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Charles TCHAGNENO : « Je reste convaincu que le temps de l’Afrique c’est pour bientôt »

L’univers de la littérature Africaine et Camerounaise en particulier vient de s’enrichir d’un nouvel ouvrage intitulé « Le développement en Afrique. Problèmes et perspectives de solutions ».

Un livre qui intervient dans un contexte où les débats vont bon train sur l’avenir du continent noir, 54 ans après les indépendances. L’auteur dudit essai Charles Legrand TCHAGNENO TENE est né à Baméka, département des hauts-plateaux à l’Ouest du Cameroun. Avec « Tourment », œuvre inspirée d’une histoire réelle, publié aux Editions Edilivre en 2013, il signe son premier roman après plusieurs ouvrages dont un recueil de poèmes intitulé, « Et demain l’Afrique » publié en 2012 chez harmattan. Diplômé en journalisme de l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) du Cameroun, conseillé d’orientation, Charles Legrand TCHAGNENO TENE prépare actuellement un Doctorat en psychologie à l’université Pierre-Mendès France de Grenoble. Cet auteur fécond a accepté de répondre à nos questions.

Bonjour  M. Charles Legrand TCHAGNENO TENE (Charles)

Bonjour à tous les lecteurs du site LeBledParle.com et merci pour l’intérêt que vous accordez à ma modeste personne.

LeBledParle.com (LBP) :  Vous venez de publier aux éditions Publibook un livre au titre évocateur intitulé « Le développement en Afrique.Problèmes et perspectives de solutions » présentez-nous en quelques mots cet ouvrage.

 Charles : « Le Développement en Afrique. Problèmes et perspectives de solutions » est un essai de 196 pages publié, comme vous l’avez dit, aux éditions Publibook à Paris en novembre 2014. C’est un ouvrage de huit (8) chapitres dans lesquels nous essayons tour à tour d’opérationnaliser le concept de développement, de montrer l’inconséquence d’un certain nombre d’attributs qui l’ont souvent accompagné, mais plus encore et à la lumière des faits de l’histoire et de l’actualité, des tares qui ont souvent plombé et continuent à plomber l’émergence de notre continent. Et par-delà toutes ces difficultés, nous proposons des pistes de réflexions et de solutions qui en réalité jaillissent d’une analyse du contenu des représentations de nombres de jeunes africains sur l’avenir du continent. Il y a bien des raisons de penser que les choses sont résolument en train de changer, à commencer par les mentalités et les perceptions. Et ça, croyez-moi, ça ne laisse pas ceux qui ont tout intérêt à nous maintenir dans le sous-développement indemne.  

LBP :   La préface de votre livre a été écrite par le Dr. Guy Parfait SONGUE, enseignant à l’Université de Douala au Cameroun, pourquoi l’avez-vous choisi comme préfacier de votre Essai ?

Charles : Le choix du Dr Guy Parfait SONGUE, à qui j’exprime ici ma gratitude, relève de deux principales raisons. La première est relative à ses compétences scientifiques qui ne sont plus à démontrer, mais surtout à l’intérêt qu’il porte aux questions d’ingénierie sociale et de développement en Afrique. Deux thématiques corrélées, à mon avis, pour une Afrique qui veut vraiment penser son avenir. La deuxième raison est liée à sa jeunesse. C’est l’un des jeune les plus brillants de sa génération et qui fait la fierté de l’Afrique. Sans la prétention d’être le porte-parole de la jeunesse africaine, nous avons voulu dans cet ouvrage traduire une vision de la jeunesse africaine sur la marche de son continent. Il a accepté de nous accompagner dans ce projet.

LBP : On sait qu’il y’a une abondante littérature sur les questions de développement de l’Afrique. Cependant on se rend compte que le message ne passe toujours pas. En quoi votre livre est-il différent des autres ?

Charles : Ce questionnement est à la base même de cet ouvrage. Nous nous demandions pourquoi plus de cinquante ans après les indépendances, de nombreux pays en Afrique,  en était encore là à claironner sur les toits. Ce ne sont  pas les écrits qui manquent sur la question du développement en Afrique. Encore moins les expertises. Il est temps plutôt de se rendre à l’évidence, que  la vérité est là. L’Afrique ou mieux les Africains doivent avoir le courage de se libérer de certaines contraintes sans lesquels ni aucune expertise, ni aucun écrit ne fera rien changer. Ceux qui peuvent faire cette différence aujourd’hui, ce sont les jeunes qui constituent la meilleure chance de l’Afrique. Ce livre c’est en quelque sorte un appel à l’action.

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LBP :    Pensez-vous que l’Afrique noir  soit  finalement mal partie comme le disait Réné DUMONT ?

Charles : Si je croyais en cette prophétie de mauvaise augure, je n’aurai pas écrit ce livre, ni ceux qui l’ont précédé. Bien au contraire, j’estime que l’Afrique tient son destin en main et à elle de décider sur son avenir. Mais pour cela elle devrait accepter de se libérer de l’aliénation qui lamaintien d’une façon ou d’une autre sous le joug de ses exploiteurs. Je reste convaincu que le temps de l’Afrique c’est pour bientôt. Cette conviction est fondée sur les réactions de la jeunesse africaine qui semble prendre de plus en plus conscience de la mesure des enjeux géopolitiques que l’Afrique constitue pour le reste du monde, des appétits malsains que cette dernière nourrit, bon gré malgré, chez les autres. Je sais qu’il viendra un temps où les africains se refuseraient d’être la victime d’un monde qu’elle nourrit. Je sais qu’il viendra un temps où les africains pourront décider par eux-mêmes du sens à donner à leur vie, à l’exploitation de leurs ressources humaines et matérielles, à leur histoire. Ce jour-là vient où on ne parlera plus de relation France-Afrique dont la seule appellation rappelle les blessures d’une colonisation qui n’a en réalité changé que de forme. Ce jour-là vient où on parlera plutôt d’échange gagnant-gagnant, et pour de vrai, entre un pays africain et un autre, entre une communauté africaine unie et intégrée et une autre… Mais le pas ne peut être fait que par l’Afrique et l’Afrique seule.

LBP :   Dans votre livre, vous fustigez le néocolonialisme qui constitue un frein  au développement de l’Afrique. Ne pensez-vous pas que les Africains sont aussi pour beaucoup dans ce qu’on observe aujourd’hui ?

Charles : En fait quand je parle du néocolonialisme, c’est aussi et surtout des dirigeants africains que je parle. Puisque ce sont eux qui servent de bras séculier à la puissance coloniale. Ils troquent les richesses des pays qu’ils dirigent contre l’éphémère pouvoir et hypothèquent ainsi durablement l’avenir du continent. Mais si vous ne les considérez plus comme « Africains », vous n’avez peut-être pas tort. Ils ne sont pas les seuls à plaindre. Il y a aussi un certain nombre de mentalités qui se sont développées et font désormais écran à l’expression des vraies valeurs africaines qui normalement place l’Homme au centre de toute préoccupation. Dès lors qu’on importe des tares de l’Ailleurs et qu’on présente comme valeurs pour l’Ici au nom d’une modernité mal comprise en soi, comme nous le rappelle si bien le Pr EbénézerNjoh-Mouelle, on fait à mon humble avis, partie de cette nouvelle race de colonisateur dans la mesure où on contribue consciemment ou non à l’aliénation de l’Afrique.

LBP :   Certains observateurs disent que l’Afrique doit s’unir pour se développer. Est-ce que vous partagez cet avis ?

Charles : C’est l’une des propositions majeure que je fais dans mon ouvrage. La mutualisation des énergies et des ressources restent à mon avis l’issue ultime à l’Afrique pour s’imposer face à une globalisation qui est aujourd’hui dictée par l’impérialisme occidental. Mais cela ne doit être que l’aboutissement d’un processus qui passe entre autres par cette désaliénation dont nous avons tantôt parlé. Car une Union africaine sans indépendance ne serait qu’un tonneau vide, une caisse de résonnance en somme.

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LBP : Selon vous, cette unité Africaine est –elle pour demain ?

Charles : Je l’ai dit, nous avons désormais notre destin en mains. Et comme le rappelait régulièrement Thomas Sankara, l’un des héros de l’Afrique, si l’esclave qui a pris conscience de son état de captivité reste attendre la magnanimité de son maître pour retrouver sa liberté, il ne s’en prendra qu’à lui-même. Je veux dire qu’il revient aux africains et eux seuls de se libérer. Ça peut être demain ou après-demain. Ça prendra le temps qu’on acceptera de rester sous les chaînes de l’aliénation et de l’exploitation. Mais personne ne le fera à la place des africains. Surtout pas ceux à qui cette aliénation profite.

LBP : Vous avez publié en 2012 aux éditions Harmattan, un recueil de poème intitulé « Et demain l’Afrique »pourquoi cette passion pour le continent noir ?

Charles : Je vois l’Afrique grande comme le monde. Pourquoi ce continent si riche et beau ne peut pas jouir de ses atouts ? Voilà une question qui m’interpelle depuis que j’ai pris conscience de la réalité de la pauvreté et de la misère généralisée sur le continent. Tous mes écrits tournent autour de ces questions avec d’autres façons de réfléchir sur le problème. Je rappelle que même mon roman « Tourment », récemment publié aux Editions Edilivre ne s’éloigne pas de cette problématique. Je souhaite que cette réflexion se poursuive avec les jeunes de l’Afrique ou d’ailleurs et s’irradie dans tout le corps social, que toute personne qui aime ce merveilleux continent s’en approprie. C’est dans une saine confrontation des idées qu’on sera à mesure de sauver le « monde ». C’est pour cette raison que j’ai créé un site internet ( www.charles-tchagneno.com , ndlr). C’est un espace d’échange sur les problèmes qui minent le continent dans la mesure où tous concourent à la réflexion sur le développement de celui-ci. Toutes les contributions y sont les bienvenues.

LBP :  Un dernier mot à l’endroit de l’Afrique et des Africains ?

Charles : Chaque africain où qu’il soit doit se sentir fier de ce continent et jouer pleinement sa partition pour sa construction. Nous devons écrire l’histoire de l’Afrique de demain à travers nos contributions et expertises diverses.

LBP : Comment faire pour  entrer en possession de  votre ouvrage ?

Charles : Pour le moment, on peut l’acheter sur le site de l’Editeur, ou auprès des libraires en ligne tels qu’Amazon, Decitre, Chapitre, etc. Et bientôt sur celui de la Fnac. Le livre est vendu pour toute livraison à destination del’Afrique au prix spécial Afrique de 7000Fcfa. Mais je reste ouvert à toute proposition de libraires pour une distribution physique sur le continent. Mon objectif étant de toucher un maximum de jeunes, je reste aussi ouvert à des partenariats pour des dépôts dans les bibliothèques africaines. Toute personne désireuse de contribuer à cette aventure peut me contacter par mail à l’adresse e.mail tchagneno@yahoo.fr .

LBP : On peut déjà avoir le titre du prochain livre ?

Charles : Le prochain est presque achevé. Mais je garde la surprise.

LBP : Merci d’avoir accordé cette première interview à Lebledparle.com et bon vent pour la suite

Charles : C’est moi qui vous remercie.

Propos recueillis par Hervé FOPA FOGANG, LeBledParle.com

 


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Chroniqueur LeBledParle.com Berenger Nstama

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