Cameroun : Le MRC se prononce sur le rapport de Human Rigths Watch accusant l’armée d’avoir commis des destructions, viols et meurtres au village Ebam

Le MRC par la voix de son Secrétaire National au droit de l'homme, réagit  suite au rapport de Human Rights Watch accusant des éléments des forces de défense et de sécurité du Cameroun d'avoir été auteurs de destructions, viols et meurtres commis le 1er Mars 2020 dans le village de EBAM dans la Région du sud-ouest.

Maurice Kamto - capture photo

COMMUNIQUÉ DU MOUVEMENT POUR LA RENAISSANCE DU CAMEROUN (MRC) AU SUJET DU RAPPORT MIS EN LIGNE LE 26 FEVRIER 2021 PAR HUMAN RIGHTS WATCH (HRW)

Le 26 Février 2021, l'ONG HUMAN RIGHTS WATCH a rendu public un rapport accusant des éléments des forces de défense et de sécurité du Cameroun d'avoir été auteurs de destructions, viols et meurtres commis le 1er Mars 2020 dans le village de EBAM dans la Région du sud-ouest.

Réagissant à cette information, le responsable de la communication du Ministère de la défense a dans un communiqué publié le 03 Mars 2021 contesté les accusations de HUMAN RIGHTS WATCH au motif que l'action militaire qui avait eu lieu dans ce village au petit matin du 1er Mars 2020 était une opération de bouclage qui s'est soldée par la récupération d'une arme artisanale, des munitions, de 16 motocyclettes, l'arrestation d'un terroriste, I ‘interpellation de 35 autres individus, dont 01 libéré pour raison de santé et 34 autres mis à la disposition de la compagnie de gendarmerie de MAMFE qui les a libérés après leur exploitation.

Ce faisant, le porte-parole de I ‘armée Camerounaise reproche à HUMAN RIGHTS WAT1H de soutenir les groupes séparatistes armés anglophones ou détriment des forces de défense du Cameroun.

Ils conviendront pourtant de rappeler que dans son Rapport 2019, HUMAN RIGHTS WATCH accusait clairement les groupes séparatistes armés anglophones d'avoir tué, violemment attaqué ou enlevé de personnes en situation de handicap alors qu'elles tentaient de fuir les attaques ou parce qu’elles avaient été abandonnées sur place, d'avoir enlevé des élèves, enseignants, membres du clergé, autorité administratives et traditionnelles, au point d'authentifier une vidéo montrant des séparatistes armés entrain de torturer un homme dans une école abandonnée au village BALI dans la Région du Nord-Ouest.

 S'agissant du massacre de NGARBUH, il nous souvient que le gouvernement du Cameroun avoir dans un premier temps nié les accusations portées contre l'armée à la suite des informations publiées par des journalistes ainsi que plusieurs ONG dont HUMAN RIGHTS WATCH, avant de reconnaître ensuite la responsabilité de certains militaires lors d'une enquête prescrite par le Chef de l'État.

De même, relativement à la vidéo de l'assassinat de deux femmes et leurs jeunes enfants par des hommes en armes dans la localité de ZELEVED dans l''Extrême-Nord du Cameroun, le gouvernement avait dans un premier temps affirmé que  «la vidéo est un faux, un horrible trucage » avant de changer de ton un mois plus tard suivi de I ‘arrestation de sept militaires.

Cela étant dit, en ce qui concerne les faits révélés le 26 Février 2021 par HUMAN RIGHTS WATCH, et au vu de leur extrême gravité, le MRC demande :

- l'ouverture d'une enquête immédiate et indépendante dont les conclusions seront rendues publiques;

- la saisine des juridictions compétentes et l'ouverture de procès contre tous les responsables de ces atrocités, préalablement identifiés au cours de l’enquête;

- la prise en charge financière et psychologique des familles des victimes par l'Etat du Cameroun.

Fait à Yaoundé le 05 Mars 2021

Le Secrétaire National Délégué chargé des droits de l'homme et de la Gouvernance

Me Sikati Desire, Avocat                    

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