Cameroun - Affaire Camair: Yves Michel Fotso à nouveau devant la barre pour l'argent de la "11ème province"

L’ancien directeur général de la Cameroon airlines, Yves Michel Fotso était devant la barre hier.  L’affaire Camair a rebondi au Tribunal criminel spécial. Et depuis, hier 5 février 2015, l’homme d’affaires a encore fort à faire avec l’accusation.

L'accusation soutient que l’ancien administrateur directeur général de la Cameroon airlines a détourné plus de 17 milliards Fcfa provenant de l’argent des indemnisations obtenues suite à l’accident de l’avion de la Camair. Et pour soutenir ce grief, le parquet général a fait venir Emile Christian Bekolo, le liquidateur de la Camair En effet, le 5 novembre 2000, le boeing 747-Combi, qu’on appelait affectueusement la 11ème province, en provenance de Douala fait une sortie de piste à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle à Paris. Aux commandes de l’avion, Jean-Louis Angounou. 118 passagers sont à bord de l’aéronef dont des ministres de la République. L’avion n’a pas crashé.

Aucune perte en vie humaine.


Même pas de blessés. Mais d’importants dégâts matériels.
L’avion est cassé. La société Boeing, fabricant de

l’appareil déclare que l’avion est une perte totale. Ce qui entraine une indemnisation totale dont le coût global est de 31, 5 milliards FCfa qui correspondait à la valeur de l’avion. La Camair fait recours à son assureur, Chanas assurances.
D’après le liquidateur de la Camair, l’argent est payé en dollars à la Camair en quatre tranches dans un compte de la Cbc (une banque au sein de laquelle Yves Michel Fotso est par ailleurs administrateur) logé à Bnp Parisbas en France. Cette banque transférera plus tard en FCfa l’argent dans le compte de la Camair logé à la Cbc à Douala. « La Cbc a indument bénéficié de cet argent dans son compte pendant un certain nombre de jours. Ces indemnisations auraient du être payées dans un compte bancaire de la Camair et ne devaient pas transiter dans un compte de la Cbc en France. Ce qui a fait perdre à la Camair 249 millions FCfa », d’une part et d’autre part « le taux de change pratiqué par la Cbc était défavorable à la Camair. Les pertes sont évaluées à 4, 6 milliards FCfa », déclare Emile Christian Bekolo.

Aucun avion livré


L’on apprendra de ce liquidateur que l’argent de ces indemnisations devait prioritairement servir à acheter deux nouveaux avions. Ces fonds ont été utilisés pour l’avance de paiement des locations d’avions à Gia, à Rotwell et Avipro finance, dont Yves Michel Fotso est l’ayant droit économique. Quant à l’achat proprement dit des avions, le liquidateur révèle que la société Bombardier a reçu 8, 9 milliards à titre d’avance de paiement. « Le prix convenu pour l’achat des deux avions était de 56 millions de dollars alors que la Camair n’avait payé que 12 millions de dollars. Il restait à payer 44 millions de dollars, soit près de 31 milliards FCfa. Le contrat a fait l’objet de renégociation entre la Camair et Bombardier, la Camair abandonnant ainsi l’achat d’un avion », affirme le liquidateur.
Celui-ci révèle par la suite qu’à terme, aucun avion n’a été livré à la Camair, de même qu’aucune somme n’a été rétrocédée à la Camair car, d’après Bombardier, la Camair n’a pas respecté les termes de leur contrat, notamment le paiement de la totalité des sommes dues. Une clause du contrat prévoyait pourtant qu’en cas de défaut de paiement, la Camair perdait la totalité de ses avances.
Dans cette audition d’Emile Christian Bekolo qui commençait à peine, Yves Michel Fotso est clairement pointé du doigt.
Soudain, l’ancien Adg de la Camair prend la parole. « Je me sent mal monsieur le président », entend-on. Yves Michel Fotso pris par un malaise desserre sa cravate. A la suite des propos d’Emile Christian Bekolo, stoppé, Fotso ne manque pas de dire qu’il est victime d’ « acharnement ». Fotso dit ne pas pouvoir continuer les débats. Le juge Francis Claude Moukouri est contraint de les suspendre compte tenu de l’état de santé affiché de l’accusé. Les avocats d’Yves Michel Fotso ont pourtant essayé d’obtenir des juges que les débats ne se poursuivent pas dans ce dossier. « Le juge d’instruction a été saisi sur la base d’une plainte rédigée par le liquidateur de la Camair. Au cours de l’instruction est intervenu un protocole d’accord transactionnel.
Des montants ont été retenus et arrêtés. La partie civile et Yves Michel Fotso ont transigé. Yves Michel Fotso a commencé à payer et est disposé à payer le reste. Que faisons-nous ici ? Qu’il soit constaté l’extinction de l’action publique », demande Me Achet, conseil d’Yves Michel Fotso. « Le code de procédure pénale ne prévoit que les transactions pour les délits et les contraventions, et ici nous sommes en matière criminelle », lui rétorque, l’avocat général.

© LeJour

 

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