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Cameroun : Ousmanou MAGADJI, Mototaximan et auteur de 5 livres

Ousmanou Magadji raconte son histoire dans l'émission ''Equete sur la 2

C’est une folle histoire que vit ce camerounais chauffeur de Moto-taxi dans la ville d’Ebolowa dans la région du Sud au Cameroun.


 Ousmanou Magadji raconte son histoire dans l'émission ''Equete sur la 2

Ousmanou Magadji dans sa maison en planche, raconte son histoire dans l’émission ”Equete sur la 2″ ( Canal 2 international) – Capture ecran

Ousmanou MAGADJI est moto taximan depuis une quinzaine année à Ebolowa au Cameroun. Quoique titulaire d’un BEPC, ce père de 5 enfants nourrit depuis son enfance une forte passion pour l’écriture et la lecture. Cet originaire de la ville de Garoua a toujours aspiré à devenir écrivain après avoir quitté les bancs en classe de troisième. « Souvent pour avoir une bonne note, j’étais contraint de rédiger médiocrement mon devoir de rédaction, pour la simple raison que mes maîtres et professeurs me soupçonnaient parfois d’avoir plagié! »

Il est donc à ce jour auteur de 5 livres. Dont 4 publiés aux éditions Edilivre à Paris et un aux éditions L’harmattan à Paris.

« D’amour et d’océan plus fort que les vagues » – l’harmattan 2010

« Lettre à oncle Paul suivi de lettre à tante Habiba et de lettre à oncle Ahidjo » – Edilivre (mai 2016)

« Trouver mademoiselle rosa Schulz – tome i » – Edilivre (mai 2015)

« Lettre à Stephen Hawking suivi de j’ai mal à mon Israel suivi de le paris-Dakar de Monsieur Sarko » – Edilivre (décembre 2014)

« L’immaculé Nègre » – Edilivre (août 2014)

Seulement comme il le confie sur les antennes de Canal 2 international, ce père qui peine à nourrir sa progéniture avec son activité de conducteur de Moto-taxi n’a jamais reçu 5 FCFA pour toutes ses œuvres publiées chez ces deux éditeurs français.

L’Harmattan, Edilivre… des maisons d’édition qui ne paient pas ses auteurs

Dans une enquête de 2015, le journal Le Monde Afrique, apprend que l’Harmattan, le géant de l’Edition français, affirmant soutenir la littérature africaine a institué depuis plusieurs années une méthode assez controversée. L’éditeur propose un type de contrat qui n’est ni plus ni moins que de l’édition à compte d’auteur déguisée. L’éditeur verse à l’auteur à compter de cinq cent un exemplaires vendus, 4 % du 501e à 1 000 exemplaires vendus et 6 % à partir de 1 001 exemplaires. Une pratique peu orthodoxe de l’avis de certains auteurs réputés. Sachant que rares sont les ouvrages tirés à plus de 500 exemplaires – « entre 100 et 300 pour un recueil de poésie ou pour un essai », selon l’auteur français Denis Pryen qui se confie à Le Monde, – un auteur a très peu de chance d’être payé un jour.

Pour l’écrivaine Sophie Renaudin, Edilivre de son coté  « propose une offre intéressante, mais seulement du pack de base gratuit,  n’est somme toute pas si mal, sauf si vous (les auteurs) n’avez pas l’intention de faire fortune avec vos écrits.»

L’espoir fait vire…

En attendant de vivre un jour de son métier d’écrivain, Ousmanou MAGADJI, le Mototaximan d’Ebolowa continue de faire ce qu’il aime le plus au monde. « Écrire est devenu ma raison de vivre et être publié mon unique but dans la vie. Tout ce que je gagnais comme argent en me débrouillant y passait. Je me souviens avoir bazardé des objets personnels comme mon matelas pour payer une saisie. J’ai du expédier pas moins de cinquante manuscrits. Quand j’ai eu mon premier livre en main, je croyais devoir sauter de joie. Que non. Sans doute que le long et dur chemin pour en arriver là fut éprouvant et l’exaltation que je m’attendais à éprouver s’en trouva atténué.»

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