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Dieudonné Essomba : « Je ne suis pas un rebelle et je reconnais la légitimité et la légalité du Gouvernement »

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Dans une publication diffusée sur la toile le 26 septembre 2021, Dieudonné Essomba signe et reste constant sur sa position ; l’Etat unitaire ne peut pas résoudre la crise anglophone.

Essom
Dieudonné Essomba (c) Droits réservés

Pour Dieudonné Essomba, il s’adresse au gouvernement dont il reconnait la légitimité en lieu et place avec des séparatistes avec qui il n’a rien à discuter. C’est la raison pour laquelle il n’a eu de cesse de rebattre les oreilles régime de Yaoundé que « Le Cameroun unitaire ne peut pas vaincre la sécession anglophone ».

Ci-dessous l’intégralité de sa sortie.

Mon discours est clair : Le Cameroun unitaire ne peut pas vaincre la sécession anglophone !

Certains individus tentent de me fermer la bouche, au motif que je gênerais l’armée dans ses opérations, ou que soutiendrais en sous-main les séparatistes dans l’espoir d’avoir un Etat Ekang, ou que je me vengerais de ma carrière administrative médiocre, et autres conneries de la même espèce.

Ils me reprochent de ne pas demander aux rebelles de baisser les armes et vont même jusqu’à réclamer mon interpellation.

Je ne suis pas là pour faire plaisir à qui que ce soit, mais pour dire la vérité scientifique, puisque c’est le seul moyen de sortir le Cameroun de la mélasse où l’a plongé un Gouvernement autiste, poussé par des intellectuels inconséquents !

Je ne peux rien à demander aux Sécessionniste qui sont les ennemis du Cameroun et n’ont rien à discuter avec moi ! Ce sont des rebelles qui rejettent la loi camerounaise et les référents du Cameroun ! Il n’y a donc aucun débat avec eux et il s’agit de les combattre.

Moi, je ne suis pas un rebelle et je reconnais la légitimité et la légalité du Gouvernement et c’est pour cette raison que je m’adresse à lui, en lui disant comme spécialiste de l’analyse stratégique :

« Il faut combattre la Sécession, mais sous sa forme unitaire, le Cameroun n’a aucune chance de la battre ! Seul, un Etat Fédéral présente la configuration institutionnelle, technique et stratégique requise pour venir à bout d’une sécession de la taille de la Sécession anglophone !

En conséquence, si le Cameroun reste unitaire, l’Etat, le Gouvernement et l’armée seront battus à plate-couture et les Anglophones vont partir! »

Voilà mon discours !

Et c’est ce discours qui va se confirmer au fil du temps.

J’ai demandé dès le départ de fédéraliser le pays, et d’utiliser les mécanismes de fonctionnement d’un Etat fédéral pour mieux contenir la Sécession et la ramener à son stade larvaire dans lequel elle a vécu de 1961 à 2016, avant qu’une gouvernance folle et insensée ne vienne en faire un incendie.

Le Fédéralisme avait en effet 4 avantages directs contre la Sécession :

1. Il invalidait l’argument des Séparatistes, qui justifient, entre autre, leur action sur la Constitution de 1962 qui interdisait le changement de la forme de l’Etat et qui a été violée en 1972, ce qui affaiblissait leur base argumentaire auprès de la Communauté Internationale et leur puissance de persuasion auprès des populations Anglophones

2. Le Fédéralisme donnait aux populations anglophones un niveau d’autonomie satisfaisant, ce qui allait satisfaire un très grand nombre d’entre eux, réduisant par la même occasion la base de recrutement des Séparatistes

3. Le fédéralisme permettait de sous-traiter la Sécession à travers une police locale, recrutée sur la même base sociologique, et disposant d’une légitimité locale et de la même maîtrise du terrain. L’Armée nationale viendrait alors en appui de cette police.

4. Enfin le Fédéralisme compliquait le combat des Séparatistes, en transférant l’infrastructure collective de proximité à l’Etat régional, ce qui permettait sa meilleure protection par la police locale et la population.

Ces 4 mécanismes suffisait à ratatiner le mouvement sécessionniste à son ancien niveau larvaire d’où il n’aurait jamais dû sortir.

Mais en s’entêtant dans ses « unités nationales », ce qui n’est qu’une ruse pour garder la gestion monopolistique des 5.000 Milliards de l’argent collectif et vivre dans le luxe, l’Etat unitaire a créé les conditions objectives pour une réussite imparable de la Sécession anglophone.

Tenez ! Avez-vous lu les sites des Séparatistes après le récent passage du MINDEF ? De manière absolument malicieuse, mais très efficace, ces sites ont présenté la délégation de hauts responsable de la sécurité militaire qui n’était formée… que de Francophones ! Quelle terrifiante image !

Et quelle aubaine pour les séparatistes ! C’est l’image même d’une force d’occupation !

Dans un Etat fédéral, on n’aurait jamais vu ce genre d’image ruineuse pour la cause de l’unité ! La délégation du MINDEF aurait tout simplement rencontré le Ministre régional de la Police, pour que celui-ci leur fasse le point sur la situation sécuritaire et leur présente ses doléances en termes d’appui opérationnel et de ressources !

Mais cette image de hauts responsables militaires francophones, qui participe puissamment de la propagande ambazonienne ! Et qu’ils n’ont pas manqué de multiplier à l’infini en disant : « Vous-mêmes vous voyez ? Ils nous occupent militairement ! »

La gestion directe d’une Sécession par l’armée peut se faire contre un mouvement limité à 2% d’une population, mais au-delà de 5%, il n’est plus possible d’appliquer une gestion unitaire. Il faut absolument recourir aux caractéristiques propres aux Etats fédéraux.

Avec la Sécession anglophone qui représente 20% de la population, le Cameroun unitaire n’a même pas les moyens de la contenir et d’entraver son évolution. Cela signifie qu’elle va gagner en quelques années seulement, maximum 20 ans. Peut-être même 10 ans seulement, et en entraînant l’effondrement du reste du Cameroun.

Pour me résumer, je n’ai jamais dit qu’il fallait négocier avec la Sécession, ni renoncer à la combattre. Bien au contraire, il faut la combattre. Mais j’ai toujours dit que pour la combattre avec des chances de succès, il faut recourir aux mécanismes propres au fédéralisme et par suite, fédéraliser immédiatement le pays.

Faute de cela, les Anglophones vont partir et on n’y peut rien!

Cette posture, je l‘ai eu dès le départ sur la base des analyses scientifiques et je ne changerai jamais.

Parce que c’est la vérité !

Maintenant, celui qui n’est pas d’accord peut aller se pendre au Gabon !

Dieudonné ESSOMBA

Pour approfondir :   Coopération Cameroun-Union européenne : Participation du Cameroun à la Conférence de l’OMC


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