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Cameroun : Le projet de société d’Abel Elimby Lobé pour les législatives et municipales 2020

Lobe Elimbi

Le 25 novembre 2019, Abel Elimby Lobé, initiateur de la plateforme Kawtal a péniblement déposé la liste de ses candidats aux législatives et municipales 2020. Après cette étape, l’ancien militant du Social démocratic Front(Sdf) mobilise les potentiels électeurs.

Lobe Elimbi
Abel Elimby Lobé (c) Droits réservés

Sur sa page Facebook, Abel Elimby Lobé étale son projet de société pour les législatives et municipales du 9 février 2020.

Ses propositions sont axées sur les réformes à apporter au niveau du mandat présidentiel en passant par la loi électorale jusqu’à l’électrification de sa circonscription électorale qui est le Wouri- Centre dans la région du Littoral.

Lebledparle.com est allé recueillir pour vous la pile de proposions faites par Abel Elimby Lobé et vous les propose.

 

Populations de Wouri-centre

(Douala1er et Douala 6ème)

Voici les six raisons pour lesquelles je me battrai pour vous.

Réviser la constitution pour :

1 – remettre dans la constitution la limitation du mandat du président de la République

En effet, Je pense qu’il est extrêmement important de garantir l’alternance à la présidence de la République en limitant le nombre de mandats qu’une personne peut faire. Cette disposition qui figurait déjà dans la constitution de 1996, a été retirée lors du changement de la Constitution intervenu en avril 2008 pour permettre au président Paul Biya de se représenter à l’élection présidentielle de 2011, alors qu’il avait déjà fait 29 ans au pouvoir. Il est à constater qu’une longévité excessive au pouvoir génère l’immobilisme qui inhibe le dynamisme social. Nous devons donc œuvrer pour qu’une personne qui arrive au pouvoir, y demeure au maximum 14 ans.

Je me battrai pour vous, avec les autres députés de bonne foi, pour que le mandat du président de la République soit de sept (7) ans renouvelable une fois.

2- Mettre un terme à la nomination des sénateurs.

Je suis pour l’existence du Sénat.

Comme vous le savez tous, je suis un fervent défenseur de l’Etat unitaire décentralisé. La décentralisation voudrait que les communes et les régions soient représentées au parlement. Il est juste qu’il y ait au parlement des personnes choisies pour défendre les intérêts financiers des communes et des régions car dans notre pays la loi prévoit que chaque année le gouvernement alloue aux communes et aux régions une somme d’argent prélevée dans le budget national : il faut donc avoir des personnes qui discutent avec le gouvernement pour déterminer le montant à donner aux communes et aux régions pour l’accomplissement de leurs missions de développement local. Ce sont ces personnes qu’on appelle Sénateurs.

Actuellement chaque région est représentée au Sénat par 10 sénateurs dont 7 élus par les conseillers municipaux et les conseillers régionaux puis 3 nommés par le Président de la République. Au total, pour les 10 régions du pays, il y a donc 100 sénateurs dont 70 élus et 30 nommés.

 Je me pose les questions suivantes :

 Pourquoi tous les 100 sénateurs ne sont-ils pas élus par les conseillers municipaux et régionaux ?

Pourquoi le Président de la République nomme-t-il 30 sénateurs seulement ?

Pourquoi le Président de la République ne nomme-t-il pas tous les 100 sénateurs ?

Ces questions auxquelles personne ne peut apporter des réponses nous montrent que la pratique qui veut que 70 sénateurs sont élus tandis que les 30 autres sont nommés par le président de la République, est purement arbitraire.

Si le Président de la République nomme des personnes, alors ces personnes vont représenter le Président.

Si on dit que les sénateurs représentent les communes et les régions, alors ce sont les communes et les régions qui doivent les désigner.

Je conclus donc que ce sont les communes et les régions qui doivent designer tous les 100 sénateurs et non 70 seulement.

Tout le monde voit qu’il n’est pas bon que 70 sénateurs représentent les communes et les régions puis 30 sénateurs représentent le Président de la République. Le Président de la République ne doit pas être représenté au parlement car c’est le parlement qui contrôle le Président de la République.

Je me Battrai donc pour vous, pour que tous les100 sénateurs soient élus par les conseillers municipaux et par les conseillers régionaux.

Pour approfondir :   L'arrestation de Bruno Bidjang prouve que "la peur a changé de camp" selon Me Ndoki

Ainsi dans chaque région, les conseillers municipaux et régionaux de la région éliront les 10 sénateurs de leur région et ces sénateurs devront être tous des autochtones de la région.

Au littoral, les 10 sénateurs devront être des autochtones du Littoral comme c’est le cas dans toutes les autres régions.

Ce n’est que justice !

Limiter les mandats des députés, des sénateurs, des conseillers régionaux et municipaux.

Si de nombreux camerounais sont d’accord que le mandat du Président de la République soit limité à 14 ans, les acteurs politiques s’accommodent du mandat indéfiniment renouvelable pour les fonctions de député, de sénateur, de conseiller régional et de conseiller municipal.

Je me battrai pour vous pour une généralisation de la limitation de tous les autres mandats politiques afin que personne ne soit député ni sénateur, ni conseiller régional ni conseiller municipal plus de 15 ans. Il faut qu’il en soit ainsi pour asseoir dans notre pays la culture de l’alternance dans le champ politique, car je considère que l’alternance des élus politiques est un puissant catalyseur du dynamisme de la société.

Personne n’est née pour être député !

Personne n’est née pour être sénateur !

Personne n’est née pour être maire !

Etc…

Réviser le code électoral

La question du code électoral divise profondément le pays. Il n’est pas juste d’avoir un code électoral qui empêche les partis politiques de faire des alliances à l’occasion des élections.

Il n’est pas bon que le Président de la République nomme tout seul tous ceux qui organisent les élections : les 18 membres du Conseil Électoral qui administrent Elecam, le Directeur général des élections et le Directeur général adjoint des élections qui dirigent Elecam.

Il faut avoir une élection présidentielle qui garantit au Président de la République élu une légitimité certaine.

Je me battrai pour vous pour :

L’instauration d’une élection présidentielle à deux tours, l’utilisation du bulletin de vote unique pour éliminer l’achat des consciences lors des élections.

* Quantifier la prise en compte des composantes sociologiques lors de la constitution des listes de candidats pour préserver les droits des populations autochtones à gérer les affaires publiques de leur terroir. Voila le 80/20 donc j’ai parlé au grand dialogue national.

* réformer ELECAM afin que les membres du Conseil Électoral soient proposés ainsi :

3 membres par le Président de la République

 3 membres par le sénat

 3 membres par l’Assemblée nationale

  3 membres par l’ordre des avocats

 3 membres par la chambre nationale des notaires

 3 membres par la chambre nationale des Huissiers de justice. Ces personnes proposées seront ensuite nommées par décret du Président de la République pour un mandat renouvelable une fois.

* Les membres du Conseil Électoral ainsi nommés élisent eux-mêmes le Président du Conseil Électoral pour un mandat renouvelable une fois

* Le Conseil Électoral nomme le Directeur général des Élections et le Directeur général adjoint des élections pour un mandat renouvelable une fois. Ainsi le Directeur général des élections et le Directeur général adjoint des élections dépendront du Conseil Électoral qui administre Elecam.

Cette réforme va conférer à Elecam une indépendance certaine vis à vis du Président de la République.

* Reformuler l’article 115 du code électoral pour conférer à tous les exemplaires du procès-verbal des élections la même valeur judiciaire afin d’éliminer la fraude par falsification des données du scrutin.

* Reformuler les articles 151,171 et 217 du code électoral pour permettre aux partis politiques de constituer des listes de candidats avec panachage.

Je me battrai pour vous pour que les partis politiques aient la liberté de constituer des listes communes lors des élections législatives, sénatoriales, régionales et municipales.

Démocratiser la fonction de délégué du gouvernement

Je me battrai pour que la fonction de Délégué du Gouvernement soit maintenue : elle est un héritage des pères fondateurs qui marque les spécificités institutionnelles du Cameroun.

Pour approfondir :   Me Akere Muna élu président du conseil d’administration d’Ecobank Cameroun

Mais en même temps, je me battrai pour vous pour que la fonction de délégué du gouvernement soit démocratisée par la nomination du délégué du gouvernement parmi les autochtones membres du conseil de la communauté urbaine et que le délégué du gouvernement soit choisi par le Président de la République dans le groupe politique majoritaire au conseil de la Communauté urbaine.

Ainsi le Délégué du Gouvernement sera un conseiller municipal et aura un mandat qui s’achève avec celui des conseillers municipaux.

Créer des sièges de députés à l’assemblée nationale pour la diaspora camerounaise.

La diaspora camerounaise est la partie de la nation qui se trouve à l’étranger. Étant entendu que les camerounais de l’étranger élisent aussi le Président de la République, il est légitime qu’ils élisent également, comme les camerounais de l’intérieur, les représentants de la nation chargés de contrôler l’action du Président de la République qu’ils ont élu.

Les députés de la diaspora seront des camerounais qui vivent à l’étranger et qui viendront prendre part à chaque session de l’Assemblée nationale au frais de celle-ci.

Promouvoir une loi pour interdire la production des emballages plastiques non biodégradables.

Un véritable péril environnemental est en train de se mettre en place à une vitesse qui défit notre imagination. Les entreprises brassicoles et les huileries utilisent pour des raisons de bénéfice à faire, des bouteilles en plastique que les consommateurs abandonnent dans la nature sans que ces plastiques n’aient une brève échéance pour se décomposer. Tout le monde voit comment ces emballages plastiques mettent en danger notre système de drainage des eaux de ruissellement en obstruant les drains si péniblement construits. Tout le monde voit comment ces emballages plastiques terminent malheureusement leur dérive dans nos ruisseaux, rivières, qui servent depuis la nuit des temps de drains naturels pour évacuer les eaux des pluies vers les grands cours d’eau.

Je me battrai pour vous pour que la production de ces emballages plastiques soit interdite et que les entreprises qui les utilisent reviennent aux bouteilles en verre, ce verre qui est parfaitement recyclable et fabriqué à partir du sable dont notre pays regorge. Je vais œuvrer pour l’adoption d’une « loi de non-prolifération des plastiques » qui va aussi encourager le retour à l’emballage papier à la place des sachets plastiques non biodégradables.

L’électrification de Manoka.

L’île de Manoka c’est la commune d’arrondissement de Douala 6. Il n’y a pas de ligne électrique qui alimente la commune d’arrondissement de Douala 6. Cette situation condamne Manoka à un sous-développement chronique. À cause du manque d’électricité, les autorités administratives de Manoka vivent tous dans la partie continentale, le Maire vit à Douala, les enseignants et bien d’autres fonctionnaires ne s’établissent pas dans l’île pour accomplir leurs missions. À cause de cette pénurie d’électricité l’île de Manoka, cette partie insulaire de la ville de Douala est en train de devenir un peuplement nigérian.

Je me battrai pour Manoka,

Je me battrai pour que le gouvernement alimente Manoka en électricité pour que Manoka amorce enfin son décollage économique, pour que les autorités administratives puissent s’y établir et marquer la présence de l’État.

Je me battrai pour parler au gouvernement, parler, parler encore et encore, encore et encore et encore et encore pour que Douala 6 ne demeure pas dans la nuit. Tel que nous connaissons notre mauvaise gouvernance, l’électrification de Manoka sera une œuvre de longue haleine que je voudrai mener.

Voilà chères populations de Wouri-Centre, les objectifs prioritaires pour lesquels j’entends me battre pour vous.

Voilà six raisons essentielles, Voilà six objectifs prioritaires pour lesquels je souhaite être une des trois (3) représentants de la nation que vous allez designer le 9 février prochain.


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