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Wilfried Ekanga : « l’échec de l’opposition est dans le même temps l’échec du peuple »

Ekanga Wilfried DR

Dans une tribune publiée sur Facebook ce vendredi 15 novembre 2019, Wilfried Ekanga, analyste politique parle du peuple camerounais passif selon lui dans l’engagement politique. Le militant du MRC se demande où est le peuple quand l’opposition se bat pour elle. Il trop facile de porter critique sur l’opposition locale en se mettant en retrait. Lebledparle.com vous propose l’intégralité du message de l’auteur du livre (tu dois t’impliquer).


Ekanga Wilfried DR
Wilfried Ekanga – DR

Société civile – Jean où es-tu ?

QUE FAIT LE PEUPLE ? OÙ EST LE PEUPLE ? QUI EST LE PEUPLE ?

« Le MRC m’a beaucoup déçu ». « Cabral Libii est un traître ». « Le SDF est un collabo du régime ».

Voilà ce qu’on entend ça et là de la part de ceux qui se réclament « apolitiques » ou de la « société civile ». Le problème c’est qu’on ne les voit jamais prendre les devants pour combler les déficits de ceux dont ils critiquent les manquements.

Alors c’est quoi le peuple ? Qu’est-ce que la société civile ? C’est quoi être apolitique ? Est-ce que ça consiste à regarder et à commenter ce que font les politiques tout en décidant de ne rien faire soi-même ? Si tout le monde t’a déçu, ça veut dire que tout le monde a été incapable de réaliser tes rêves, alors qu’attends-tu pour les réaliser toi-même ?

Le ridicule c’est que ceux qui critiquent les partis (et les hommes) politiques, au lieu d’agir et de faire mieux que ceux qu’ils critiquent, attendent encore qu’un parti (ou un homme) politique tombe du ciel et leur apporte le salut. C’est le Syndrome du Messie, le culte du sauveur, chez un peuple qui insulte ceux qui essayent, tout en refusant lui-même d’essayer.

L’Everest du non-sens.

MORCEAU CHOISI

Quand je dis « je suis contre la tenue des élections en février 2020 parce que la crise anglophone tue encore mes compatriotes, que le code électoral transpire la tricherie et que les libertés publiques n’existent pas pour faire des meetings », vous me répondez : « Oui, mais ton parti le MRC a décidé d’y aller malgré tout, donc Kamto a trahi son combat. »

Quand je dis : « Les principaux leaders (Kamto, Libii, Oshi, Kah Wallah etc ) doivent faire front commun pour mettre une énorme pression sur le RDPC afin de repousser l’élection et organiser avant tout un vrai dialogue national et une réforme du code », des gens me disent encore : « Aucun d’eux n’acceptera l’union, car trop d’égo et trop d’opportunisme ».

Alors je vous interroge :

« ET VOUS DANS TOUT ÇA ?! »

Le but de ma proposition de faire front commun est d’encourager l’adhésion de la masse populaire que vous êtes. Puisque c’est inédit et inattendu, si cela venait à se réaliser, ça ferait certainement l’effet d’une bombe qui drainerait des foules semblables à la Guinée Conakry. Je pense qu’on ne réalise pas des choses impossibles si on ne fait pas des sacrifices impossibles.

Maintenant, ce que je ne comprends pas, c’est que tout en étant tous d’accord que les leaders vous ont déçus en refusant de s’unir, vous êtes incapables de vous organiser vous-mêmes et de le faire en tant que peuple.

 

Est-ce que tu veux que Paul Biya (qui ne comprend qu’une seule langue : le pouvoir) organise un scrutin alors que nos compatriotes meurent sous nos yeux ? Est-ce que tu veux revivre la scène d’octobre 2018 où des membres du RDPC sont membres du Conseil Constitutionnel ? Est-ce que ça te fait plaisir qu’un compatriote qui veut être candidat dans le Sud soit refoulé au péage comme s’il s’agissait d’un pays étranger ?

Est-ce que être apolitique signifie qu’on accepte de vivre avec la barbarie ? Quel est le plan de la société civile pour libérer ce pauvre Wilfried Siewe ?

« Honte à celui qui ne se révolte pas contre l’injustice », c’est ce qu’écrivait Jules Grandjouan, peintre et activiste nantais décédé en 1968. Et c’est dans le même élan qu’environ 20 ans plus tard, Thomas Sankara clamait que « l’esclave qui est incapable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort ».

Autrement dit, l’échec de l’opposition est dans le même temps l’échec du peuple. Quand Maurice Kamto est descendu marcher le 26 janvier, ceux qui l’accusent aujourd’hui de « trahir le combat » ne sont pas allés marcher avec lui. La logique ?

La deuxième échappatoire est de nous dire à nous de la diaspora : « Venez ici au pays, on va vous suivre ». Mais pourquoi préférez-vous « suivre » quelqu’un plutôt que de prendre les devants ? Vous cherchez à sortir de la dictature ou bien à nous rendre service ? Et pourquoi n’avoir pas suivi les leaders sur place qui sont pourtant plus grands que nous ?

Pour finir, à ceux qui nous disent : « Qui es-tu et qui t’a mandaté pour parler au nom du peuple ? », je retourne la question : « Où est donc le peuple pour parler en son propre nom ? »

EKANGA EKANGA CLAUDE WILFRIED

( « Et que dit-il ? » )

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