APE : Les produits que le Cameroun a exclus de la libéralisation dans ce partenariat étape

En attendant la décision de ses pairs de la Communauté Économique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), le Cameroun s'est déjà lancé en solo sur la voie de la ratification des Accords de partenariats économiques (APE) intérimaires.

Port de Kribi au Cameroun - DR

Cette "Précipitation" du Cameroun est par ailleurs justifiée par le ministre de l'Economie et de la planification Louis Paul MOTAZE. « La ratification par le Cameroun de l’Accord d’Etape relève d’une approche stratégique globale, qui vise la conquête de nouvelles parts de marché sur la scène internationale et, surtout, la préservation de l’accès préférentiel de ses produits d’exportation sur le marché européen, en attendant la conclusion d’un APE régional complet et équilibré. Bien que le Cameroun soit astreint au Tarif Extérieur Commun du fait de son appartenance à la sous-région Afrique Centrale, son économie est la plus diversifiée. Dès lors, il doit élargir les débouchés pour ses produits. Le choix de cette option visait à permettre au Cameroun de continuer de bénéficier des préférences commerciales qu’il aurait perdues, en application des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) », explique Louis Paul MOTAZE au journal Cameroon Tribune.

Dans cet accord, le Cameroun a accepté d’ouvrir son marché à concurrence de 80% des importations de l’Union Européenne. Cette libéralisation s’étalera sur une période transitoire de 15 ans avec un moratoire de deux ans, et se fera par groupe de produits.  20% des produits quant à eux ont été exclus de la libéralisation, pour assurer la protection de certaines de ses industries et marchés agricoles sensibles, mais aussi pour préserver ses recettes fiscales.

Parmi ces produit exclus de la libéralisation, il s'agit de tous les produits agricoles et autres animaux qui sont cultivés ou élevés et transformés au Cameroun et qui pourraient être sensibles à la concurrence des importations européennes qui sont protégés dans cet accord, par exemple les chocolats, les pâtes alimentaires, les confitures, les jus, les eaux minérales, les boissons alcoolisées et les tabacs, les viandes, le lait et les produits laitiers, ou le café. Certains produits liés à l'industrie chimique comme les cosmétiques, les peintures, les savons ou les allumettes sont également protégés. Parmi les métaux, sont exclus de la libéralisation l'aluminium et ses produits de base. Parmi les textiles, le coton et les laines sont exclus, ainsi que la plupart des vêtements. Dans le secteur du bois, la plupart des produits transformés sont exclus, ainsi que dans le secteur des plastiques (par exemple tous les meubles en bois ou en plastique).. Pour l'union européenne « La mise en œuvre de l'APE ne se traduira nullement par une invasion de produits européens dans le marché camerounais. Au contraire, l'APE intérimaire a été conçu afin de promouvoir la capacité productive du système économique camerounais, tout en protégeant la production locale d'une éventuelle concurrence excessive de produits européens à l'avenir. » Renseigne David ATEMKENG,  responsable communication de la Délégation de l'Union Européenne au Cameroun.

Pour ce qui sont des 80% des importations de l’Union Européenne, Le ministre révèle que, ces importations  sont principalement des machines industrielles (pompes, groupes électrogènes, turbines, etc.), des véhicules, et certains produits chimiques. Ce sont pour la plupart des intrants utilisés par les industries du Cameroun et qui ne sont pas produits localement. « L'élimination des droits d'importation réduira les coûts des intrants pour les entreprises locales et bénéficiera également aux consommateurs. Donc, ces importations ne viendront « tuer » aucune filière de production locale » Rassure Louis Paul MOTAZE.

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