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Un média français accuse Paul Biya de financer Africa 24 à des fins de propagande

Paul Africa 24

D’après une enquête exclusive publiée par le site français Capital, le régime de Yaoundé a versé depuis 2010, 40 millions d’euros soit plus de 25 milliards de FCFA dans le sens d’influer sur le management et sur le contenu éditorial du média d’information en continu.

Paul Africa 24
Paul Biya (c) Droits réservés

De la même manière que les grandes puissances disposent des mastodontes comme France 24, RFI ou encore la BBC pour servir leurs intérêts sur la scène médiatique, le Cameroun tient Africa 24 pour assurer cette besogne en sa faveur. C’est en effet, le constat que dresse le site français Capital dans une enquête rendue publique le 31 mai 2021.

Née en 2009, Africa 24 est la plus regardée des chaînes d’information africaines, devant Africanews et Telesud. Selon les données relayées par Capital, elle réalise 0,4% de part d’audience sur les 15 ans et plus, selon l’étude Africascope menée à l’automne 2020 par Kantar/TNS. L’audience grimpe à 54% sur les cadres dirigeants.

Si officiellement, la chaîne est éditée par une société française, A Media France SAS, officieusement, le média serait financé par le président de la République camerounaise. « En réalité, la chaîne est financée par le Cameroun. Dirigé par Paul Biya depuis 1982, c’est “un des pays les plus dangereux pour l’exercice du journalisme sur le continent”, déplore Reporters Sans Frontières, qui le classe aux tréfonds de son palmarès de la liberté de la presse (135ème rang sur 180) », relève le site web.

« Yaoundé a versé plus de 40 millions d’euros à la chaîne depuis 2010. Cela a principalement pris la forme d’espaces publicitaires. Yaoundé en a acheté pour 21 millions d’euros entre 2010 et 2017, puis s’est engagé en 2019 à en acheter pour 3,2 millions d’euros par an, même si en pratique la somme a été un peu inférieure (2,8 millions d’euros prévus pour 2021). Par ailleurs, le Cameroun s’était aussi engagé à subventionner les pertes de la chaîne, et a versé à ce titre 4,9 millions d’euros. En outre, il a apporté 10 millions d’euros en capitaux à Afrimedia International, une holding luxembourgeoise qui détenait la chaîne jusqu’en 2019. Mais tout cet argent n’a pas suffit. Afrimedia SAS, la filiale française de la holding luxembourgeoise, a déposé le bilan en janvier 2018, puis a été liquidée en février 2019. Le Cameroun a alors versé encore un million d’euros supplémentaires pour reprendre les actifs, en demandant toutefois à ce que ces actifs soient apportés à une société française “de substitution”, à savoir A Media France SAS. De plus, Yaoundé a aussi promis de couvrir les éventuels déficits de trésorerie à hauteur d’un million d’euros », poursuit l’enquête.

La Guinée Equatoriale également de la partie

Les précisions du média français font également état de ce que, l’autre bailleur de fonds de la chaîne serait la Guinée équatoriale. D’après leurs chiffres, Teodoro Obiang Nguema a apporté au total 19 millions d’euros : 10 millions d’euros de capitaux, plus 8,9 millions d’euros en achats d’espaces publicitaires.

Toutefois, le fondateur de la chaîne, Constant Nemale Jr nie toute implication des deux pays d’Afrique centrale dans son fonctionnement. « Ni le Cameroun ni la Guinée équatoriale n’ont jamais eu aucune influence ni sur l’éditorial, ni sur le contenu, ni sur le management », a assuré ce dernier à Capital.

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