Paul Kagame : « Trop d’Occidentaux arrogants et ivres de leurs valeurs prétendent définir à notre place ce que doit être notre liberté »

Dans un entretien accordé à François Soudan, Directeur des rédactions de l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique, Paul Kagame estime que les africains, singulièrement le Rwanda  n’ont pas de leçon de démocratie à recevoir de l’occident.

Paul Kagame - DR

François Soudan, pose la question à Kagame de savoir ce qui peut justifiez  le fait qu’il n’y ait qu’un seul parti d’opposition autorisé au Rwanda, le Parti démocratique vert en occurrence. Le président rwandais répond en disant que son pays est un Etat de droit et ce n’est pas à lui créer les partis d’opposition mais de favoriser un environnement dans lequel des courants d’opinion divers puissent s’exprimer.  « Trop de donneurs de leçons, trop d’Occidentaux arrogants et ivres de leurs valeurs prétendent définir à notre place ce que doit être notre liberté », déclare-t-il.

« Ceux-là, invariablement, nous étiquettent « not free », « pas libres ». Non pas parce que les Rwandais le leur ont dit, mais parce qu’ils en ont décidé ainsi, en fonction de leurs propres critères – lesquels tiennent lieu d’enquêtes d’opinion. Et, lorsque les Rwandais leur disent qu’ils se trompent lourdement et qu’eux-mêmes se sentent libres, la réponse tombe comme un couperet : « Vous vous croyez libres, mais vous ne l’êtes pas. » Leur mépris n’a d’égal que leur morgue. Fort heureusement, ici au Rwanda, leur impact est nul », ajoute-t-il.

Le vendredi 4 août 2017, les Rwandais iront aux urnes pour élire leur président. Kagame est candidat à sa propre succession avec  trois autres candidats à savoir Frank Habineza, leader du Parti démocratique vert, l’ex-journaliste Philippe Mpayimana et Diane Rwigara, fille d’un homme d’affaires autrefois proche du pouvoir et disparu en 2015.

Sur le plan économique et social, le Rwanda est un pays prospère. Sept pour cent de taux de croissance prévu pour 2017, deuxième pays africain au palmarès de « Doing Business », 95 % de la population couverte par l’internet mobile haut débit et 91 % par l’assurance maladie, un taux de mortalité maternelle et infantile divisé par six en vingt ans : les indiscutables médailles rwandaises, auxquelles il convient d’ajouter la sécurité, la propreté et un taux de corruption minimal (4e au dernier classement africain de Transparency International).

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