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Commissions, étudiante, sexe et proxénétisme : comment la prostitution s’est démocratisée à Maroua !

Cameroun prostitution
Cameroun prostitution

Le Nord du Cameroun a longtemps été cité comme l’exemple d’une région où les expressions pudeur et tradition prennent tout leur sens. Mais il semble que depuis quelques années, les maux qui gangrennent les capitales du Cameroun sont en pleine croissance dans cette partie du pays. C’est le cas notamment de la ville de Maroua qui connait un essor jamais atteint de la prostitution, du racket et du proxénétisme. 

Cameroun prostitution
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C’est un article paru dans le journal l’oeil du sahel qui explique en détails ce qu’est l’ambiance aujourd’hui dans les quartiers populaires de Maroua. Avec les difficultés financières que connaissent de plus en plus les populations de ces localités, “vendre son corps” est devenue une aubaine pour de nombreuses jeunes femmes. Et la croissance de cette activité illégale au Cameroun a ouvert la porte à de gros bras qui en profitent pour tirer leur épingle du jeu. Pour étayer ces faits, nos confrères de oeil du Sahel raconte une nuit dans une zone frequentée de la ville.

21h vient de sonner à Pitoaré, un quartier huppé de la ville de Maroua. Devant un restaurant, une Toyota Fortuner s’immobilise. Son occupant dont le visage trahit les 50 ans, descend discrètement et se dirige vers une silhouette vêtue d’une jupe et à la poitrine imposante. Le tandem échange quelques secondes et la silhouette monte dans le véhicule. Et celui-ci démarre en trombes. Sur la plaque d’immatriculation, sont inscrits les identifiants de la République du Tchad. D’après certaines indiscrétions, les Tchadiens seraient parmi les principaux clients de ces «putes de luxe». L’on cite également des Nigérians, des Centrafricains, des Béninois, des Sénégalais, des Maliens et évidemment des Camerounais. Ces clients d’un genre particulier, rivalisent d’astuces pour se payer les services de ces belles de nuit. A défaut de tomber sur l’une d’elles dans un restaurant ou par le biais d’une connaissance, ils font appel à des «protecteurs». Des protecteurs qui sont en réalité des proxénètes. «Quand nous plaçons une fille, nous avons un pourcentage sur le revenu. Maintenant notre pourcentage se négocie en fonction de l’accointance que nous avons avec les filles», explique Ousmane, un proxénète. D’après lui, «dans le listing des clients réguliers et bons payeurs, il y a des hommes affaires, des politiciens locaux, des employés des organisations onusiennes, ceux du secteur humanitaire, des administrateurs du domaine public et quelques hauts gradés de l’armée». Si un client verse 150.000 FCFA à une fille pour une nuit ou pour quelques heures, «j’ai en moyenne 50 000 ou 75 000 FCFA», déclare Ousmane. Et certains soirs, «je me retrouve avec 300 000 à 500 000 FCFA. Car, j’ai cinq filles que je place régulièrement, car elles sont très sollicitées. Et elles me rapportent beaucoup», ajoute-t-il.«Nos bons clients nous prennent généralement pour la nuit. Quand tu arrives à l’hôtel où chez lui, il te gère bien. Il te met à l’aise. Tu manges bien. Et s’il est satisfait après l’acte, en plus de ton enveloppe, il te donne un bonus qui s’élève souvent à 30 000 ou 40 000 FCFA», raconte Maimouna, une belle de nuit. «La plupart de mes filles sont des étudiantes. Et les autres, sont des femmes célibataires, qui n’ont pas d’enfants. Il y a aussi des jeunes filles fonctionnaires qui aiment bien le sexe», révèle Souleymane, un autre proxénète..

D’après la carte dessinée par les belles de nuit elles mêmes, la prostitution se fait sur plusieurs sites dont le carrefour «vieux manoir»), des boites de nuits et auberges comme Golden Gate, Dream’s, El Cabalo, le Club UV, l’auberge du comice, l’oiseau de canne, Manatthan, Loungou Dara boudoum, carrefour Pont-vert, Boucan VIP, Terrasse, Douggoy, Palar, Mayel Ibbé, Domayo, ou encore des zones comme Ouro Tchédé et Sararé.

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