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Tribune : « Les théories du tribalisme ont été conçues sous fonds de guerres politiques »

Tribune : « Les théories du tribalisme ont été conçues sous fonds de guerres politiques »

Dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux le lundi 20 avril 2020, l’Ecrivain Félix Mbetbo parle du crime contre l’unanimité causé au départ du tribalisme et aujourd’hui par le partisisme.


Tribune : « Les théories du tribalisme ont été conçues sous fonds de guerres politiques »
Stop tribalisme – DR

L’auteur de la tribune montre que le pays est divisé et dans cette division politique, la jeunesse est perdue et confie son destin au gourou politique. Pourtant cela ne doit pas être le cas et il pense qu’il faut une nouvelle citoyenneté de la part de la jeunesse qui sera porteuse d’une civilisation nouvelle. « Vu qu’en cette vie, nul être ne peut faire l’unanimité, il faut pouvoir penser autrement. Au-delà du bien et du mal, au-delà de l’envers et de l’endroit, au-delà du sardinard et du tontinard, il faudra construire un nouveau type de citoyen. Un citoyen nouveau, qui sans être une girouette qui change de camp selon le mouvement du vent, arrive à être une alternative entre deux camps qui n’ont pas compris que la divergence est une chance. Ce citoyen nouveau portera un nom, il sera porteur d’une civilisation nouvelle ! », écrit-il.

Lebledparle.com vous propose l’intégralité de la tribune.

CRIME CONTRE L’UNANIMITÉ: DU TRIBALISME AU PARTISISME

Maurice Kamto affirmait en 1993 que la racine du sous-développement se trouve dans l’idée maléfique selon laquelle « toute pensée non engagée pour l’unanimisme est subversive » et Paul Biya, dans un de ses discours en 1992, disait « le tribalisme ou le régionalisme sont les pires ennemis d’une nation en construction ».

De ce fait, depuis l’énonciation de ces deux pensées, le Cameroun n’a fait que s’enfoncer. Les théories du tribalisme ont été conçues depuis les sommets de l’Etat jusqu’à la base sous fonds de guerres politiques. Les affrontements ethniques causés par ces idées farfelues sont nés dans plusieurs régions du pays, faisant morts, blessés, ruinés, déplacés au passage. Dans les administrations publiques et même au sein de l’Eglise, les clans se sont crées sur ces mêmes bases et pour les mêmes fins.

On a beau manger dans les mêmes plats dans nos quartiers, boire dans les mêmes bars et se mélanger sous différents draps, le tribalisme ne cesse de faire parler de lui. Plusieurs partis politiques en ont même fait une obsession stratégique de force et d’opération.

Aujourd’hui un peu plus qu’hier, le Cameroun vit un moment politique inédit. Du moins, de ces 20 dernières années. Une image plutôt grandiose de l’opposition est née, et fait véritablement un contrepoids au pouvoir en face et en place depuis 1960, même s’il a fait semblant de se renouveler dans les années 80.

Ainsi, deux camps semblent s’opposer et ceci de manières très violentes. Les uns qui s’estiment être du côté de la figure opposante, et ceux qui s’estiment du côté de la figure dirigeante. Les uns veulent le pouvoir et les autres veulent le conserver. Avec l’usage intensif des réseaux sociaux, on voit ces clans à visages découverts. Chacun avec ses supports de luttes et ses supporteurs, ses défenseurs, ses attaquants, ses motivateurs, ses -financeurs-.

Il est donc demandé à tout un chacun de choisir son camp. Soit tu es avec l’un, soit tu es avec l’autre. Aucun juste milieu n’est donc accepté. Cette vision plus qu’extrémiste et manichéenne de la politique, est en train de créer une sorte de déséquilibre émotionnel chez plusieurs camerounais qui jusqu’ici n’ont pas encore été éduqués ; ni sur ce que c’est que la politique, ce que c’est que s’opposer ou encore moins ce que c’est que gouverner.

Plusieurs supportent pour supporter, commentent pour commenter, détestent sans aucune raison, et mènent des luttes sans réelles explications logiques.

C’est ainsi que ceux qui disent être a-politique, sans véritablement comprendre ce que ça veut dire, vu qu’ils ne le savent pas, sont traités de traitres ! Ceux qui disent être neutres, donc d’aucun camp, sont vus d’un mauvais œil. Ce partisisme qui se veut pire que le tribalisme est un nouveau virus qui ronge l’idée même de Nation.

Un virus dont pour s’en séparer, il faudra laver les cœurs de nombreuses souillures de haine et de frustrations, il faudra désinfecter les langues serpentines qui distillent la haine sans repos, et surtout déconfiner les cerveaux qui sont encore coincés dans les cages solides.

On a vu les opposants politiques envoyer les jeunes dans la rue et dormir avec leurs concubines dans leurs villas. On a vu les hommes au pouvoir envoyer les jeunes marcher contre tel parti et les laisser crever de faim dans leurs chambrettes dans les cités. On a vu les opposants créer des partis soit-dits d’opposition et ont tronqué leur vision le lendemain pour se diluer dans le parti au pouvoir. On a vu les dirigeants promettre ciel et terre aux indics et infiltrés et les abandonner devant les halls d’hôtels avec leurs multiples requêtes.

Les jeunes par manque de guide et de vision solide, se perdent dans les élucubrations des uns et les promesses non-tenues des autres. Ils vivent donc par procuration et attendent le salut d’un ange qui certainement ne tombera plus du ciel. Or ils doivent cesser de mener les luttes des autres et essayer de se chercher eux-mêmes.

Vu qu’en cette vie, nul être ne peut faire l’unanimité, il faut pouvoir penser autrement. Au-delà du bien et du mal, au-delà de l’envers et de l’endroit, au-delà du sardinard et du tontinard, il faudra construire un nouveau type de citoyen. Un citoyen nouveau, qui sans être une girouette qui change de camp selon le mouvement du vent, arrive à être une alternative entre deux camps qui n’ont pas compris que la divergence est une chance. Ce citoyen nouveau portera un nom, il sera porteur d’une civilisation nouvelle !

Félix Mbetbo

                                    

                                    

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