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Dieudonné Essomba : « Le problème anglophone n’est pas de ceux qu’on résout par des escroqueries politiques »

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La persévérance et l’endurance sont des mots qui traduisent mieux le combat sans merci que mène Dieudonné Esomba au sujet de la forme de l’Etat au Cameroun.

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Dieudonné Essomba (c) Droits réservés

Les travaux du dialogue national ont fermé leurs portes depuis le 4 octobre 2019. Les résolutions prises sont en examen en vue de leur possible mise en application.

Pour Dieudonné Essomba, la fédération est le système qui sied au Cameroun pour venir à bout à la crise anglophone qui ne cesse de commettre les victimes un mois après la rencontre.

L’économiste use donc de tout type raisonnement pour soutenir sa position. Lebledparle.com vous propose cette autre tribune de Dieudonné Esomba sur sa page Facebook ce 30 octobre 2019.

Si ton petit frère t’a donné son téléphone et te le réclame, remets-lui son téléphone !

Sui ton petit frère t’a donné son téléphone et qu’un an plus tard, il te demande de le lui remettre avec énervement, remets-lui son téléphone.

Ne dis pas que tu ne veux pas remettre au motif que ce sont vos ennemis qui l’incite. Car, quand bien même cela serait vrai, il vaut mieux pour toi assécher la source de la querelle en lui remettant son téléphone, plutôt que de t’arc-bouter au motif qu‘il n‘aurait pas raison de le réclamer !

En vous arc-boutant dans votre refus de lui remettre son téléphone, vous alimentez sa colère et vous lui donnez des raisons objectives de s’appuyer sur vos ennemis pour vous combattre !

Ne dites pas : « Même si je lui remets le téléphone, il va continuer à me combattre ! » Car, si vous lui remettez son téléphone et qu’il continue néanmoins à vous combattre, il apparaitra clairement à tous que le problème n’était pas le téléphone et vous serez fond à réagir avec légitimité.

Mais en aucun cas, vous ne pouvez avoir aucune légitimité si vous gardez son téléphone.

Les Anglophones sont venus à nous, Francophones, avec une souveraineté partagée, sous un modèle fédéral. Avec raison ou sans raison, nous avons supprimé cette souveraineté pour la fondre dans une souveraineté unique, en supprimant la Fédération.

Il se trouve que des années plus tard, les Anglophones se ravisent et réclament leur souveraineté partagée. Plutôt que de s’arc-bouter sur des arguties juridiques et des accusations des ennemis, réels ou supposés, remettez-leur d’abord leur souveraineté partagée en rentrant à la Fédération de 1961, éventuellement réaménagée pour tenir compte des évolutions ultérieures du Cameroun !

Vous ne pouvez pas tenir des arguments du type « le fédéralisme est la voie de la Sécession », dès lors que les Anglophones sont venus aux Francophones sous la promesse d’un système fédéral ! Ils auraient bien aller avec le Nigéria puisqu’ils avaient ce choix, mais ils sont choisi le Cameroun sous le modèle fédéral !

Supprimer ce modèle fédéral, au motif qu’il serait la source de la Sécession, c’est adopter le comportement d’un flibustier, d’un escroc et d’un voleur ! Cela signifie qu’on promettant la Fédération aux Anglophones, nous étions inspirés par des idées très malveillantes !

Il n’y a que des bandits de grand chemin qui tiennent un tel discours !

En tout état de cause, le problème anglophone n’est pas de ceux qu’on résout par des subterfuges et des escroqueries politiques. Quand bien même il s’éteindrait aujourd’hui il réapparaîtrait 5 ans, 10 ans plus tard, avec plus de violence. Et on ne peut pas imaginer fonctionner avec une guerre permanente de Sécession et espérer atteindre les objectifs économiques que nous nous sommes donnés.

Le seul moyen de résoudre ce problème c’est de remettre aux Anglophones leur souveraineté partagée. Il faut clairement leur dire : « Vous êtes venus sur la promesse d’un Etat Fédéral, nous avons un Etat fédéral ! Qu’est-ce que vous voulez d’autre ? »

A ce moment, s‘ils continuent la guerre, on saura que le problème n’était plus un engagement mutuel que chacun devait respecter !

Et là, toute action visant à obliger les uns et les autres à respecter leurs engagements serait alors parfaitement légitime !

Mais vous ne pouvez pas refuser de leur remettre leur souveraineté partagée que vous avez arrachée tout en prétendant votre cause légitime !

Tout le tralala sur l’unité nationale, toute cette comédie de la pacification, toutes ces fausses espérances que nous tentons d’entretenir en nous appuyant sur les conclusions du Grand Dialogue National, tout cela, c’est du pipo : les Anglophones ne reviendront jamais à l’Etat unitaire.

Il faut aller à la Fédération !

Dieudonné Essomba

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