Jean Robert Wafo : « Les dirigeants africains doivent se mettre à l'esprit qu'il ne faut pas ruser avec la Constitution »

Dans le quotidien La Nouvelle expression, parution  du mardi 7 septembre 2021, le militant du Social Democratic Front (SDF) s’est prononcé sur le coup d’Etat qui a eu lieu en Guinée le dimanche 05 septembre 2021, avec la chute du président Alpha Condé. Pour le cadre du parti de Ni John Fru Ndi, ce qui s’est passé en Guinée doit faire comprendre aux Chefs d’Etats africains qui ne doivent jouer avec la constitution pour leur propre intérêt.

Jean Robert WAFO Ministre du shadow cabinet du SDF en charge de l'information et des médias. - Capture photo

Coup d'État en Guinée

Ma Réaction parue dans le quotidien La Nouvelle expression du mardi 7 septembre 2021:

L'ex-président Alpha Condé est victime de ses propres turpitudes politiques. Certains invoquent le fait que le coup d'État militaire de dimanche dernier n'est pas la conséquence de son troisième mandat obtenu à la suite à la suite du coup d'État constitutionnel. Les tenants de cette thèse complotiste invoquent trois visites de l'ancien président français Nicolas Sarkozy entre février et mai 2019 et la dernière le 6 août dernier au sujet d'un contentieux opposant Alpha Condé - l'État guinéen - et un homme d'affaires français d'origine juive relativement à la concession minière de Simandou, gisement très riche en fer. Le moins que l'on puisse dire est que l'ex-président Alpha Condé a prêté le flanc à sa propre destitution. Quand on modifie la Constitution pour rester au pouvoir, tout peut arriver à tout instant du fait des multiples frustrations du peuple. Le président déchu avait pourtant asséné qu'il ne sera jamais question pour lui de modifier la loi fondamentale pour un troisième mandat. Il a violé le serment constitutionnel et n'a pas tenu parole. C'est à se demander si les dieux ne l'ont pas rendu fou avant de le perdre définitivement, lui l'opposant historique qui est arrivé au pouvoir après plus de 40 ans de combats politiques depuis  Sékou Touré. Sa chevauchée vers le troisième mandat l'a rendu sourd. Même après avoir dans l'immédiat gagné la partie en obtenant un troisième mandat dans des conditions très contestables, il était constant que les conséquences qui allaient venir trop ou tard devaient être violents ou dramatiques à partir du moment où elles plongent leurs racines dans bien trop d'injustices. Dans ce cas de figure où le feu couve sous la cendre, le chaos, la guerre ou le coup d'Etat ne surgit pas nécessairement pas au lendemain de la forfaiture. Alpha Condé était toujours confiant jusqu'à ce que survienne le pire. Les dirigeants africains doivent définitivement se mettre à l'esprit qu'il ne faut pas ruser avec la Constitution. Quand on change la Constitution, ça doit être pour l'amélioration dans le sens de l'intérêt général et non pour y glisser ce qui vous arrange personnellement. Ce n'est pas pour le bien personnel. D'aucuns parviennent à le faire mais à la longue, cela ne leur profite pas durablement. Ceux qui ont en charge les institutions importantes dans les mécanismes de dévolution du pouvoir politique gagneraient à ne pas s'aplatir devant le pouvoir suprême. Nos pays africains ont besoin d'institutions fortes pour éviter les chaos notamment les coups d'État comme en Guinée.

Alpha Condé a été une déception.  Sa déchéance a été à l'inverse de l'espoir que son accession au pouvoir a suscité. Triste, pitoyable et pathétique.

Jean Robert WAFO

Ministre du shadow cabinet du SDF en charge de l'information et des médias.

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