Cameroun/Crise Anglophone: la CDC, plus gros employeur après l’Etat réduit de 50% ses salaires

La Cameroon development corporation qui possède de vastes plantations agricoles semble etre en très grande difficulté du fait de la crise que vit les régions anglophones depuis près de 02 ans.

CDC.jpg

L’entreprise agricole située autour du Mont Cameroun, risque de disparaitre en raison de l'insécurité dans la région indique des observateurs

Selon Appolinaire Ganso, le directeur de la logistique à la Cameroon development corporation (CDC) l’état d’esprit qui prévaut dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun : "On est très peiné de vivre cette situation de conflit qui est autour de nous en permanence. Nous vivons avec la peur parce qu'il y a des tueries en permanence. Nous sommes tellement angoissés." Confie t-il au journal Allemand Deutsche Welle.

La situation est "préoccupante", a déclaré pour sa part le directeur général de la CDC, Gabriel Béné, qui fait désormais face à des usines fermées, des campements désertés par les travailleurs et 22.000 emplois directs menacés.

"Ca fait aujourd’hui presque trois mois que l’endettement s’accumule. Les travailleurs sont là, ils sont victimes de la guerre. Donc, c’est une situation de force majeure", a expliqué Gabriel Béné.

A cause de la guerre, le mastodonte qui produit entre autres la banane Makossa, la banane Del Monte, l’huile de palme, le thé et le caoutchouc, des produits très prisés sur les marchés internationaux, a déjà opéré une baisse des salaires de 50% en juin.

Si la situation persiste, ces salaires pourraient baisser à 40% en juillet, 30% en septembre, et après six mois, 6.000 travailleurs pourraient être licenciés, souligne-t-on au sein de l’entreprise.

Ce qui devrait seulement contribuer à aggraver la tension sociale, selon Appolinaire Ganso qui en appelle à une aide de l’Etat: "La CDC est en difficultés. Il faut un package du gouvernement pour relever et sauver les emplois. 22.000 emplois directs, c’est autour de 250 familles camerounaises à nourrir. C’est très important."