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Cameroun : Un autre éboulement engloutit cinq maisons au quartier Tougang-ville à Bafoussam

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L’éboulement du quartier Tougang-ville a visiblement été absorbé par l’actualité autour de l’autre éboulement survenu au quartier Gouache, dans l’arrondissement de Bafoussam troisième, faisant 43 morts, selon des sources officielles.

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Eboulement de terrain de Bafoussam (c) Droits réservés

Pourtant, dans la matinée du 3 novembre 2019, un éboulement s’est produit au quartier Tougang-ville dans l’arrondissement de Bafoussam deuxième. À l’unanimité, les riverains soutiennent que la chute d’un pan de colline a enseveli cinq maisons.

Selon les mêmes sources, deux des habitations étaient occupées. « Les autres voisins avaient déménagé quelques jours avant lorsque nous avons commencé à ressentir les premières secousses fortes. » Comme le témoigne Samuel Kegne, propriétaire d’une habitation ayant échappé à l’affaissement du sol. Aucune perte en vie humaine n’est signalée, toutefois des signes précurseurs font craindre d’un drame plus conséquent.

C’est que dans cette zone située au lieu-dit Tougang-ville, 6e rue, de nombreux habitants continuent d’occuper leur maison, quoique partiellement endommagée. Sur chacun des pans des deux collinettes, le brouhaha d’un collège privé et celui d’une école maternelle semblent relativiser l’ambiance accidentogène qui caractérise les lieux.

Dans le cratère géant causé par la chute des terres, l’on aperçoit encore des débris de tôles et de charpente ainsi qu’un ruisseau qui serpente entre les deux collinettes et une chute d’eau sur le pan supérieur de ces deux espaces habités. Dans les décombres, quelques riverains s’activent à planter des tiges d’eucalyptus et des plants de bambou. Des plants dont ils espèrent qu’ils vont arrêter la chute des terres.

De l’avis même des habitants de cette zone qui compte une centaine de maisons, dont certaines, à deux ou trois niveaux, des secousses de faible amplitude se font ressentir sur cet espace depuis de nombreuses années. Le phénomène a pris de l’ampleur depuis quelques mois. Et, il y a un mois, elles sont devenues plus fortes. Une alerte qui a décidé deux habitants à déménager la veille de la chute de leur maison. À l’observation des signes similaires à ceux ayant précédé l’éboulement survenu au quartier Gouache.

Rencontré dans la journée du 7 novembre 2019, le maire de la commune d’arrondissement de Bafoussam 2e consent que la zone soit déclarée à risque depuis l’année 2016. Période au cours de laquelle des croix de Saint-André ont été apposées sur plus d’une centaine d’habitations du quartier Tougang-ville.

L’opération de marquage faisait suite à une évaluation conjointement menée par la commune d’arrondissement de Bafoussam 2e, la Communauté urbaine de Bafoussam, le Ministère de l’habitat et du Développement urbain et le Ministère des Travaux publics. Seulement, les habitants ne semblent pas résolus à déguerpir.

« Nous leur avons demandé de partir, au cours de la descente que nous avons effectuée sur les lieux le 6 novembre dernier. Pour la plupart, ils disent attendre des dédommagements. Or, la mairie ne dispose pas d’un budget à cet effet. »

Habitantes des lieux, Jacqueline Djouka, la soixantaine et installée sur le site depuis une trentaine d’années soutient n’avoir aucun autre recours. Une posture soutenue par de nombreux autres habitants des lieux dont le sol s’affaisse à certains endroits, au contact de simples pas.

Selon le maire de la commune de Bafoussam 2e Emmanuel Tagne Ngheko, trois autres sites de cette commune présentent des risques similaires. « Nous avons demandé aux habitants et autres occupants de l’entrée chefferie Baleng (entre le carrefour Tomba et le cours d’eau), ceux de Tougang 6 ainsi qu’à ceux occupant le contrebas du dépôt Scdp de déguerpir. » Des appels qui ne semblent pas compris.

Interrogé sur les mesures prises pour éviter le drame qui semble imminent, le maire de la commune de Bafoussam 2e, Emmanuel Tagne Ngheko indique : « Nous ferons une évaluation dans une dizaine de jours pour voir si les populations sont parties. » En attendant, la vie continue sur le site de Tougang-ville qui s’affaisse continuellement, à vue d’œil.

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