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Mandats présidentiels en Afrique : de la délimitation à l’illimitation

Mandats présidentiels en Afrique : de la délimitation à l’illimitation
Parlementaires de la RDC

Mandats présidentiels en Afrique : de la délimitation à l’illimitation

Plusieurs pays d’Afrique au Sud du Sahara seront prochainement des cibles pour une éventuelle modification de la constitution, précisément l’article qui limite le mandat présidentiel.

 Parmi ces pays, il y a entre autres le Togo avec Faure Gnassimbé Eyadema, le Burundi avec Pierre Kurusinza, le Rwanda avec Paul Kagamé, le Benin avec Yayi Boni, la RDC avec Joseph Kabila, et le Congo avec Dénis Sassou Nguésso. Le point commun qu’il faut relever, est que tous ces chefs d’Etats respectivement ne peuvent plus se présenter à la prochaine élection présidentielle qui aura lieu dans leur pays. Tout simplement parce que la constitution ne les autorise plus. Il faut aussi souligner que ces présidents ne se sont pas encore prononcés sur le débat qui a pignon sur rue chez eux. Selon les dernières informations le président du Benin a décidé de ne pas modifier la constitution pour se représenter à nouveau à l’élection présidentielle, suite à l’évènement du Burkina-Faso. En effet il faut dire que, le silence c’est le mode opératoire des prééminences institutionnelles de nos Etats. Ils utilisent aussi beaucoup de subterfuge pour  surprendre la population et passer en force le moment souhaité.   Ceci étant pourquoi avoir choisi l’option de limitation de mandat au départ ? Pourquoi vouloir travestir la constitution pour sauter le verrou de la limitation du bail au sommet de l’Etat maintenant ? Dans un premier temps, il faut dire que l’option de limitation au départ était une contrainte de la « communauté internationale » parce qu’il fallait que les Etats Africains s’arriment à la donne démocratique. Il faut d’ailleurs souligner que l’aide au développement était conditionnée par cet arrimage.

 Dans un deuxième temps, nos présidents veulent prolonger leurs séjours à la tête de l’Etat, parce qu’ils sont amoureux du pouvoir et n’envisagent pas le laisser à quelqu’un d’autre. Ainsi, on peut penser qu’ils ont pour profession président de la République. Ensuite, ils ne veulent pas redevenir des citoyens justiciables ordinaires comme le reste de la population.  Parce que leur gestion du pouvoir a été entachée de beaucoup d’irrégularités et une fois n’étant plus aux affaires leurs quotidiens n’est parfois que tribunaux, soit au pays ou à la CPI. En outre, il y a aussi l’entourage de nos chefs d’Etats qui pour des raisons de sauvegarde de leurs privilèges, incitent et encouragent les présidents à se maintenir au pouvoir. Ils font d’eux des « manitous », avec des discours laudateurs, démiurgiques. Ce faisant ils utilisent le fallacieux prétexte du peuple. Ils savent manipuler les populations pour rester longtemps que possible au magistère.

Paul Biya lappel peuple

 Au Cameroun, les membres du RDPC, qui occupent les hautes fonctions n’ont pas toujours arrêté de rédiger « l’appel du peuple », une compilation de motions de soutien qui appelle le président Paul Biya à se maintenir au pouvoir.  Ils font croire que c’est le peuple qui décidait, mais l’insurrection populaire au Burkina-Faso a montré tout à fait le contraire. Oui, c’est le peuple qui décide, mais pour leur propre intérêt et non celui de ces présidents qui se servent plutôt et prétendent servir le peuple. En fait cette posture est une imposture. La confirmation vient du Burkina-Faso,  et constitue un signal fort pour nos présidents. Le peuple peut faire foule, pour s’inscrire en faux contre  Aimé Césaire  qui pensait en son temps que le problème du peuple est qu’il n’arrivait pas à faire foule face aux défis qui les attendent.Toutes ces raisons et bien d’autres confortent nos présidents à s’éterniser à la magistrature suprême et cela passe automatiquement par la fragilisation des constitutions.  L’instabilité des constitutions Africaines n’honore pas notre continent et Barack Obama ne s’était pas trompé lorsqu’il disait : «  l’Afrique à besoin des institutions fortes et non des hommes forts ». Puisque ces institutions sont carrément bottées en touches lorsque les hommes forts ne sont plus ou bien débarrassent le planché d’une manière inopinée. 

 Au Burkina Faso,  le parlement a été mis en touche dans le processus de transition, pourtant il devrait avoir son mot à dire de part ses prérogatives constitutionnelles, voilà une fois de plus une forme de fragilité. Les hommes doivent passés, mais les institutions demeurent.

 

© Chancelin WABO | Lebledparle.com

    


 

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