Tribune : « la privatisation de Camair-co est la preuve irréfutable de l'échec patent du régime Biya »

Dans une correspondance datée du 14 juillet 2020, le président camerounais, Paul Biya, s’en est ouvert au Premier ministre (PM), Joseph Dion Nguté ainsi que d’autres personnalités. Le chef de l’Etat a demandé aux autorités de tutelle d’élaborer un plan de restructuration, de relance et de développement de la compagnie, dans l’optique d’ouvrir son capital social à hauteur de 51% à un partenaire stratégique privé. Cette initiative est conforme à l’article 5 du décret du 11 septembre 2006, portant création de la Camair-Co.

Avion Camair-co - DR

« Le chef de l’Etat demande au Premier ministre, chef du gouvernement, d’élaborer en urgence, en collaboration avec le ministre des Transports, le ministre des Finances, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Camair Co et la CCAA (Autorité aéronautique), un plan de restructuration, de relance et de développement de la compagnie, dans l’optique d’ouvrir son capital social à hauteur de 51% à un partenaire stratégique privé, conformément à l’article 5 du décret du 11 septembre 2006, portant création de la Camair Co ».Tel est l’extrait d’une correspondance adressée le 14 juillet 2020 au Premier ministre (PM), Joseph Dion Nguté, par le Secrétaire général de la présidence de la République (SG/PR), Ferdinand Ngo Ngoh.

Dans une tribune publiée sur Facebook le mardi 21 juillet 2020, Me Christian Bomo Ntimbane propose une publication dans laquelle, il pense que la privatisation de Camair-co est une preuve de plus de la mauvaise gouvernance du régime Biya.

« L'information, si avérée de la privatisation de  Camair-co, la compagnie aérienne nationale, serait la preuve irréfutable de l'échec patent du régime Biya.

Si ailleurs les privatisations sont souvent le fruit des performances des entreprises publiques qui attirent de plus en plus d'investisseurs, Camair-co c'est plutôt un désengagement d’un Etat  totalement incapable de gérer.

Cacade et berezina économique.

C'est l'une des premières fois qu'une compagnie aérienne sans concurrentes sur le marché domestique, ayant bénéficié des subventions publiques échoue si lamentablement.

Camair-co, en  seulement  09 ans d'existence, c’est plus de 100  milliards de francs Cfa injectés, 06 Directeurs généraux et Pca pratiquement d'égal nombre , un endettement colossal pour des résultats négatifs, un service de qualité médiocre, une flotte de 02 petits avions à hélices d'origine chinoise régulièrement en panne, des avions en leasing faisant tout le temps l'objet de saisie faute de paiement des echeances, c'est l' exclusion permanente de l'iata iosa, plus de 700 employés...

Certains thuriféraires et soutiens désorientés de ce régime déclinant essaieront de comparer la situation de Camair-co à celle d'Air France, oubliant que l'Etat français  certes actionnaire numérique à 22% du capital garde un double droit de vote lors  des assemblées générales et conseil d'administration.

 Air France c'est aussi plus 150 destinations qui l'obligent à mutualiser avec d'autres compagnies comme la hollandaise  KLM pour  affronter la concurrence internationale très rude.

 Ce qui n'est pas le cas de Camairco qui a l'essentiel de ses activités au Cameroun, mais aussi dans les sous- régions Afrique Centrale et de l'ouest, sans véritable concurrence.

L'échec de Camair-co, qui est une compagnie créée après l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative Ppte, c'est à dire au  moment où  les finances de l'Etat étaient au vert, est un signe.

 Celui de " l'incarnation de l'incapacité de Paul Biya à gouverner" comme l'avait prédit, Hervé Emmanuel NKOM, membre du comité central du Rdpc.

Celui d'un  régime qui n'a plus de solutions pour le Cameroun.

Et enfin, c'est le signe de la fin d'un régime qui s'accroche uniquement dans l'intérêt personnel de ses membres.

Camairco même privatisé ne sera pas différent de Camrail.

Le problème est ailleurs : "Biya must go" ».

Depuis plusieurs années, la compagnie camerounaise connaît une situation financière plus que délicate. La société traîne une ardoise de 110 milliards de FCFA (167,6 millions d’euros), des pertes financières d’environ 126,2 milliards de FCFA (192 millions d’euros), un capital propre inférieur à la moitié du capital social qui est 21,8 milliards de FCFA (33 millions d’euros). Des responsables avaient plusieurs fois demandé la privatisation de la compagnie mais l’Etat avait préféré jouer la carte de la prudence. Maintenant que tous les signaux sont au rouge, les autorités ont décidé de passer à la vitesse supérieure, en optant finalement pour la cession des parts majoritaires de Camair-Co à un opérateur privé.