Wilfried Ekanga : « Paul Biya veut éteindre le feu onusien après l’incendie qu’il a lui-même créé »

Dans une publication sur sa page Facebook ce lundi 16 septembre 2019, l’analyste politique Wilfried Ekanga revient sur le discours de Paul Biya du 10 septembre 2019. Le militant du MRC donne les raisons de la sortie spéciale du Chef de l’Etat. Lebledparle.com, vous propose l’intégralité du texte.

Wilfried Ekanga - capture photo

L’incendie qui éteint le feu

HISTOIRE - RACONTE :

Épisode 1 : Le 15 avril 2019, en pleine crise des Gilets-Jaunes, Emmanuel Macron est attendu au tournant par 66 millions de Français lors d’un discours prévu pour 20 heures. L’atmosphère dans le pays est électrique. Le jeune président joue son va-tout. Ça passe ou ça casse.

Et puis Bang ! Départ de flammes ! A 18 heures, la cathédrale Notre-Dame est en feu. Le monument le plus visité de France (loin devant le Musée du Louvre, la Tour Eiffel ou le Sacré-Cœur) est devenu une fournaise ardente. Conclusion : on arrête tout. Il n’y aura plus de discours ce soir. On doit d’abord se concentrer sur cette douleur qui nous frappe en plein cœur de notre capitale, la Ville-Lumière.

L’élan de solidarité et la grande émotion planétaire va considérablement faire baisser la tension et les rancœurs envers l’exécutif. Et même si aujourd’hui la crise n’est pas enterrée, le petit Emma s’en sort plutôt bien. Il lui arrive même de remonter dans les sondages. L’incendie semble avoir quelque peu éteint le feu. Et vive la République !

Épisode 2 : A 6 000 km de là, le mardi 10 septembre, Paul Biya tient un discours surprise, préenregistré et mal monté, en dépit de l’arnaque CRTV « En direct », que 25 millions de Camerounais voient sur leur écran (pour ceux qui en ont ou qui n’ont pas coupure de courant ce soir-là). Ce n’est pourtant pas dans les habitudes de l’homme-lion immortel de parler à son peuple en dehors du 10 février et du Jour de l’An. On veut comprendre.

Et puis Bang ! Départ de flammes. Dix jours plus tôt, à Tokyo, où il a été invité, puis décommandé, des chefs d’Etat africains se sont réunis dans le cadre du TICAD (Tokyo International Conférence on African Developpment ), entre autres autour de la question camerounaise avec en lettres capitales d’imprimerie, la crise anglophone. Mais surtout, dans la foulée, le mardi 17 septembre marque l’ouverture de la 74eme assemblée générale des Nations Unies, que l’activisme de la diaspora a d’innombrables fois alerté sur ce brûlant chapitre.

Comme par hasard, c’est sur ces entrefaites que Paul Biya fait sa sortie et annonce la tenue d’un « grand dialogue » national, (quoique pas inclusif). Dans l’espoir de calmer les vents contraires en interne comme à l’international. Il parvient surtout à faire ressortir l’irrationalité de ses partisans qui se réjouissent à présent de la tenue d’un dialogue qu’ils ont pourtant moqué depuis trois ans en clamant qu’ « on ne dialogue pas avec les méchants-méchants. »

Qu’à cela ne tienne, Paul Biya veut éteindre le feu onusien après l’incendie qu’il a lui-même créé. Et le constat est le même. En France comme au Cameroun, à Notre-Dame comme à Mvomeka, le procédé est le même. Devant la menace des flammes, on déclenche le feu, et le feu essouffle les flammes. Coïncidence ? Hasard des choses ? Opportunisme ? Roublardise ?

Premier indice de réponse : retour en arrière, 1991 : « je suis le meilleur élève de la France. »

EKANGA EKANGA CLAUDE WILFRIED

(Il a juste oublié un détail : l’incendie de Notre-Dame a laissé des traces. D’énormes traces. Le clocher n’existe plus ; le trou sur le toit est béant et visible depuis la façade principale. Comprenne qui pourra)

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