes strictes en matière de respect de la discipline. Ceux qui ne veulent pas venir au travail, doivent se préparer à en payer le prix. Même si ce prix, c’est de retrouver leurs amis au quartier.

 

Vous insistez sur la discipline.

La discipline impacte tout le reste. Le respect des normes ne peut pas être effectué si on n’est pas discipliné. Si l’on ne sait pas quelles sont les exigences d’un papier, d’une contribution pour l’entente on ne peut pas respecter la norme. C’est-à-dire la durée d’un papier, le respect du genre rédactionnel prescrit.

Vous tenez aussi à la sacralité de l’antenne.

La sacralité de l’antenne, ce n’est pas simplement une idée théorique que l’on enseigne dans les écoles de journalisme. C’est le respect de l’antenne dans toute sa pureté. C’est-à-dire que si vous ne savez pas parler la langue française ou anglaise, vous n’avez rien à faire à l’antenne. Si vous faites des confusions de genres, de nombres, de pronoms relatifs, vous n’avez rien à faire à l’antenne… Si vous me dites: «je suis une dame, j’ai des enfants en bas âge ou malades», alors madame changez de métier. Parce que lorsqu’on exerce notre métier, on n’a pas d’enfant malade, on n’a pas de parent mort. Le patron, c’est le public. Il doit être respecté envers et contre tout, sauf si vous êtes mort.

  

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