En Allemagne, des rues rebaptisées aux noms de résistantes africaines

A compter de 2017, elles porteront les noms de résistants africains, qui se sont opposées au colonialisme et au racisme.

 

Le quartier africain de Wedding à Berlin
Le quartier africain de Wedding à Berlin - Crédit : Martijn van Exel

Dans le quartier africain de Berlin, surnommé ainsi parce que ses grands axes portent les noms d'anciennes colonies allemandes telles que Zanzibar, la Guinée ou le Cameroun, quelques rues portent toujours les noms de grands colonisateurs allemands, telle la Petersallee, une référence à Carl Peters, qui a fait exécuter des milliers de personnes en Afrique de l'Est, ou la Lüderitzstraße:

«Elle évoque le souvenir du marchand de tabac Adolf Lüderitz, qui a escroqué de vastes zones de la Namibie actuelle à coups de deals malhonnêtes. Il est considéré comme un des initiateurs du génocide des hereros et des namas qui a été commis par les Allemands en 1904.»

Après plusieurs années de discussions, impulsées par l'association locale Berlin Postkolonial, la mairie du quartier de Wedding a décidé de «décoloniser l'espace public», comme l'écrit le quotidien, en donnant à ces rues de nouveaux noms: à compter de 2017, elles porteront ceux de résistantes africaines, qui se sont opposées au colonialisme et au racisme.

«Rebaptisez les rues de négriers»

Cette initiative pourrait servir d'exemple aux villes françaises dans lesquelles plusieurs rues portent toujours des noms de colons et de riches familles de négriers: Bordeaux, Le Havre, La Rochelle, Marseille et Nantes. En 2014, l'association bordelaise Fondation du mémorial de la traite des noirs avait d'ailleurs lancé une campagne intitulée «Rebaptisez les rues de négriers» à travers la France, rapportait alors le site Rue89Bordeaux.

Avec vingt-deux rues portant des noms d'armateurs négriers, Bordeaux est aujourd'hui la ville française qui compte le plus de rues à la gloire du passé colonial de la France, contre onze à Nantes et six à Marseille.

Au Cameroun comme dans de nombreux autres pays africains, de nombreuses rues portent encore le nom des anciens colons sans oublier des statuettes hérigées en la mémoire de ceux-ci. Un combat que mène depuis plusieurs années l’activiste Camerounais André Blaise Essama