Crise anglophone : Invité sur France 24, Atanga Nji contredit le premier ministre Dion Nguté

Invité sur France 24 vendredi soir pour parler de la crise anglophone et du dialogue avec les sécessionnistes, annoncé par le chef de l’Etat à travers son premier ministre Joseph Dion Nguté, le ministre de l’Administration territoriale, Pau Atanga Nji a affirmé que le pouvoir de Yaoundé ne discutera pas de la forme de l’Etat.

                            
Paul Atanga Nji sur France 24 vendredi 17 mai

« Nous ne discuterons pas de la forme de l’Etat », a lancé le ministre de Paul Biya, à propos du Cameroun qui reste constitutionnellement « un Etat unitaire décentralisée ».

En tenant ce langage, ce 17 mai 2019, l’originaire de la région du Nord-ouest veut laisser entendre que la forme de l'État n'est pas discutable. Paul Atanga Nji veut signifier que le Fédéralisme, tant demandé par des acteurs politiques, à l’instar du Social democratic Front (SDF) depuis de longues années, n'est pas une option pour le dialogue qui est annoncé.

Hors, lors de sa visite dans le Nord-ouest en fin de semaine dernière, le Premier ministre avait déclaré que tout sera mis sur la table du dialogue sauf la sécession. « Paul Biya est prêt au dialogue, même sur Ie Fédéralisme », avait-il confié à Bamenda.

Cette position adoptée par le ministre de l’Administration territoriale retrouve le discours du président Paul Biya qui voulait au début de la crise anglophone, que la forme de l’Etat ne soit pas négociable, appelant à la guerre contre les « terroristes ».

Acculé par les pressions de la classe politique et la société civile internes, ainsi que les organisations internationales et certaines grandes puissances, le gouvernement camerounais a finalement montré ses intentions de mettre fin à cette guerre par la négociation avec les séparatistes anglophones promoteurs de l’Etat virtuel d’Ambazonie.

Celles-ci se matérialisent, par une présence du premier ministre qui séjourne dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest pour porter le « message de paix de Paul Biya », sans pour autant tracer le cadre consensuel du dialogue, selon certains partis de l’opposition.