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Lynda Raymonde : « Les responsables de viols sur les athlètes de l’équipe féminine, déshonorent le karaté camerounais »

Ancienne karatéka, l’artiste musicienne Lynda Raymonde continue de publier des tribunes en relation avec l’affaire de scandal sexuel dans le monde du Karaté au Cameroun. Dans la livraison de l’acte 4 de ses publications en date du 20 juillet 2020, elle appelle à la radiation des acteurs de viols et toute autre violence.


Combat de karaté – DR

« Les responsables de ces actes ignobles de harcèlement, chantage, tentatives viols, viols et séquestrations sur les athlètes de l’équipe féminine, déshonorent le karaté camerounais en particulier et l’art martial en général. Ils doivent être radiés et désacralisés afin que la justice soit rendue sans abus d’autorité et sans trafic d’influence. Le karaté professionnel doit leur être interdit à vie. La pratique et/ou l’enseignement d’aucun art martial également. Ce sont des voyous et des honteux personnages qui ont échoué au test des neuf vertus du Karaté-do que sont : l’honneur, la fidélité, la sincérité, le courage, La bonté, l’humilité, la droiture, le respect, le contrôle de soi», écrit-elle.

Lebledparle.com vous propose l’intégralité de la tribune.

LES VIOLENCES SEXUELLES AU SEIN DE L’ÉQUIPE NATIONALE DE KARATE : un secret de polichinelle

Les responsables de ces actes ignobles de harcèlement, chantage, tentatives viols, viols et séquestrations sur les athlètes de l’équipe féminine, déshonorent le karaté camerounais en particulier et l’art martial en général. Ils doivent être radiés et désacralisés afin que la justice soit rendue sans abus d’autorité et sans trafic d’influence. Le karaté professionnel doit leur être interdit à vie. La pratique et/ou l’enseignement d’aucun art martial également. Ce sont des voyous et des honteux personnages qui ont échoué au test des neuf vertus du Karaté-do que sont : l’honneur, la fidélité, la sincérité, le courage, La bonté, l’humilité, la droiture, le respect, le contrôle de soi.

 L’un des arbitres très influent à l’époque qui avait officié lors de ma finale me sera la main en ces termes : “bravo tu es une vraie lionne, qui est ton maître ? Je répondis Me Olinga! Il répliqua: “aka il faut venir chez moi, tu es une championne. Tu as bêtement perdu ce soir par ce que tu as le mauvais parrain. Il faut me chercher tu mérites mieux, redonne-moi ton nom”!

PART 4

Pendant que les nouveaux champions de la saison jubilaient et fêtaient leurs sacres dans un temple  noir bondé de monde, moi je regagnais la maison, les yeux embués de larmes, frustrée et déçue. J’avais le sentiment d’avoir suffisamment donné, d’avoir fait ce qu’il fallait, mais que s’était-il passé? Qu’est ce qui m’avait échappé pour que je ne sois pas sur la première marche du podium? Qu’est ce qui n’avait pas marché ? La rigueur des entraînements au club des mois durant m’interdisait de pleurer, alors je me retins de verser une seule goutte des larmes qui floutaient ma vue. Ma mère m’attendait sur le seuil de la porte, la mine rassurée que je n’ai rien de cassé, de la tête aux pieds, elle m’explora de ses yeux perçants avant de me demander : “raconte”… Je lui appris le regard fuyant de peur de craquer que j’étais doublement vice-championne du Cameroun dans les deux catégories où j’avais combattu.  Je lui tendis alors les médailles d’argent et de bronze que je portais autour du cou. Elle me félicita et les reçu avec beaucoup de fierté. Elle enchaîna : “j’espère que maintenant tu pourras te consacrer à la préparation de ton examen. Je répondis  que oui en regagnant ma chambre. Après avoir pris mon bain, je m’endormis le ventre vide, exténuée de ma journée. Au lycée, mes camarades ne parlaient que de ça, certains de mes enseignants également et ça me gênait quelque peu. La semaine qui suivit malgré la promesse faite à ma mère de me concentrer sur mon baccalauréat, je me rendis au club question de décompresser. Cette séance d’entraînement me fit grand bien et me libéra de toute contrariété. J’en profitai pour raconter à Me Olinga, mon Senseï, mon échange insolite avec cet arbitre influent de la province du Littoral. Il s’étonna, esquissa un rire biaisé d’amertume et répliqua : “Les championnes qu’ils fabriquent sur les papiers là! Est ce que tu as besoin de ça?! Fais ton karaté ma fille, continue de travailler sans relâche, ne t’éloigne pas de tes objectifs, tu es une championne de tatamis et pas de ce qu’ils veulent déjà manigancer là… Regarde Hermance, Ndi Nkoa, César, Bella, Tchouingui et autres, c’est le travail qui les a hissé au sommet, continue de bosser”.

Quelques semaines plus tard, j’entrais en stage avec l’équipe nationale pour préparer le championnat d’Afrique zone 4. Les premières semaines, le stage se tenait au club national en face de l’actuel centre culturel camerounais (CCC) tous les jours de 16h à 19h. Les podiums du dernier championnat avaient été appelés à l’occasion, Anthony BESSALA était le capitaine, autour de lui il y avait des phénomènes comme Abdoulaye DJIDA, Alain NYAM, BAMBAYE à Baron, MEFONO Crepin, MOUKOURI César, ainsi que des talents comme NOUMBISSI Panphield, NLOGA MBOCK, MESSANGA, LEUDJEU, NKUIMI, LOTSI Hermance, IVRANA Sylvie, MBOUDOU Jeanne d’arc, TCHOMBOU, SIMH et moi-même. Plus tard Feue MOTTO Patrick, Feue NJONG Manfred, HOMOCK,

MADZO Gladys, KASEI Édith nous ont rejoints en stage bloqué à l’hôtel le paradis à NGOUSSO, où nous avions déposé nos valises. Il est à noter qu’en l’entame du stage, nous étions le double voire un peu plus du carré final des compétiteurs.

Tous les jours donc de lundi à vendredi, dès 15h au pas de course, je me faufilais de la salle de classe pour la maison par des voix non autorisées qu’on nommait les parallèles, pour me rendre au club national. Le premier jour du stage, l’entraineur national Me EKOTTO, le président de la fédération Me YAMTHÉ Jonas et ses hommes de main dont le plus fidèle Me BOUNGANG était là pour nous accueillir. De jour en jour, la préparation physique se corsait, la pression montait tellement qu’à certains moments je pensais jeter l’éponge. Je réussis cependant à me surpasser et à résister. Lorsqu’arriva le moment de la pratique même des techniques de base et de kumité. Je me sentis soulagée car je me retrouvais dans mon élément. À la première pesée j’avais perdu presque 5kg, il y avait de quoi! Je me levais à 6h chaque jour, généralement après ma prière, je faisais une lecture rapide de la première leçon du jour, puis je m’empressais de me préparer pour le lycée où dès 7h10 de la maison, je pouvais entendre résonner la voix du surveillant général Mr ONDJA’A Felix qui nous intimait de nous dépêcher et dès 7h15 de courir. Chaque matin, c’était donc toujours au petit trot que je regagnais ma salle de classe. Et dès 15h c’était encore courir du Lycée à la maison et de la maison à mon taxi pour le club national. Le soir, après de longues et douloureuses séances d’entraînements, en groupe nous marchions dans un climat de divers, de blagues et de détente jusqu’à la poste centrale où chacun pouvait enfin emprunter un taxi pour son domicile.

Durant le stage plusieurs responsables et officiels de la fédération nous rendaient constamment visite et nous regardaient travailler, évoluer. Un jour on me fit appeler pour échanger avec certaines de ces personnes qui me posèrent d’abord un tas de questions sans véritable rapport avec le karaté : “Tu es d’où (origine), tu t’entraines chez qui? tu habites où ? Tes parents font quoi dans la vie? Tu fréquentes où ? Pourquoi tu ne me cherches pas ? Tu ne veux pas aussi voyager? Le karaté c’est bien mais ce n’est pas suffisant! À ce stade de sélection vous avez toutes le même niveau, mais tout le monde ne peut pas voyager!!!

Affaire à suivre…

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