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Lydol La Slameuse: « Je me suis retrouvée en train de faire du slam sans même savoir qu’une discipline artistique pareille existait »

Lydol La Slameuse: « Je me suis retrouvée en train de faire du slam sans même savoir qu’une discipline artistique pareille existait »

Malgré son emploi d temps très serré, elle a tenu avec joie à répondre aux différentes questions qui lui ont été posées


Lydol La Slameuse: « Je me suis retrouvée en train de faire du slam sans même savoir qu’une discipline artistique pareille existait »
                        Lydol LaSlameuse(c)Droits Reservés                                                                        

Nominée au dernier Canal2’or 2019 comme Révélation de l’année et au Balafon Music Awards comme révélation féminine de l’année 2019, la finaliste du dernier prix découverte RFI à travers son style unique baptisé ‘’Slam’’ enchaine les prestations au Cameroun et à travers le monde afin d’imposer ce style dans la consommation des œuvres musicales camerounaises. Elle revient sur son parcours, ses motivations dans le slam. Mais également sur son passage a l’émission ‘’L’Afrique a un Incroyable Talent’’, ses perspectives d’avenir et sa relation avec l’humoriste Ulrich Takam. Interview

Comment vas-tu Lydol ou devrais je dire Madame Bimoulèè? Qui est Lydol La slameuse ?

 Bonjour je vais bien merci J Bimoulèè D’abord Hihihi ! je suis une jeune femme camerounaise qui a décidé de faire du slam son métier. Je suis passionnée des mots et de l’écriture. L’art et particulièrement le slam pour moi est une thérapie. C’est le moyen pour moi non seulement de m’exprimer mais de partager certains sentiments et transmettre des émotions. Soigner les maux par les mots #Slamthérapie.

Dans une ambiance artistique guidée par le chant ou encore le rap, pourquoi avoir fait le choix d’évoluer dans le SLAM ?

En réalité je dirai que c’est le slam qui m’a choisi. Je me suis retrouvée en train de faire du slam sans même savoir qu’une discipline artistique pareille existait. J’avais des choses à dire et j’ai laissé mon cœur parler. Au début c’était juste par passion mais avec le temps j’ai voulu que plus de personnes apprécient et adoptent le slam du coup au quotidien j’essaye de poser des actions dans ce sens. Aujourd’hui on sait que l’attention est portée sur des musiques très rythmées, du coup à notre manière on essaye d’apporter une coloration africaine et camerounaise aux mélodies derrière nos textes.

Tes fans aimeraient bien savoir ce que signifie l’expression Bimoulèèè, expression très utilisée également par l’humoriste Ulrich Takam avec qui on te voit très proche. Peux-tu nous en dire plus sur la véritable nature de votre relation ?   

Comme on a l’habitude de dire Bimoulèè c’est Bimoulèè HihihiihihJ. Sans savoir quelle est sa signification exacte, la plupart des personnes qui utilisent cette expression le fait dans le bon sens du terme et pour nous c’est le plus important. Ulrich Takam c’est mon ami, mon collaborateur, ma personne personnelle de la personnalité personnellement personnifiée, mon Yélé.FB_IMG_1582127436855.jpg

Avec Ulrich Takam également vous tenez des ateliers(Le Festival) SlamUp dans différentes villes du Cameroun, ça consiste en quoi exactement ? Et à quand la prochaine édition ?

Le festival Slam’Up est une plateforme d’expression et de rencontre entre le slam et le stand up. Il s’agit d’un évènement annuel qui se déroule au mois d’Avril et cette année dans quatre villes du Cameroun, Yaoundé, Bertoua, Douala et Dschang. Slam’Up réunit sur scène pour sa troisième édition trois slameurs ainsi que trois humoristes pour une série de spectacles sous le thème « Effets spéciaux » avec à chacune des présentations, des invités surprises. Il est également organisé un atelier de deux jours sur l’initiation à l’écriture Slam et les notions de base en stand up. Les participants à cet atelier font partie du grand spectacle de leur ville.FB_IMG_1582127492088.jpg

Dans un pays comme le Cameroun est-il facile de vivre du SLAM ? Peux-tu conseiller ce choix artistique aux plus jeunes que toi ?      

Vivre de l’art en général au Cameroun est un énorme défi mais ce n’est pas impossible. Aujourd’hui en plus des spectacles et plateaux concerts il est possible de rentabiliser de la musique grâce à internet avec le streaming mais aussi des aptitudes associées tels des ateliers, des séminaires, des formations et conférences. L’artiste musicien ou slameur apparait comme une entreprise qui doit se développer et enrichir  son spectre. C’est avec plaisir que je recommanderai le slam à d’autres jeunes avec en condition beaucoup de travail mais aussi la définition d’un réel plan de carrière et d’une approche professionnelle dès la base. Il est important de faire réaliser au public mais aux slameurs eux-mêmes qu’être slameur est un métier.

Devant quel public as-tu eu est selon toi, la meilleure prestation de ta carrière jusqu’à présent ?

Cette question est un peu difficile pour moi dans la mesure où pour moi les meilleurs moments sont ceux que je passe sur scène. Chaque équipe, chaque événement et chaque public a son énergie. Mais je dirai quand même qu’il y a des prestations qui restent gravées de façon particulière dans mon cœur. Poetry Africa Festival en Afrique du Sud en 2013, l’Afrique a un incroyable talent en Côte d’Ivoire en 2016, Sauti za Busara Festival en Tanzanie en 2019 et bien évidemment le concert de présentation de mon premier album #Slamthérapie au Goethe-Institut Kamerun en 2018.

En quelques mots comment peux tu qualifier ton année 2019, quand on sait tu as fait l’objet de plusieurs nominations dans des cérémonies de récompense diverses dont la dernière en date fut le prix découverte RFI? Et comment as tu vécu le fait d’avoir perdu ce prix pour ta première nomination ?      

2019 pour moi était slamicalement une magnifique année. Mon single « Le Ndem » me révèle d’une certaine manière à un public plus large, Je finalise mon Slamthérapie Africa Tour et l’album se porte assez bien. Le festival Slam’Up prend de l’ampleur et gagne en crédibilité. De plus en plus on pense au slam sur les grands plateaux et arrivent les nominations. Pour moi chacune de mes nominations est une victoire. Peu importe que je remporte le prix ou pas le simple fait que cet art soir reconnu et considéré me procure un réel sentiment de fierté. Je ne cesserai de remercier tous ces promoteurs culturels et personnes qui nous font confiance et nous donnent de la force au quotidien. Je ne considère pas avoir perdu le Prix Découverte RFI, au contraire une grande fenêtre s’est ouverte sur mon art et ma carrière. Etre la toute première femme slameuse d’une telle compétition donne de l’espoir pas seulement à moi mais à tous les slameurs et slameuses africains qui se battent au quotidien pour faire avancer le mouvement.

En 2016 tu participais à l’émission ‘’L’Afrique a un Incroyable Talent’’ devant des icones de musiques africaines comme Angélique Kidjo ou encore Fally Ipupa, Comment l’as tu vécu en tant que slameuse?  Penses tu que le slam n’ait pas joué en ta faveur pour aller jusqu’au bout de la compétition ?     

Participer à l’Afrique a Un Incroyable Talent a donné de la lumière à mon art et une nouvelle tournure à ma carrière. En tant que slameuse le défi était deux fois plus grand dans la mesure où on se retrouve en compétition face à des magiciens, des danseurs, des acrobates, etc. L’avantage avec ce genre de compétition est qu’elle te pousse à donner le meilleur toi et c’est ce que j’ai essayé de faire à ma manière. Je n’ai peut-être pas gagné la compétition mais certains textes par exemple que j’ai écrit pendant la phase de préparation me servent aujourd’hui te quelques-uns se retrouveront même dans mon deuxième album. L’idée était de faire non seulement ce que j’aime, mais aussi ce que je maîtrise le plus si j’avais fait autre chose que le slam je ne suis même pas sûre que j’aurai traversé la phase des castings régionaux.

Le 24 Janvier 2020 tu as mis en ligne ton dernier titre ‘’YéLé’’ qui est un slam plutôt rythmé différent de ce que tu proposais jusqu’à présent. Pourquoi ce choix ? Et de quoi parle exactement ce titre ?       

Yélé pour moi est une déclaration d’amour. Quand on sait que peu importe la nature de la relation l’entourage trouve toujours son mot à dire, l’idée derrière ce texte est de faire taire les mauvaises langues. Un rappel qu’un couple c’est deux (2) personnes et que malgré les défauts de l’autre l’amour doit être le maitre mot. Pour ce qui est du rythme et même du langage il y a une adaptation identitaire que je suis entrain de faire. Ne plus seulement faire du slam mais de la « Poésie Nanga Boko » C’est écrire des textes avec des expressions en langues locales sous des sonorités qui nous sont propres. Ce qui avait été le cas avec « Le Ndem », texte en Camfranglais sur une musique Bikutsi. Le but de cette démarche est d’intéresser plus de personnes au quotidien et faire en sorte que la plupart puisse se reconnaître dans ce qu’on dit.

Quelles sont tes objectifs à long terme pour le slam camerounais et pour ta carrière ?  

 Faire avancer le slam au Cameroun et en Afrique. Je me lève tous les matins avec cet objectif en tête. En espère pouvoir mettre en place encore plus de plateformes qui aideront à promouvoir cet art : Ateliers, Formations, Compétitions, Festivals, Spectacles etc. Sur un plan plus personnel, de belles choses s’annoncent pour 2020. Mon deuxième album est en préparation ainsi qu’une nouvelle petite tournée slam avec de nouveaux pays et un nouveau public à conquérir. Aussi on essayera de faire grandir les ateliers d’écriture Style Haut à Stylo, le festival Slam’Up et la compétition Science Slam Cameroun sans oublier quelques collaborations dans l’univers musical et au-delà.

Merci à toi Lydol La Slameuse !!!

Merci à vous de vous intéresser à notre art et de nous donner de la force au quotidien. On y croit #LeSlamYArrivera

© Entretien avec Wata Romaric

https://www.youtube.com/watch?v=_ylv_y1wZYI

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