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Opération Epervier: Ce qui est reproché à Louis Bapès Bapès

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Opération Epervier: Le ministre Mbapès Mbapès des enseignements 2aire est aux arrêts

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Comme une traînée de poudre, la nouvelle s’est répandue à travers les artères de la capitale. Le ministre camerounais des Enseignements secondaires, Louis Bapes Bapes est bel et bien incarcéré depuis hier, lundi 31 mars 2014 à la prison centrale de Yaoundé.

Les uns n’en reviennent pas. Les autres trouvent cela ahurissant. Pourtant, le fait est bel et bien avéré. Depuis 13h ce lundi 31 mars 2014, le désormais ex-l’actuel ministre des Enseignements secondaires, Louis Bapes Bapes, a été notifié de son placement en détention provisoire à la prison centrale de Kondengui. Au pénitencier, hier dans l’après-midi, tout semble normal. N’eût été les allées et venues des hommes et femmes de médias qui y arrivent toutes les 5 minutes pour s’enquérir de la situation, le citoyen lambda n’aurait pas su que quelque chose d’inédit s’y produit : un ministre en fonction embastillé.

Pourtant, seulement 2h plus tôt, aux environs de 13h, un car de marque Hiace de couleur blanche, floqué de la mention « prison centrale de Yaoundé » s’est stationné juste à l’entrée de la prison et a laissé descendre le Minesec, selon le personnel pénitencier, témoin de la scène. Vêtu d’un pantalon de toile de couleur marron et d’une chemise rose, le ministre Bapès Bapès est descendu du véhicule les jambes flageolantes (certainement à cause du poids de l’âge). Au niveau de la grille d’entrée, les gardiens décrivent l’homme qui y arrive abattu, « très abattu même », insistent-ils. Il a ensuite été accueilli par le régisseur de la prison centrale de Yaoundé Kondengui, le sieur Bomotoliga Koalang, qui l’a installé au quartier spécial 7. « Pour l’instant en tout cas, on ne sait si cela sera son quartier définitif. Le régisseur peut trouver qu’il n’est pas approprié qu’il y reste, ou lui-même demande à être logé ailleurs», croit savoir un gardien de prison.

Toujours est-il que dans ce quartier, il est voisin de l’ex-Sgpr, Jean-Marie Atangana Mebara et l’ex-Minsanté Urbain Olanguena Awono et autres. Plus tôt dans la journée, soit aux environs de 10 heures, apprend-on de sources dignes de foi au parquet général, près le Tribunal criminel spécial (Tcs), il répondait à une convocation du procureur général reçu en fin de semaine dernière. Telle est la raison pour laquelle il s’est présenté au (Tcs) dans la matinée du 31 mars 2014. Sur les lieux, il a été reçu et auditionné par le procureur général, Zéphirin Nsoga. Son garde du corps et son chauffeur seront ensuite priés de retourner avec le véhicule de service, « il n’aura plus besoin de vos services », leur a-t-on lancé. Ce, longtemps avant qu’il ne soit traduit devant un juge d’instruction qui l’a renvoyé devant le Tcs. C’est ainsi qu’il a été notifié de sa mise en détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé. Il y a été rejoint quelques heures plus tard par son avocat qui y était encore au moment où le reporter du Messager quittait les lieux.

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Faits reprochés

Au sujet de ce qui lui est reproché, rien ne filtre. Toujours est-il que dans les arcanes de la justice, on lie cette affaire à celle de la défunte Catherine Abena, qui a été, de son vivant, secrétaire d’Etat au ministère des Enseignements secondaires, sous le magistère du ministre Bapès Bapès en 2005. Quelques années plus tard, en 2010, ses plus proches collaborateurs, soient son ancien secrétaire d’Etat, Catherine Abena, son délégué régional du Centre, Simon Pierre Amougui, Nicodème Akoa Akoa, inspecteur des services, dame Minlo’o, contrôleur financier étaient interpellés et détenus, tous accusés de détournement de deniers publics puis relaxés. A ce moment, des sources faisaient état de ce que, « ce sont des signes qui ne trompent pas » et que le Minesec était forcément impliqué dans ces mêmes dossiers de malversations et de détournements.

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En son temps, le Minesec et son secrétaire d’Etat ont été entendus plusieurs fois à la direction de la police judiciaire dans ces dossiers de malversations financières (entre 2005 et 2006) liés aux frais d’examens, à certains marchés et bien d’autres, le tout pour une valeur totale de 250 millions Fcfa. Par un tour de passe-passes que seuls maîtrisent les arcanes du pouvoir, tout l’entourage du Minesec avait alors été interpellé, exception faite de lui-même. D’aucuns arguaient que « c’est certainement sa casquette de ministre en fonction qui aurait empêché son arrestation». Et de poursuivre que, le rapport du contrôle supérieur de l’Etat sur sa gestion « chaotique » se trouve sur la table de Paul Biya et il se dit que son arrestation ne dépend plus que du bon vouloir du chef de l’Etat. « Une chose reste sûre : il sera difficile qu’il échappe à une arrestation dans la mesure où ses complices sont déjà neutralisés», concluaient-ils alors. Il n’a pas fallu attendre qu’il soit démis de ses fonctions de ministre, pour être interpelé et placé en détention provisoire. Pour certains, c’est le décès de l’ex-Secrétaire d’Etat Catherine Abena qui aurait précipité la descente aux enfers du ministre âgé de 71 ans aujourd’hui. Lui qui avait intégré l’équipe gouvernementale en 2002 et a été pendant 27 ans, directeur général de la mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (Magzi).

© Florette MANEDONG


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